Les Egyptiens tenus au silence par le régime de Sissi

Par Jenna Le Bras, correspondance, Le Caire (Egypte), le 30 avril 2016

Le JDD


Passé l’état de grâce, tous les régimes militaires finissent ainsi. Dictature, totalitarisme… J’en passe et des meilleures. Et c’est cela que vous souhaitez pour la France ? Si oui, je vous souhaite beaucoup de courage car vous déchanterez vite. Mais il sera trop tard. //RO

 


REPORTAGE – Disparitions forcées, arrestations, procès en masse… De plus en plus critiqué pour son autoritarisme et son manque de réussite économique, le régime du maréchal Al-Sissi tente de mater toute contestation naissante.

Une semaine après la du lundi 25 avril, ils sont encore plusieurs dizaines à croupir dans les commissariats égyptiens. Certains sont accusés de lourdes charges comme « incitation à la rébellion » ou « violation de la loi anti-manifestation ». Des accusations récurrentes qui assurent au bas mot des peines d’au moins quinze ans de prison. Ce lundi-là, des Egyptiens avaient pris le risque de descendre dans la rue. C’était la deuxième manifestation en dix jours. Les premières depuis novembre 2014, date de l’acquittement de Moubarak dans son procès pour meurtre de manifestants.

Attaqués dans leur nationalisme légendaire et épuisés des espaces de libertés réduits à peau de chagrin, ils ont voulu protester contre la rétrocession de deux îles à l’Arabie Saoudite sous le slogan « L’Egypte n’est pas à vendre ». Signe qu’un nouveau souffle contestataire est en train de se former. « C’est le début de quelque chose! » s’enthousiasme Amr. « Il y a deux mois, les gens n’auraient jamais osé critiquer le président en public, aujourd’hui, on sort dans la rue en l’insultant de traître (…) Il y a encore quelques jours, ma mère avait le portrait d’al-Sissi dans le salon, elle l’a arraché ».

« La loi anti-manifestation, ça ne s’applique pas à tout le monde »

Cette nuit là, Ahmed a dormi chez des amis, pas loin du centre-ville, pour être sûr d’être à l’heure au rassemblement. Comptabilisant plus de 1.000 participants sur Facebook, la manifestation est annoncée à Tahrir. Mais dès le petit matin, ce sont les partisans d’al-Sissi, tous youyous et banderoles dehors qui sont déversés par des camions de police sur la place symbolique. « C’est drôle, la loi anti-manifestation ça ne s’applique pas à tout le monde! », s’agace alors Ahmed en scrutant l’écran de son téléphone.

La trentaine fraîche, l’homme est de ceux qui veulent profiter de cette rare opportunité pour dire leur mal-être sous la chape de plomb imposée par le régime d’Abdel Fatah al-Sissi. Sur son fil Twitter, les mauvaises nouvelles affluent : « Six personnes ont déjà été arrêtées en centre-ville, tout est bouclé, on ne pourra jamais accéder au point de rassemblement ». La manifestation n’a pas commencé que l’enthousiasme se fane déjà. Par le biais de messageries cryptées, le rendez-vous est délocalisé sur une petite place excentrée « parce-qu’ils ne nous attendent pas là et que les issues sont multiples quand ils vont taper », expliquent les activistes.


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Illustration de Une : Des forces de sécurité au Caire dispersent des manifestants. (Reuters)



Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

One thought to “Les Egyptiens tenus au silence par le régime de Sissi”

  1. il n’y a pas de choix c’est ou Sissi ou la guerre civile comme en Syrie avec les dommages collatéraux 100 fois plus important pour nous que la Syrie, nous demandons pas un régime militaire en France, mais que les gouvernements appliquent pleinement les lois de la république pas des substrats de loi comme maintenant

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