L’armée a le moral fragile et s’interroge sur son avenir

Par Antoine Fouchet, le 13 juillet 2015

La Croix

 

Vous pouvez lire ou relire mon récent billet : Défilé du 14 juillet 2015: pas de sifflets mais des balles et du sang

 

 

Julien Muguet / hanslucas.com Un militaire patrouille à l’aéroport de Roissy après les attaques des 7 et 9 janvier, dans le cadre du plan Vigipirate « alerte attentat ».
Julien Muguet / hanslucas.com
Un militaire patrouille à l’aéroport de Roissy après les attaques des 7 et 9 janvier, dans le cadre du plan Vigipirate « alerte attentat ».

Très sollicités par les opérations à l’étranger et par la protection du territoire national, les militaires vont défiler mardi sur les Champs-Élysées à Paris pour le 14-Juillet.

Mais toujours confrontés à des restructurations et aux dysfonctionnements de leur système de paie, ils s’inquiètent des évolutions de l’armée.

Le défilé du 14-Juillet, mardi sur les Champs-Élysées à Paris, ne sera pas vraiment comme les précédents. L’atmosphère laissera place à une certaine inquiétude. Même si la participation des élèves cadets de l’armée mexicaine, avec leurs uniformes colorés et leurs rapaces sur l’épaule en guise de mascottes, apportera une touche exotique (1).

Les impératifs de sécurité liés à la prévention d’éventuels attentats seront bien sûr pour quelque chose dans ce climat particulier. La présence, en ouverture, d’unités des forces spéciales intérieures (BRI, Raid, GIGN), qui ont participé en janvier à la traque des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, rappellera la nécessité de la lutte contre le terrorisme.

DES SOLDATS TRÈS SOLLICITÉS MAIS INQUIETS

L’événement phare de la fête nationale sera, par ailleurs, moins imposant que d’habitude. En raison de contraintes budgétaires, il comportera 8 % de défilants en moins et les véhicules y seront 25 % moins nombreux. À l’issue, il n’y aura pas, comme c’était devenu une tradition, de rencontres entre les Parisiens et les soldats présentant leurs matériels et leurs activités.

Surtout, le moral des militaires est morose, si l’on en croit le dernier rapport du Haut Comité d’évaluation de la condition militaire (HCECM), une instance placée auprès du président de la République, comprenant neuf personnalités bénévoles, pour la plupart retraitées des forces armées, et présidée par un membre du Conseil d’État (actuellement Bernard Pêcheur).

Les militaires vont bien sûr défiler avec la fierté qu’on leur connaît. Ils acceptent – car c’est le cœur de leur vocation – la multiplication des missions à l’étranger (opérations notamment au Sahel contre le terrorisme djihadiste) et, désormais, à l’intérieur des frontières nationales (opération Sentinelle). Mais le doute les saisit depuis maintenant huit ans.

> Lire aussi : L’interminable plan Vigipirate épuise les forces de l’ordre

UNE DIÈTE FORCÉE DEPUIS 2008

Cette perte d’optimisme a commencé en 2008, au début du quinquennat de Nicolas Sarkozy, lorsque la loi de programmation militaire 2009-2014 a été votée. Ce texte législatif ordonnait la suppression de 54 000 postes en cinq ans dans les armées et la mutualisation de la gestion des diverses unités dans le cadre de « bases de défense ».

La réforme est d’autant plus mal passée qu’elle s’est accompagnée des dysfonctionnements durables du système informatisé de paie des personnels, nommé « Louvois » (soldes minorées ou majorées).

UN MANQUE DE RECONNAISSANCE

Tous les six mois, le ministère de la défense mesure dans le plus grand secret le moral des troupes à partir des réponses à un questionnaire de satisfaction diffusé auprès de 30 000 personnels.

Révélant dans son rapport (2) les résultats des sondages semestriels effectués de 2010 à 2014, le HCECM constate que les militaires sont affectés par un « manque de reconnaissance » de la part de leur administration et par une « inquiétude grandissante sur les évolutions des armées ».

> Lire aussi : Pourquoi l’armée doit augmenter ses effectifs et son budget

 

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