Le nationalisme a le vent en poupe en Europe, avec ou sans Wilders

Par Le Vif – Le 16 mars 2017


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La montée du nationalisme, qualifié également d’extrémisme, vue par nos voisins belges. L’Union européenne se félicite de cet échec du parti de Geert Wilders. François Hollande en tête. Mais ne faut-il pas plutôt évoquer « une semi-victoire » ou pour les puristes, un demi-échec. Car quoi qu’en pensent les dirigeants européens, « la progression des populismes n’en demeure pas moins « constante » en Europe et ils avancent vers « les portes du pouvoir » même si les électeurs font pour l’instant encore barrage. » Il y aurait de quoi s’interroger sur les raisons de cette irrésistible ascension. //RO


 

Le pari perdu de l’extrême droite de remporter les législatives néerlandaises n’enraye en rien la montée du nationalisme en Europe, qui trouve de plus un écho croissant dans les partis traditionnels, soulignent jeudi des experts.

Si le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders, qui espérait remporter le scrutin, échoue loin derrière celui du Premier ministre libéral Mark Rutte – avec 20 élus contre 33 au VVD selon des résultats provisoires – il n’en gagne pas moins cinq sièges par rapport aux précédentes élections de 2012.

Loin d’encaisser une défaite, il marque « objectivement » des points, relève Jean-Yves Camus, spécialiste des extrémismes en Europe à l’Institut de Relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris.

Les leaders nationalistes et relais d’opinion « antisystème » se sont d’ailleurs engouffrés dans la brèche, à moins de 40 jours de l’élection présidentielle en France et à six mois des législatives allemandes.

« Le Parti de la Liberté de Wilders est le deuxième du pays (…) Changer l’Europe, sauver l’emploi et bloquer l’invasion, les bonnes idées avancent », s’est félicité en Italie Matteo Salvini, le chef de la Ligue du Nord, un mouvement d’extrême droite anti-immigration.

« C’est la preuve que les idées communes que nous avons avancent dans les différents pays européens », a renchéri la présidente du Front national, Marine Le Pen, en tête des intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle en France, le 23 avril prochain.

En Allemagne, le parti anti-islam AfD, qui enregistre un léger recul dans les sondages depuis trois semaines, s’est montré un peu moins serein. « Nous espérions un meilleur score pour le PVV », a lâché une des figures du parti, Frauke Petry.

Des dirigeants rassurés

Le camp libéral mené par Mark Rutte n’en a pas moins perdu huit sièges et les travaillistes, membres de la coalition sortante, sortent laminés du scrutin. « Le +système+ en a pris un coup », claironne le blog britannique ultraconservateur Westmonster.

Les dirigeants européens, qui redoutaient un nouveau triomphe du nationalisme après le Brexit et l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, ont certes poussé un soupir de soulagement.

Le président François Hollande a salué « une nette victoire contre l’extrémisme » et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, « un vote pour l’Europe ».


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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.