Le prestige de l’uniforme.

Par Guy Adain, le 10/11/2017

Le Colonel

 

 

Une réaction à chaud à la sortie du livre « Servir » du Général Pierre de Villiers.

 

 

© Photo by Régis Ollivier

 


C’est dur de côtoyer des militaires et de n’être qu’un « Pékin ! »


L’uniforme ajoute toujours une touche de prestance à ceux qui le portent, quand en plus, il est bien porté, bien galonné et constellé de décorations prestigieuses, il impressionne, suscite l’admiration, voire l’envie…Ou la jalousie !
Rajoutez à cela un nom à particule connu et reconnu, et une fonction de connétable : vous avez engendré un bouc émissaire !


L’âge de la sagesse, l’expérience, la qualité de l’homme qui porte cet uniforme en impose naturellement. Sa notoriété auprès de ses hommes, ses états de service éloquents vont trop briller et éclipser quiconque s’approchera trop près de lui… Les « beaux soldats » ont toujours tendance, involontairement, à faire de l’ombre, et les « Césars » n’aiment cela !


Si encore l’homme était bravache, grande-gueule, va-t-en-guerre, il serait dominable.
Mais non, c’est un vrai sage, un chef de guerre avisé, discret, efficace, courtois et d’une « totale loyauté ». (Sic)
Un Officier de Tradition, de vieille tradition, conscient du « Rôle de l’Officier » et apte à le jouer tel que l’avait imaginé le Maréchal Lyautey.


Difficile, douloureux de prendre le pas sur de tels hommes, surtout lorsqu’ils sont au dessus des tentations des sinécures politiques ; qui leur semble bien vaines.
Ce n’est pas un homme de Pouvoir, mais de responsabilité. (Sic) Je dirai pour ma part, un homme de Devoir et de Service, tout simplement un homme d’Honneur, un Gentilhomme !
On peut toujours descendre les Champs Elysées en command car, les dents serrés et le regard altier… Il va manquer « l’odeur de sable chaud du légionnaire »…


Les qualités, les principes, les valeurs, l’honneur, le courage, le désintéressement, le goût et le sens du service sont un peu mis à mal ces temps-ci, mais ils n’ont pas disparus bien sûr, ils sont allé se réfugier dans les métiers à uniforme : Armée, Police, Sécurité Publique, Pompiers, Fonction hospitalière… Oui ces principes existent encore, mais restent pudiques et discrets, faute d’être à la mode.


Mais ces valeurs sont exigeantes, et lorsqu’on ne peut plus les appliquer, la mort dans l’âme, il faut partir !
Il faut refuser d’avaler toutes les couleuvres et couleuvrines
(pour les miliaires…)
Il faut renoncer à ne plus Servir à Rien quand notre raison de vivre était justement de SERVIR !
Les « Vieux Soldats » connaissent la chanson…
Non Rien de Rien, non je ne regrette Rien…
Mais l’homme de guerre sait être aussi un homme de paix et… Le Service continue !


Derrière de tels chefs des Volontaires vont se lever et vont suivre : «  Le Panache blanc, celui qu’on retrouve sur le chemin de l’honneur … »(Sic)
Et cette fascination risque encore de… Froisser.


Mais, Vive la France pourtant !
Nous Servirons quand même !


Guy Adain
10/11/2017

 

 


 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

6 thoughts to “Le prestige de l’uniforme.”

  1. Bien compris, merci à Monsieur Lemorieux, encouragements, et belle journée, tant que nous serons encore quelques uns à penser ainsi et à se souvenir, rien n’est perdu !

  2. « Non Rien de Rien, non je ne regrette Rien » Cela rappelle les moments de désespoir de la de trahison au moment des événements d’Algérie si bien décrits par Élie Denoix de St Marc. Après avoir été forcé de renier son devoir de protection des gens d’Indochine (Talung) qui avaient servis notre pays, du encore voir son honneur bafoué lorsque De Gaulle a abandonné l’Algérie et livrer nos amis Harkis a la vengeance du FLN En fait De Gaulle a renié sa parole..Alors les politiques se moquent bien de la notion de servir a part l’instant ou il faut sauver leur existence pour ne pas dire leur cul ! (Désolé pour le langage trivial)
    Alors dès l’instant ou vous faites de l’ombre à des politiques bombant le torse, , eux même sous la houlette de Bruxelles des banques, ou des « Bilderberg »……Etc, vous n’êtes plus que des ennemis à abattre et c’est très facile vu qu’ils contrôlent tous les médias…

  3. A Stratediplo
    Merci et félicitations pour votre superbe et très juste définition : On a détruit l’uniforme pour effacer le prestige !

  4. Déjà dans les années quatre-vingts on interdit aux officiers affectés ou en mission de porter l’uniforme dans les rues de Paris. A la décennie suivante le nivellement égalitariste fit ôter les bandes de commandement (« autoroutes ») pour affubler les officiers d’un pantalon de sous-officier, et pour effacer l’attrait de « l’accès à l’épaulette » on remplaça celles-ci par de simples bandeaux de passant, et on y éleva les insignes de grade de sous-officiers subalternes autrefois portés sur la manche. Dans les années quatre-vingt-dix on dissuada le port de la coiffure dans les enceintes militaires, et plus tard même à l’extérieur, sans omettre cependant d’ôter au képi son caractère distinctif en le généralisant à tous les personnels de toutes les armes dans toutes les tenues. On jeta la cravate, on effaça la distinction vestimentaire et calendaire entre tenues d’été et d’hiver et on abandonna le cadre sans troupe à son bon-vouloir d’apparence du jour. Puis on interdit aux cadres de réserve de porter la tenue militaire sauf exception, avant même de démilitariser leur statut. Il ne restait plus qu’à bidasser la posture du repos en tenue sur les rangs pour en faire une imposture sans retenue, et à ridiculiser l’aspect général du militaire en lui ôtant le ceinturon de veste, désormais simple accessoire du brelage de combat, afin de lui conférer un aspect débraillé au sens premier du terme, rappelant le pyjama bariolé du soudard statutairement indiscipliné états-unien. On en viendra sûrement à entreposer les brodequins de marche avec le ceinturon et le casque, et les souliers avec le képi et les gants blancs, pour s’embaboucher plus commodément en pantoufles dans les bureaux et en sandales dans les quartiers. On a détruit l’uniforme pour effacer le prestige.

  5. Vous avez raison Daniel Chollet, il y a longtemps que les uniformes se font plus rares dans l’espace public, les militaires sont aussi moins nombreux et souvent loin de France, la suppression du service militaire a contribué à la disparition de l’encadrement à trop soustraire il reste peu!

  6. Ayant eu l’honneur de porter 2 uniformes (Marine Nationale et Légion Etrangère) à une époque où l’on parlait encore de tenue de sortie, je regrette la disparition des uniformes en ville, dans les gares et trains, lors des mariages et autres évènement familiaux. Aujourd’hui, on l’explique pour des raisons justifiées de sécurité mais cela fait belle lurette que les uniformes avaient déjà disparu de l’espace public.
    Une anecdote : Gamin, je distribuais, habillé en corsaire, des prospectus pour un musée et certains soirs il m’arrivait de rentrer à la maison juché sur le cadre de vélo d’un agent de police en tenue. Notre équipée (sauvage) faisait le plaisir des passants.

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