Le doigt d’humeur du Colonel : François Hollande ravive la guerre du renseignement……

Par Régis Ollivier le 15 novembre 2013  pour Le Colonel Actualités

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Le parquet de Paris a ouvert une enquête jeudi après l’enlèvement d’un prêtre français dans le nord du Cameroun, attribué par Yaounde au groupe islamiste armé nigérian Boko Haram, a-t-on appris de source judiciaire.

Cette enquête en flagrance est ouverte pour enlèvement et séquestration en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste, a précisé cette source.

Ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris, l’enquête a été confiée à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Il s’agit d’une démarche classique pour ce type de faits lorsqu’ils touchent des Français à l’étranger.

Le Père Georges Vandenbeusch, 42 ans, a été enlevé dans la nuit de mercredi à jeudi dans l’extrême nord du Cameroun lors d’une opération «portant la signature», selon Yaoundé, du groupe islamiste armé nigérian Boko Haram, qui avait revendiqué le rapt en février d’une famille française dans cette région.

Lors de son enlèvement, le prêtre catholique «se trouvait près de Koza dans l’extrême nord du Cameroun, à 30 kilomètres de la frontière avec le Nigeria», à environ 700 km au nord-est de Yaoundé, selon le ministère français des Affaires étrangères.

Jeudi soir, le gouvernement de Yaoundé a dit craindre que les ravisseurs et leur otage n’aient déjà quitté le sol camerounais pour le Nigeria.
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L’impression qui se dégage d’emblée de cette décision de confier l’enquête sur cet acte terroriste à la DCRI (les renseignements intérieurs) plutôt qu’à la DGSE (les renseignements extérieurs) est que lexécutif relance une guerre du renseignement français, avec en toile de fond, la volonté de diviser pour mieux régner. Cette démarche, annoncée comme « classique » par le parquet de Paris, aux ordres, reste en effet surprenante car, qui mieux que la DGSE, qui ne sera sans doute pas totalement exclue du suivi de cette nouvelle prise d’otage, est à même de fournir le maximum d’informations sur le rapt du prêtre français? Moins la DCRI, malgré tout le bien que je pense du service intérieur de renseignement français dirigé par un grand professionnel, Patrick Calvar, que la DGSE. Pour mémoire, la DGSE est actuellement dirigée par un autre connaisseur du renseignement, l’ex-ambassadeur Bernard Bajolet. 
Que reste t-il donc de la coopération entre les deux grands services de renseignement français depuis l’arrivée au pouvoir de la gauche socialiste? Je pose la question car je n’ai pas de réponse autre que la partie visible de l’iceberg de la division. 
 
Régis Ollivier
 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

3 thoughts to “Le doigt d’humeur du Colonel : François Hollande ravive la guerre du renseignement……”

  1. Merci pour votre commentaire. Vous avez sans doute raison mais peut-être n’ai-je pas tout à fait tort. Hélas, je ne suis pas un spécialiste du langage des magistrats. Je note que dans DCSI (le terme DCRI étant celui employé par le rédacteur de l’article que je n’ai pas modifie), il y a « intérieur » et dans DGSE, il y a « extérieur » »… ces mots n’ont sans doute pas la même signification pour un civil et pour un militaire comme moi. Mais je dis ça je dis rien! Bonne continuation et merci pour votre contribution. //RO

  2. Quelle « guerre ravivée du renseignement » ? Depuis quand la DGSE aurait-elle des pouvoirs judiciaires ? Ouverte par le parquet de Paris, l’information l’est donc sous le sceau du judiciaire. La DGSI ( DCRI c’est fini, cher ami) peut procéder à de tels actes, ce qui n’empêche pas la DGSE de collaborer avec elle dans le domaine du renseignement. Mais la DGSE en enquête préliminaire du parquet ou exécutant une commission rogatoire d’un juge : jamais vu !

  3. Ah bon ? La DGSE aurait donc des pouvoirs judiciaires ? Car, ouverte par le parquet de Paris, l’information est placée sous ce sceau. Et, autant la DCRI a (AUSSI) la capacité de travailler dans le domaine judiciaire, autant on cherche vainement ce que la DGSE pourrait apporter dans ce domaine ? Ce qui ne l’empêche pas de collaborer avec la DCRI au niveau du renseignement… Partant, où est donc la « guerre ravivée du renseignement ?

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