Le trumpisme n’est pas qu’américain, gare aux colères populaires en Europe

Par Bernard Guettale 01.11.2016 

Challenges


Un article de bonne facture qui pose les bonnes questions et donne quelques réponses. Je suis d’accord sur le constat que les sociétés sont tellement malmenées au niveau des classes disons plus populaires que l’envie est forte, très forte, de porter au pouvoir celui ou celle qui usera du langage le plus proche du peuple opprimé par tant d’inégalités et surtout d’insécurité. Bien sûr qu’il y a danger quelque part. //RO


 

Même si Hillary Clinton sort vainqueur de la présidentielle, de nombreux Américains auront néanmoins envisagé l’élection d’un homme vulgaire, inculte et irresponsable. Preuve de l’urgence de combattre ces nouvelles extrêmes-droites qui surfent sur la colère des classes populaires occidentales.

On ne sait pas. On ne sait pas qui sortira vainqueur, mardi prochain, des urnes américaines. Ce peut être Donald Trump car, à onze jours du scrutin, la candidate démocrate a été déstabilisée par la réouverture de l’enquête sur l’utilisation d’une messagerie non cryptée dans l’exercice de ses anciennes fonctions de secrétaire d’Etat.

Ce peut tout aussi bien être Hillary Clinton puisque, FBI ou pas, elle conserve une avance sur son adversaire et que beaucoup d’électeurs, dans le cadre du vote anticipé, avaient exprimé leur suffrage avant ce rebondissement de dernière minute.

On ne sera fixé qu’au soir des résultats mais la certitude est que, grosse ou petite, majoritaire ou pas, une moitié des Américains aura souhaité l’élection d’un homme aussi profondément vulgaire qu’inculte et fantasque, d’un irresponsable aussi peu fait pour la présidence des Etats-Unis qu’un analphabète pour le Nobel de littérature.

Cela confirme la définition de la démocratie par Churchill, « le pire des systèmes, à l’exception de tous les autres », mais le plus inquiétant est qu’il y a des raisons à la fascination exercée par le candidat républicain.

Une insécurité et une rancoeur sociales toujours plus grandes

Comme dans le reste du monde, les inégalités n’ont jamais été si grandes aux Etats-Unis depuis près d’un siècle. Le salaire médian y a régressé alors que les revenus des plus grands patrons devenaient intolérablement obscènes. Le coût des études universitaires est maintenant tel que, sauf à être issus de familles fortunées, les étudiants commencent leur vie professionnelle avec une dette de plusieurs centaines de milliers de dollars.

La présence de nombreux immigrés clandestins et le libre échange avec des pays dont la main d’œuvre ne pèse guère sur les bilans exercent une forte pression sur les salaires des ouvriers et employés. Le recul de l’Etat et des investissements publics frappe les équipements collectifs d’obsolescence. Tout cela crée une insécurité et une rancœur sociales d’une ampleur toujours plus grande et ce n’est pas tout.

Comme dans le reste du monde occidental, il faut aussi compter avec un décalage culturel croissant entre les couches populaires et les milieux urbains les mieux éduqués. Les seconds se préoccupent, à juste titre bien sûr, des inégalités dont les femmes continuent à être victimes alors que les premières s’inquiètent de la baisse de revenus des hommes qui, dans les classes les moins favorisées, restent souvent seuls en charge de leur famille. L’évolution des mœurs a aussi ses laissés pour compte, les mêmes que ceux de la progression du PIB.


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Photo de Une : PAUL J. RICHARDS / AFP

 

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “Le trumpisme n’est pas qu’américain, gare aux colères populaires en Europe”

  1. …Bien sûr qu’il y a danger quelque part. Voila bien de ces réflexions creuses (et pour cause) qui sont causes de l’opinion, et du troupeau qui la beugle. Quel danger, hors celui de ne plus être de ce cheptel qu’on nourrit, et qu’on endort pour mieux l’asservir et en tirer parti. Hors ce fait capital qui vous rassure, pensez-vous qu’hors vos clôtures ne sont que les loups, et les hyènes ? C’est bien fermer les yeux que de ne point vouloir voir que l’herbe sous vos pieds, et les panses replètes qui vont avec vous de conserve au milieu d’autres, si bien qu’il n’est d’autre horizon que ces ventres toujours ruminant, et que votre avenir s’y dessine tout autant que vos rêves y pourvoient.

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