Le malaise des armées, objet médiatique permanent

Bénédicte Chéron, le 25 septembre 2017

The Conversation

 

 

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« Blues du soldat », « malaise des armées » : ces mots ont envahi le traitement médiatique de l’actualité militaire, y compris celui des opérations extérieures ou intérieures alors que, dans le même temps, 88 % des Français disent avoir une bonne image des armées.

Ce paradoxe n’est qu’apparent, et personne n’est dupe : on peut tout à la fois être aimé et se sentir incompris. Le moral des troupes n’est une préoccupation nouvelle ni pour les chefs militaires, ni pour les autorités politiques. Ce qui mérite analyse, en revanche, c’est la continuité de la présence médiatique de cette question depuis 2008.

2008, année charnière

L’année est alors chargée en actualité militaire : la réforme de la carte militaire provoque la fermeture de nombreuses casernes ; les discussions préparatoires du nouveau Livre blanc sont ponctuées de multiples polémiques médiatiques sur la place des armées au sein de la nation et la cohérence des orientations stratégiques qui se dessinent. Le 26 juin 2008, à Carcassonne, des militaires du 3e RPIMa utilisent des balles réelles au lieu des munitions à blanc lors d’une démonstration publique. Le bilan est lourd : un militaire et quinze civils sont blessés, et parmi eux quatre enfants. Le Président Nicolas Sarkozy traitent les militaires d’« amateurs » et le chef d’état-major de l’armée de terre démissionne.

Enfin, le 18 août, 10 militaires français sont tués lors de l’embuscade d’Uzbin, en Afghanistan, et 21 autres blessés. L’emblématique émission « C dans l’air » ne consacre pas moins de six éditions aux sujets militaires lors du printemps et de l’été 2008. Jamais, depuis, cette densité et cette fréquence ne se sont répétées.

Après l’embuscade d’Uzbin, les journalistes se penchent, nombreux, sur l’état des équipements et des matériels militaires. Ils racontent, avec un pathos parfois excessif, l’histoire d’une armée paupérisée. Les magazines d’enquête et de reportage abondent sur le sujet. L’année 2008 apparaît bien comme celle du surgissement médiatique d’un malaise qui couvait.

Le catalyseur Sentinelle

Depuis, le dossier est demeuré ouvert en permanence et, à intervalles réguliers, les journalistes y puisent sujets de reportage et motifs d’enquête. Pas une opération qui n’échappe aux articles sur les moyens insuffisants qui lui sont alloués. Or, ils sont systématiquement au-dessous du niveau qu’exigeraient les ambitions politiques affichées. Lorsqu’à cette paupérisation, s’ajoutent les interrogations manifestes des hommes eux-mêmes sur le sens de certaines missions accomplies dans des contextes particulièrement éprouvants physiquement et moralement, le malaise revient inévitablement sur le devant de la scène.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

One thought to “Le malaise des armées, objet médiatique permanent”

  1. Ce n’est pas de la pitié qu’on doit ressentir pour l’Armée ! C’´est de l’indignation contre les gouvernements qui sont incapables d’équiper correctement les forces défensives de notre Pays ! Par contre, ces gouvernements savent les envoyer aux « quatre coins » du monde……..à chacun de se débrouiller avec ce qui est fourni ! Lamentable !

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