« Les élites politiques ne cherchent plus à susciter l’espoir mais à jouer sur la peur »

Par Thomas Coutrot, le 26 janvier 2016

France Attac

 

 

Incapable d’obtenir le moindre résultat en matière de lutte contre le chômage et les inégalités, le gouvernement se réfugie dans la manipulation de la peur et du repli sur soi, estime l’économiste Thomas Coutrot, porte-parole de l’association altermondialiste Attac. Car répondre au terrorisme par la déchéance de nationalité, c’est plonger dans un imaginaire où l’ennemi ne saurait être français. Il est tellement plus facile de pointer un « barbare » venu de l’étranger. « Pour en finir avec le terrorisme, faut-il éradiquer les terroristes au prix du renoncement à la liberté, à l’égalité et à la fraternité ? Ou bien faut-il prendre enfin au sérieux la devise de la République ? »

L’improbable basculement de François Hollande, de « président ordinaire » obnubilé par le chômage à « chef de guerre » implacable contre le terrorisme, est d’autant plus révélateur que le personnage semble à contre-emploi. Pathétique retour de virilisme, tout se passe comme si le chef de l’État, héritier malgré lui d’une tradition impérialiste, d’une force de frappe et d’un siège au Conseil de sécurité, ne pouvait résister à la tentation d’exhiber ses attributs militaires pour masquer une impuissance par trop criante en matière économique et sociale.

Lors de ses vœux de décembre 2012, François Hollande avait promis « d’inverser la courbe du chômage d’ici un an  ». En décembre 2013, il vantait le « pacte de responsabilité » qui allait relancer la croissance, et en décembre 2014 le plan de « 315 milliards d’euros » du Président de la Commission européenne Juncker et la loi Macron qui allait « libérer les initiatives et développer l’emploi  » (lire aussi sur BastaMag : « Moi Président » : trois ans de dérégulation du droit du travail et d’augmentation du chômage).

Cette année, le ton a changé. Les attentats de 2015 l’autorisent à mettre au premier plan le terrorisme, la sécurité, l’état d’urgence, la patrie et la déchéance de nationalité pour les terroristes. Certes, mention est faite d’un « état d’urgence économique et social ». Mais la lutte contre le chômage, rituellement évoquée comme « première priorité », se réduit désormais à deux slogans : la « simplification du Code du travail » et un énième « plan massif de formation des demandeurs d’emploi ». Hormis l’évocation d’un énigmatique « programme de grands travaux pour la croissance verte » (sans financement nouveau annoncé), les marqueurs habituels du discours hollandiste – « maîtrise des déficits », « compétitivité », « emploi », « croissance » – ont disparu, comme usés d’avoir perdu tout lien avec le réel.

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Photo : Gustave Deghilage, licence Creative Commons By-Nc-Nd 2.0.

 

 

 

1 réflexion au sujet de « « Les élites politiques ne cherchent plus à susciter l’espoir mais à jouer sur la peur » »

  1. ILS N ONT RIEN INVENTE ! Ils sont si nuls qu’ils ne peuvent même pas se retourner vers David Galula même adulé par Petraus pour trouver une idée qui pourrait les relever de leurs bêtises !

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