Le putsch des généraux n’aura pas lieu !

Par Jacques Sergent,le 15 avril 2016

Polémia


Et la conclusion s’impose à elle-même à Jacques Sergent : « En France on a beaucoup de généraux, comme le CNRS a beaucoup de chercheurs : mais les Bonaparte ou les De Gaulle sont aussi rares que les « trouveurs ». Cela augure mal de l’avenir ». Je valide ! //RO


♦ L’armée patrouille dans les rues. Et les généraux sont à nouveau visibles dans l’espace public. Faut-il leur faire confiance ? Il est permis d’en douter ! Pour gagner leurs étoiles les officiers doivent être « politiquement corrects, parler anglais et passer par la case OTAN ».

 « Nos stratèges étoilés », bardés de diplômes et de décorations, « n’ont pas vu venir la guerre de civilisation, pour la même raison que leurs anciens n’avaient pas vu venir les panzers ». Un point de vue décapant d’un ancien haut fonctionnaire du ministère de la Défense.
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Les VIe Assises nationales de la recherche stratégique (excusez du peu ont organisé en décembre 2015 un colloque à l’Ecole militaire sur le thème « Qui est l’ennemi ? ». Près d’un an après l’attentat contre Charlie Hebdo et 15 jours après celui du Bataclan, il serait temps de le savoir, en effet…

Tout le gratin de la « pensée stratégique » et sécuritaire française est donc là, sous la présidence du ministre de la Défense : 1700 participants qui vont… sodomiser les coléoptères une journée entière !

Car quelle est la conclusion de ce savant colloque ? L’ennemi c’est… Daesh, qui est « pseudo-islamique » selon les termes du ministre de la Défense. Pasdamalgam dans les rangs !

Grâce à lui on sait au moins que la « recherche stratégique » française ne sera pas dissidente, mais bien-pensante.

Papy fait de la résistance

Le général Piquemal manifeste à Calais contre l’immigration. Papy fait de la résistance et au micro proclame la patrie en danger. On n’en revient pas : la Légion avec les identitaires ! Mais il suffit d’une garde à vue pour que le général rentre piteusement dans le rang, en retournant sa veste au surplus. Piquemal ne sera pas Salan…

Le général Soubelet est un gendarme vite devenu célèbre sur les réseaux sociaux pour avoir dénoncé le laxisme judiciaire devant une commission du Parlement. Il n’en reste pas là et va jusqu’à publier un livre aux éditions Plon sur Tout ce qu’il ne faut pas dire (*).

Bigre ! Va-t-on enfin tout savoir ? Las, quand on feuillette le livre on s’aperçoit vite que le brave général ne dit rien d’original : sinon que la politique pénale n’est pas assez répressive et que la gendarmerie manque de moyens… Pandore ne sera pas entrée en dissidence bien longtemps.

Ces épisodes tragi-comiques illustrent malheureusement le désastre stratégique français qui s’annonce.

Les conformistes

Car le monde de la Défense s’enferme dans le conformisme, comme dans les années trente et pour des raisons comparables.

Sous la Troisième République il fallait que les officiers supérieurs soient « républicains » et peu innovants pour progresser dans la carrière. Aujourd’hui ils doivent être politiquement corrects, parler anglais et passer par la case OTAN pour gagner leurs étoiles. Mais le résultat est le même : catastrophique.

Car le gratin militaire français se trompe d’époque, d’armée et donc de guerre.

La pensée en panne

La « pensée stratégique » française est, comme le reste, en panne.

On multiplie les livres blancs, les colloques et les symposiums car on n’a plus aucune réponse sur rien. Une expression revient d’ailleurs sans cesse dans tous ces travaux : « Cela pose la question de… » ; on ne sait plus, en effet, que poser des questions, faute d’oser formuler des réponses.

Les stratèges ont préparé nos armées à affronter le Pacte de Varsovie mais, pas de chance, celui-ci a disparu. La France est donc retournée dans l’OTAN au moment même où la principale justification de cette alliance, le péril soviétique, disparaissait.

Et nos militaires vont se faire tuer pour tenter d’endiguer le chaos en Afrique ou au Moyen-Orient que… les Occidentaux, sous la férule de l’Oncle Sam, ont provoqué en Irak, en Libye et en Syrie.

Le sapeur Camember n’aurait pas fait mieux.


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8 réflexions au sujet de “Le putsch des généraux n’aura pas lieu !”

  1. Il manque énormément d’esprit critique à nos officiers qui, bien que très convenablement formés tout au long de leur carrière, tant en écoles que sur le terrain, ne réussissent pas à faire abstraction de leur monde pour entrevoir d’autres réalités. Et ce, même en état-major, alors qu’il est désormais devenu indispensable de se projeter dans d’autres mondes pour mieux les percevoir. J’en veux pour preuve l’approbation quasi unanime de mes camarades en 2003 pour une intervention US en Irak, alors que je cherchais autour de moi quelque singularité plus avisée sur la situation qui nous était à l’époque « vendue » avec tant d’aplomb… Mais dans un tout autre domaine, j’en veux aussi pour preuve les difficultés réelles des officiers à connaître le fonctionnement d’autres mondes comme celui du secteur privé ou de l’administration publique, lorsqu’il s’agit pour eux de faire le grand saut, quand on parle d’une seconde carrière…
    Autant, je peux comprendre qu’une grande partie de nos effectifs ne soit pas en mesure de porter un regard croisé sur l’évolution de son environnement, du fait de sollicitations quasi quotidiennes – et accaparantes – pour les missions de défense, autant je ne m’explique pas cet « autisme » observés chez bon nombre d’officiers disposant d’avantages significatifs à la réflexion, à commencer par le recul que procure toute carrière d’officier supérieur dans les échelons de décision, surtout après une activité riche de commandements en OPEX. Il y a quelque chose qui m’a toujours échappé de ce côté…
    J’observe toutefois, et je ne serai sans doute pas le dernier à le dénoncer, que la mise au pas (purge ?) de l’armée au sortir du drame de l’Algérie a permis au moins de fondre tout le monde dans le même moule, à savoir plus jamais de vagues… Il n’est pas permis de penser autre chose que ce qu’on nous demande de penser. Le contraire serait désobéir, n’est-ce pas ? Nul doute que nous en payons encore les suites aujourd’hui, en quelque sorte… Pire encore, la RGPP et la crainte de nos chefs de voir le pouvoir civil s’emparer de ce qui restait de notre pré carré a fini par emporter les dernières résistances : nous avons définitivement plié et nous nous sommes soumis à tous les diktats politiques. Quel officier saura tirer des conclusions iconoclastes sur les opérations en Libye dans des travaux internes (je ne parle pas de soumettre des conclusions à des journalistes, bien évidemment) ? Qui saura proposer du vrai retex sur les différentes actions visibles de nos armées dans le monde ces dix dernières années ? Que doit-on in fine retirer au plan militaire de l’action politique de nos gouvernants au regard de la réintégration de la France dans les échelons de commandement de l’OTAN ? Et quid de la nouvelle possibilité offerte à l’installation d’états-majors otaniens sur notre sol ? Sont-ce au moins encore quelques sujets d’étude internes à l’école de guerre pour tenter encore d’ouvrir les esprits, à défaut d’essais susceptibles de peser sur l’évolution de la pensée militaire ?

  2. les généraux en retard ‘une guerre ? un grand classique..

    je me souviens d’un quarteron d’officiers planifiant une campagne d’affichage pour un mouvement national. pour ce faire ils prenaient le calendrier des ptt et regardaient les différents marchés pour pouvoir tracter. Certains avaient avaient les plus grandes peines du monde à leur expliquer que lesdits marchés n’existaient plus depuis belle lurette

    d’accord c’était il y a longtemps et peut être que depuis ils ont d’autres moyens d’information. c’était au temps des ptt…:)

  3. Quant on parle putsch je pense qu’il est fait allusion au 21 avril 1961 et non pas a celui du 13 mai 1958 ,en 1961 le quarteron de généraux ,avait la population ,voulant rester dans l’Algérie Française avec eux.
    Hors aujourd’hui le motif est différent, garder un minimum de destin national dans le cadre d’une Europe unie, si les paroles chantent bien, la mission est utopique, et pourquoi un putsch alors que la démocratie est censée rectifier le tir tous les cinq ans.
    Avez vous entendu les pénitences et méa culpa des généraux pour Usbeen !!!non alors que les déficits capacitaires et de planifications portent une part des responsabilités.
    Avez vous entendu les généraux faire pénitence lors de la perte de nos trois soldats la semaine dernière, parce qu’ils n’étaient pas doté de véhicule d’ouverture d’itinéraire , blindé au stanag4,et j’ai bien d’autre exemple en réserve.
    Un soldat de métier est long a former, il coute cher, nous savons que la guerre n’est pas une science exact que l’on peut perdre des hommes et le job des généraux devraient être de sensibilisé les politiques qu’ils côtoient afin d’avoir le matériel le plus adapté pour perdre le moins de soldats possible.

  4. Ceci est vrai.
    Mais De Gaulle était un véritable écrivain, avait une voie forte, une présence médiatique. L’armée était forte en nombre d’hommes, ce n’est plus le cas (10% de l’effectif de l’armée de terre c’est les sapeurs pompiers de Paris). L’armée avait des moyens que nous n’avons plus en 2016. Le putch d’Alger, ayant échoué, aura été un vaccin. Nous n’avons que 200 morts par an, et pas par jour.
    Ce n’est pas dans ces conditions que se lèvera un chef.
    Il nous faudra un évènement dramatique ou l’anarchie pour que ce chef se lève, comme c’est toujours arrivé en France quand le pays frôlait la catastrophe. Car un chef n’existe que si la population est prête à suivre. Sinon il finit exilé.
    Ce qui me désole, malgré l’estime que j’ai pour eux, c’est que ce sont deux femmes blondes, un vieillard et un avocat méridional qui, seuls, essaient de faire bouger les choses.

  5. Au fil du temps, je me surprends à penser que si j’ai du respect et de la considération pour l’Armée Française, ces deux sentiments n’ont d’égard que pour les jeunes Soldats qui risquent leur vie tous les jours en Afrique (pour des prunes) et qui ne sont pas des Généraux !

    Quant au Putsch…y ai cru. L’ai attendu. Je n’y crois plus car pour qu’il y ait putsch il faut de Grands Hommes parmi les Généraux, or jusqu’à preuve du contraire, ils sont comme mes deux vieux chats que j’ai conduits chez mon vétérinaire dès qu’ils ont eu six mois d’âge !

    « Où sont les Femmes » ? Non, Où sont les Généraux ?

  6. Comme la politique avec SC-PO et l’ENA les élites sont formatées dans les mêmes écoles, donc le vote ne sert a rien, puisqu’ils sont identiques, pas de diversité d’idées, consanguinité ,les mêmes maux donnent accès aux mêmes remèdes.Et à quelques exceptions prêt c’est idem pour les élites militaires, sans saveur sans odeur,des gants ;un chien d’aveugle ,un caddy ,des clubs,et il n’y a plus qu’a entendre siffler les balles !!! de golf

  7. Sans envisager un véritable » Coup d’Etat » dont on ne connaît jamais les conséquences, il est possible d’envisager une « prise en main » de la politique désastreuse que conduit ce pseudo-gouvernement (« pseudo » car ne représentant que 20% de la population)
    Il est possible de concevoir une pression des chefs militaires qui deviennent « légitimes » (souvenirs !!) et imposent au président une voie dite de « Salut Public » sans obligatoirement le renverser …
    Pour cela il faut une conscience de la légitimité (que de Gaulle avait bien comprise) et ne pas se gargariser de « légalité » jusqu’au suicide !
    Félicitations au Général Piquemal pour son action, mais là où un seul général a agi et a été sanctionné, il aurait fallu vingt généraux…
    Nous pouvons rêver !!

  8. Excellent ! Nous allons nous retrouver du mauvais côté de la ligne Maginot encore une fois ! Pourtant, il ne fallait pas avoir fait St Cyr pour constater depuis longtemps que l’ennemi n’était plus l’ogre soviétique mais l’Islam radical qui montrait déjà des velléités guerrières !
    Mais pas d’amalgame je vous prie les élections se profilent a l’horizon et sans les votes communautaires! …….Comme avant la seconde guerre mondiale, : »Silence dans les rangs » ! Garde a vue oblige et mise en réserve !
    Ras le bol d’être obligé de subir des politiques que nous avons hélas élus, mais qui ne sont pas a la hauteur de la gestion de la géopolitique internationale !
    Il y a un très sérieux ménage a faire. Mais lorsque l’on revoit apparaitre tous les hass been des la politique qui réapparaissent  » pour encore profiter de la gamelle », cela commence a faire froid dans le dos !

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