Le Renseignement Français dans la tourmente

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Pointée du doigt dans l’affaire Merah, la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), est en crise. Une crise avant tout interne qui mine les hommes et femmes de grandes valeurs qui composent cette « Centrale ».

Les dysfonctionnements de l’affaire Merah, mis en lumière par un rapport de l’IGPN en octobre 2012, n’ont pas véritablement eu d’effets concrets, si ce n’est le limogeage de son patron, Bernard Squarcini. En interne, cela ne fonctionne toujours pas. 

« Les services sont beaucoup trop cloisonnés, trop hiérarchisés » alarme Yannick Danio, délégué national du syndicat Unité Police (SGP-FO). Pour sa part, Fabien Jobard, chercheur au CNRS et directeur du Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales relativise « toutes les polices du monde sont confrontées à ces problèmes structurels d’échanges d’informations ».

Alors, redonner de la grandeur aux services de renseignements.  C’est en substance le message que veut laisser Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), en minimisant l’échec de la DCRI dans l’affaire Merah.

« Au milieu de 50 dossiers, n’est-il pas anormal que le moins intéressant, celui de Merah, passe en dernier ?

Quand bien même, les erreurs successives de la DCRI auraient été évitées, Merah serait, je crois, quand même passé entre les mailles du filet », estime-t-il.

La réforme du renseignement ne devrait pas tarder à se lancer. Le travail de la mission d’évaluation doit être remis au ministre de l’Intérieur à la fin du mois.

Le temps est venu de dire que le renseignement est un outil efficace et utile.

Mon commentaire : 

Je suis d’avis, à l’instar de M. Eric Denécé, qu’il faut effectivement (re)donner de la grandeur aux services de renseignements français et pas uniquement à la DCRI.

Il s’agit bien sûr d’un échec, tel qu’en a connu tout récemment la Direction Générale de ma Sécurité Extérieure (DGSE) lors de la tentative de libération de l’otage Denis Allex.

Un rapprochement entre Services semble inéluctable à plus ou moins long terme.

Dans le cadre de l’affaire Merah, je me permets de préciser, sans trahir des secrets d’Etat, qu’il existait bien une réelle collaboration entre la DCRI et la DGSE, chacune dans son domaine de compétences : l’intérieur et l’extérieur. Ainsi, la configuration des postes de responsabilités était idéale.

Deux cadres de la DCRI occupaient à l’époque des postes clés au sein de la DGSE : Patrick Calvar, actuel patron du renseignement intérieur était Directeur du Renseignement et Lucille Rolland dirigeait l’important service de contre-terrorisme.

Il m’est revenu qu’aucun de ces deux hauts responsables n’avait démérité, bien au contraire. Tout au plus pourrait-on reprocher à Lucille Rolland, et à sa décharge, de n’avoir pas eu la « culture maison » de la Piscine

Dans cette affaire, la DGSE n’est pas pointée du doigt car il s’agit essentiellement d’une affaire de sécurité intérieure.

Patrick Calvar, quant à lui, est désormais aux commandes de la DCRI, qu’il connait parfaitement. Son expérience des deux grands Services spécialisés de l’Etat fait de lui un homme incontournable du renseignement français.

Réaction à l’article de 20 minutes du 07/03/2012 et autres sources ouvertes

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.