Le burn out Français et nos résignations

Par Le Clairon.tv, le 11 février 2016

 

 

J’ai lu ce billet comme si je l’avais écrit moi-même. Car je me trouve exactement dans cet état d’esprit. C’est un niveau d’exaspération rarement atteint chez moi. Proche du burn-out. Je remercie vivement mon ami Paul Steiger de l’avoir partager sur son mur et que je partage à mon tour avec vous. //RO

J’ai atteint un tel niveau d’exaspération politique que j’ai l’impression d’être au bord du burn out. Chaque jour je prends directement dans le ventre la honteuse réalité. Je vis dans un pays malade de partout, avec à sa tête des petits français, élus par la magie de tous nos renoncements, assis sur leurs privilèges, vidant les caisses à tour de rôle et à tours de bras sous nos yeux ébahis, se moquant allègrement de nos conversations et de nos avis, s’octroyant des primes, des salaires, des taux, des toits et des avantages généreux, inventant des lois scélérates sous la panique, chantant la Marseillaise au Congrès de Versailles, la larme à l’oeil entre deux mises en examen, désertant leur poste à l’Assemblée, démissionnant de leurs ministères pour retrouver leur mairie, profitant de leur poste, les yeux dans les yeux, pour placer l’oseille au frais, écrivant des livres de promesses malodorantes, courant de plateaux en plateaux pour déverser leurs éléments de langage, vidant le langage de tous ses éléments, bafouant la vérité au profit du profit, mentant le mardi pour se repentir le jeudi et se représenter le dimanche, la gueule enfarinée, rasant gratis et sans état d’âme, bénis par leurs camarades de promotion, coudes à coudes, soudés, calés dans les dorures, au son de la trompette républicaine lustrée par notre impôt massif et note dette souveraine.

J’ai la nausée, elle est là et elle ne me quitte plus, elle s’intensifie.

Je cherche des traces de l’intérêt général, je ne le trouve pas. Il a été noyé sous les partis, les syndicats, les associations, les lobbies, les groupes, les intérêts particuliers, les privilèges des uns qui font les bénéfices des autres. Le blocage est total, les verrous sont rouillés et les flambeurs continuent de parader devant six millions de chômeurs, une école qui se délite, une santé attardée, un indice de bonheur qui s’écroule au 29ème rang derrière le Qatar et une consommation d’anti dépresseurs qui fait le délice de nos laboratoires, eux aussi bien placés dans la course aux bien placés. Je dégueule ma peine et je pisse dans un violon. Comme vous. Français impuissant à qui l’on fait croire tous les cinq ans qu’ils ont leur destin en main, comme des veaux qu’on mène à l’abattoir en leur caressant le flanc sous une musique douce pour faciliter l’anesthésie. Cinq ans à nous déchirer pendant qu’une petite bande de petits français joue avec nos vies, nos économies, nos rêves de bonheur simple et de paix sociale. De temps en temps ils nous filent un os à ronger, qui d’un mariage pour tous, qui d’une loi de renseignement, qui d’une déchéance ou d’une indignité, et nous sautons dessus comme prévu, en bons petits soldats. Ils nous divisent à l’intérieur de nos familles, à l’heure où nous devrions plus que jamais nous aimer. Je suis écoeuré et perdu, silencieux, tétanisé par le sentiment d’impuissance. Les gens comme moi n’appartiennent à aucun intérêt particulier, hors celui de vivre bien ensemble, sans se déchirer, sans se méfier les uns des autres, tranquillement vivants sans faire de vague. Mais ça ne se passe plus comme ça… Cet hiver, l’un des nôtres est mort à trois cents mètres de l’Elysée. Je dis bien l’un des nôtres. Un membre du village, un cousin de cousin, certainement. On l’a laissé crever comme un rat aux pieds du Palais. Sans domicile. Pendant ce temps-là l’Élu assistait à des matchs de rugby et commémorait les chrysanthèmes, s’asseyait sur l’Histoire pour laisser une trace, de frein. Je n’en veux plus, de ces simulacres d’un temps passé et révolu.

 

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

6 thoughts to “Le burn out Français et nos résignations”

  1. Mon Colonel, cher coreligionnaire,
    Si je partage sans scrupules et totalement le mot transcrit ci-dessus, je ne partage pas celui que votre lien publie sous le nom « La fracture française ».
    Expliquer que le vote FN n’est qu’en fait un vote de minus habens, me semble un peu léger comme raisonnement. Cela signifierait que 1/3 des Français sont des incultes mais, a contrario, que les deux autres tiers, dont celui qui a voté pour notre soliveau national, sont eux, des intellectuels de haute volée ! Il me semble qu’avec un tel raisonnement, le schmiblic ne va pas beaucoup avancer !
    Me rendant sur le site de Paul STEIGER, je n’ai pas trouvé l’origine de la publication en question et donc, je vous demande de bien vouloir me la communiquer. Je ne retournerai pas sur le site « Le Clairon » !
    A lire les commentaires de vos lecteurs, je me rends compte que nous sommes nombreux à nous poser les mêmes questions.
    -Comment en est-on arrivé là ?
    -Comment un système à peu près d’aplomb a pu être à ce point dévoyé par des maffieux ?
    -Comment ce système a-t-il pu pourrir à ce point qu’il ait proposé à la magistrature suprême un type aussi nul ? (Et d’ailleurs ses prédécesseurs également, mais là c’est le pire !)
    -Que faire pour sauver ce qui peut l’être encore ?
    -Quelles vont être les conséquences pour nous Français des (absences de) décisions criminelles de nos dirigeants depuis 1981 ? A ce propos, je regardais un film sur Berlin tourné en 1945 et montrant les dégâts occasionnés par les combats et je me disais que la guerre a réussi en 9 ans à détruire une nation mais notre système a fait de même avec moins de morts, en un peu plus de 30 ans. Il suffit pour cela d’aller à Longwy, Douai, Revin ou maintenant Calais où c’est le peuple qu’on s’ingénie à détruire, pour s’en faire une idée. Et c’est toujours les mêmes qui, avec leurs mains, essaient de rebâtir ce que des irresponsables ont saccagé.
    -Enfin, et comme toujours, le reproche fait à Paul STEIGER de s’opposer au mariage pour tous me semble dérisoire mais est significatif de la difficulté de trouver un candidat qui puisse recueillir la majorité des voix dans notre pays.
    Pour y parvenir, il faut avoir une grande personnalité et faire taire les voix discordantes. De Gaulle y était parvenu, mais c’était de Gaulle ! Mitterrand aussi mais c’était pour donner un semblant d’unité à la cacophonie (pour ne pas dire le b….l) qu’est le PS, il a su les faire taire en les menaçant et il a mis toute son énergie et son intelligence à satisfaire ses intérêts. Il aurait mieux fait de se mobiliser pour les intérêts du pays et aurait sans doute alors laissé un meilleur souvenir de son règne. A contrario, notre soliveau a fait l’unité de son parti en disant oui à tout le monde, d’où la débandade au moment de la défaite !

  2. Je partage cette analyse et le thème de l’incompétence de nos élus ainsi que leur malhonnêteté sont des sujets quotidiens des conversations des français. On se fiche de nous ouvertement et la question qui se pose maintenant est celle-ci :  » que fait on ? ». Les agriculteurs manifestent légitimement, les médecins militent contre le projet de santé etc… et on continue à gonfler les effectifs des ministres et secrétaires d’état !. Les libertés sont restreintes et dans les couloirs de l’assemblée , en dehors des heures des séances, les députés en nombre s’agitent devant les médias ; on se fiche de nous et cela ne peut plus durer.

  3. Bonjour,
    Mon dernier post est une tentative de réponse à ce burn out. J’aimerais connaître votre avis, vos commentaires sur mon texte… Si mon texte ne vous a pas parlé, ca m’intéresse de le savoir aussi.
    Belle soirée à tous les lecteurs de ce commentaire

  4. Bonjour,
    Mon dernier post est une tentative de réponse à ce burn out. J’espère qu’il vous plaiera ou qu’en tout cas il nous permettra de discuter. Le dissensus aide à penser.
    Belle soirée à tous

  5. Merci, mais je n’y suis pour rien. J’attends l’heure. Il faut convaincre, y compris ceux de nos frères qui croient encore au Père Noël, et s’imaginent qu’il suffit de mettre la balle au centre (clin d’œil !).

  6. Résignation,abdication,nausée, oui je partage tous ces mots et j’ajouterais « la peur » pas celle qu’on éprouve lors d’un combat,celle-là est génératrice de courage,mais celle de ne pas faire ton devoir,ton possible afin de ressentir de la fierté,de se dire « j’ai agi et je ne regrette rien »

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