Sexualité, Société

Le douloureux « point du mari » pour un « vagin de jeune fille » après l’accouchement

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Par Claire Hache, publié le 26/03/2014

Par Claire Hache, publié le 26/03/2014

 

 

J’ai choisi de mettre en ligne cet article qui m’a sidéré. Je suis sans doute vieux jeu. Cette pratique barbare est, selon moi,  assimilable à une infibulation partielle. Elle m’inspire juste un commentaire en termes peu châtiés : et pourquoi pas élargir un autre orifice pour que Môssieur ne reste pas bloqué au portillon. //RO

 

Des sages-femmes dénoncent le "point du mari" pour un plaisir accentué du mari pendant l'acte. AFP

Des sages-femmes dénoncent le « point du mari » pour un plaisir accentué du mari pendant l’acte. AFP

 

Cette pratique rare post-accouchement dénoncée cette semaine par une sage-femme, Agnès Ledig, consiste lors de la suture d’un périnée déchiré, ou d’une épisiotomie, à faire un dernier point supplémentaire. Objectif: resserrer l’entrée du vagin pour un plaisir accentué du mari pendant l’acte. 

Le douloureux "point du mari" pour un "vagin de jeune fille" après l'accouchement

 

« C’est son mari qui va être content, un vrai vagin de jeune fille ». Cette réflexion, Caroline l’a entendue il y a cinq ans dans la bouche d’un gynécologue à la sortie d’une salle d’accouchement. Le spécialiste venait de suturer une toute jeune maman de manière « serrée ». « Je l’observais en train de faire, il me semblait bien qu’il faisait quelque chose de bizarre à l’entrée du vagin », se souvient cette sage-femme aujourd’hui âgée de 29 ans.

Ce geste assumé par ce gynécologue d’une clinique du Val-de-Marne est surnommé « point du mari ». Il consiste « lors de la suture d’un périnée déchiré, ou d’une épisiotomie, à faire un dernier point supplémentaire pour resserrer l’entrée du vagin, et permettre, lors de l’intromission de Monsieur, un plaisir accentué. Pour lui », selon les termes d’Agnès Ledig. Dans un billet relayé par la féministe Isabelle Alonso, la sage-femme a dénoncé cette pratique et provoqué des réactions en chaîne très variées. « Je ne savais pas que ça avait un nom! Une fois, un mari m’a demandé alors que je suturais sa femme si je pouvais serrer un peu plus le vagin… », témoigne ainsi sur Facebook une de ses collègues « blouse rose ». Décision parfois imposée sans le consentement de la mère, douleurs possibles ensuite lors de rapports sexuels, plaisir de la femme qui passe après celui de l’homme… cette pratique, même si elle s’avère rare, a fait bondir de nombreuses femmes et féministes à la lecture du texte d’Agnès Ledig.  

« L’impression d’être vierge à nouveau »

Emilie a connu un accouchement difficile il y a cinq ans. Episiotomie et déchirure à la clé. Et une grande douleur au moment où le gynécologue l’a recousue. « Je ne peux pas vous dire combien de points il a fait mais il y en a eu beaucoup. Je les sentais tous car l’anesthésie ne faisait pas effet. » La jeune femme a attendu huit semaines avant d’avoir à nouveau des relations sexuelles. « J’ai découvert avec surprise que c’était plus serré qu’avant l’accouchement, et je me suis dit que ça l’était peut-être même plus qu’avant ma première fois. C’était très douloureux. J’avais l’impression d’être vierge à nouveau. » C’est des années plus tard, à la lecture d’un article sur le « point du mari », qu’elle s’est reconnue dans les situations décrites.

Cette pratique est-elle pour autant répandue dans les maternités? Fort heureusement, elle semble relativement rare même si plusieurs témoignages notamment de sages-femmes nous sont parvenus. « Personne n’a de statistiques. C’est quelque chose qui ne se claironne pas, affirme Agnès Ledig, qui n’a jamais assisté à ce type de suture. Mais il y a des témoignages, donc ça existe. Je pars du principe qu’il faut croire les femmes. C’est peut-être anecdotique. Même si elles ne sont que dix, cela reste insupportable. Je veux juste dénoncer les violences médicales. »

« La sexualité n’est pas synonyme d’un vagin serré »

Le docteur Jean Marty, président du Syngof, le syndicat des gynécologues-obstétriciens, rejette en bloc cette idée, dénonçant ces « histoires que l’on raconte et qui font monter des fantasmes dans l’esprit des gens, alors qu’elles ne reposent sur aucun fondement ». « La situation du vagin n’influe pratiquement pas sur la qualité des relations, poursuit-il. Le seul élément que j’ai pu constater en 40 ans de carrière est plutôt l’inverse: des femmes qui avaient parfois des douleurs avant l’accouchement et qui ont une plus grande tolérance après ». « La sexualité n’est pas synonyme d’un vagin serré, elle dépend de plein d’autres facteurs », rappelle de son côté une gynécologue-chirurgien d’un hôpital parisien. Elle n’a jamais entendu parler de « point du mari ». « Si on me le demandait, je ne le ferais pas, promet-elle. Je ne vois pas l’intérêt ».

Sans aller jusqu’au « point du mari », ce débat soulève la question des conséquences d’accouchement difficiles ayant provoqué déchirures et/ou épisiotomie (acte qui consiste à ouvrir le périnée au moment de l’accouchement afin de laisser passer l’enfant, ndlr) sur la sexualité des femmes. La reprise des premiers rapports sexuels survient en moyenne six à huit semaines après l’accouchement.

Dans cette période sensible et fragile dans la vie d’un couple, retrouver ses marques peut s’avérer délicat. « Il y beaucoup d’appréhension, explique Agnès Ledig. Elles ont souvent peur de la reprise, peur d’avoir mal. » Et même, parfois, d’en parler.

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About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

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