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Le risque d’une France qui craque

Par Richard Werly, le 26 mai 2016

Le Temps


« cette contestation sociale peut-elle amener le gouvernement à reculer sur le terrain du marché du travail ? La réponse est à priori négative. »


La fin du quinquennat de François Hollande ressemble à une guerre de tranchées. Cette semaine, «Le Temps» analyse la France, pays de contestations et d’inspirations. Début de notre série

Cette France qui craque

La France nous inquiète. A un an des élections présidentielles, les convulsions sociales et le sentiment d’impasse politique dans lesquels est englué notre grand voisin constituent un défi de taille. Comment la France peut-elle surmonter ses fractures? Peut-elle se réinventer? Pendant une semaine, «Le Temps» analyse ce pays qui fascine et qui trouble.

Une triste impression de déjà-vu. En ordonnant, mardi, l’intervention des forces de l’ordre pour débloquer l’accès à plusieurs raffineries et dépôts de carburants entravés par les grévistes de la CGT, le gouvernement de Manuel Valls a décidé de risquer une confrontation de grande ampleur.

On se souvient qu’en 2010, le premier ministre François Fillon avait ordonné la réquisition des salariés des raffineries, déjà hostiles à son projet de réforme des retraites. On se souvient surtout que durant l’hiver 1995-1996, sous le gouvernement d’Alain Juppé, l’Hexagone s’était retrouvé bloqué par un mouvement social massif. L’actuel favori des sondages pour la présidentielle de mai 2017, resté «droit dans ses bottes», avait alors fini par capituler, faute de volonté d’en découdre avec Jacques Chirac à l’Elysée.

L’hypothèse de voir ce scénario se répéter, vingt ans après, alors que François Hollande a de plus en plus les yeux rivés sur sa prochaine candidature, n’est pas écartée.

Le pays ne se résume pas à ses grèves

La réalité est pourtant que la France n’est pas bloquée. En panne de carburant, en train de craquer parfois comme le montrera notre dossier ces prochains jours, l’Hexagone ne peut pas se réduire aux mots d’ordre de grève reconductibles du premier syndicat français, devenu de fait la principale force d’opposition à l’actuelle majorité socialiste – laquelle est plus en plus écartelée.

Oui, la CGT Transports a les moyens de paralyser une bonne partie du pays dès cette semaine et plus encore à partir du 31 mai, date à laquelle elle promet de reconduire ses actions «de façon illimitée». S’y ajoute, dans plusieurs grandes villes françaises, la persistance du mouvement Nuit Debout dont les contestataires, souvent jeunes et déterminés, continuent – comme Philippe Martinez, le patron de la CGT – de demander le retrait pur et simple du projet de loi El Khomri sur la réforme du code du travail.


Lire aussi : »Guerre », « psychodrame » : la presse étrangère effarée par la crise française


Les affrontements prévisibles entre manifestants et policiers autour des raffineries ne peuvent pas faire oublier, non plus, le spectacle de la voiture de police incendiée à Paris il y a une semaine par des casseurs, près de la place de la République. Quatre suspects ont depuis été déférés devant la justice. L’image, qui a fait le tour du monde, interroge alors que la France demeure en état d’urgence à la veille de l’Eurofoot.

Bien moins massive qu’en 1995, cette contestation sociale peut-elle amener le gouvernement à reculer sur le terrain du marché du travail, considéré par tous comme le blocage français majeur, largement responsable du taux de chômage record (10,2%) que connait le pays?

Une contestation qui «fait partie du jeu»?

La réponse est à priori négative. Même si l’ouest et le nord du pays subissent, depuis plusieurs jours, un début de pénurie de carburant, les réserves ne manquent pas et les infrastructures d’approvisionnement fonctionnent. Sur le plan des transports, l’instauration sous le quinquennat Sarkozy d’un service minimum – un train sur trois à la SNCF en cas de conflit majeur – devrait aussi permettre d’éviter un arrêt brusque de l’économie. Comme l’écrit Le Monde, François Hollande et Manuel Valls ont sans doute «mesuré le risque de durcissement et de débordement» avant de faire intervenir les CRS. A l’Elysée, on suggère d’ailleurs que l’option dure de la CGT n’est pas si surprenante et qu’elle «fait partie du jeu». C’est-à-dire: l’exécutif garde la main.


Lire la suite sur https://www.letemps.ch


Les premiers chapitres de notre série «La France qui craque»

À propos de l’auteur

 

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “Le risque d’une France qui craque”

  1. Je ne suis pas pour la loi El Kho…chose, mais si la France « craque », hélas ce n’est point pour de nobles causes. Elle est vulnérable depuis des dizaines d’années. Ceux qui s’agitent aujourd’hui ont tous ou presque voté Socialiste ! Y compris les chefs de Syndicats, alors…

    La France était déjà fissurée avant l’annonce de la loi qui fâche.

    IL suffit de constater ce qui se passe à Béziers pour comprendre que chez nous c’est un joli « bordel ». Mais où sont-ils les vrais PATRIOTES ? il y en a tellement de FAUX qui se sont mis en route pour gagner en 2017 !!! Ces faux parmi des vrais pour diviser et mieux régner.

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