Les États-Unis dangereux comme un fauve blessé

Christophe Trontin, le 16 janvier 2017
Le Grand Soir


Peut-on déjà parler de « grandeur et décadence » des Etats-Unis d’Amérique ? 

Il m’arrive souvent d’y croire.

//RO


 

Depuis le 11 septembre 2001, l’Amérique n’est plus l’Amérique. Avec l’élection de Donald Trump, elle poursuit sa descente aux enfers. Elle qu’on a connue triomphante, impériale, dominatrice, parfois magnanime, est méconnaissable. Voyez les débats sur Youtube, les talk-shows sur FoxNews, sur CBS, sur HBO… La paranoïa retrouve outre-Atlantique des niveaux inconnus depuis l’époque du Maccarthysme.

Le monde à l’envers : traversant le miroir des doubles standards, les bourreaux s’érigent en victimes. Hackant depuis des décennies serveurs et routeurs du monde entier, entreprises et États, alliés ou ennemis, ils pleurnichent sur les « cyber-attaques russes et chinoises » ; sponsors de centaines de groupes terroristes et d’ONG subversives, ils redoutent les attentats d’Al-Qaeda et de Daech ; champions de la manipulation d’élections étrangères, ils fulminent que Poutine leur aurait gâché la leur. Rumeurs, affirmations, rapports interprétés et réinterprétés jusqu’à la nausée… le complotisme se généralise comme un cancer, depuis les survivalistes des couches les plus modestes jusqu’aux castes les plus privilégiés de Washington. Barack Obama lui-même cède à l’hystérie ambiante et dénonce sans preuve la « main de Moscou » qui aurait fait élire M. Trump (sans toutefois, cherchez l’erreur, avoir influencé le vote ni le comptage des voix, dixit le rapport de la CIA, le FBI réservant sa position).

Expulsion de diplomates, renforcement des sanctions, diabolisation médiatique sans précédent de M. Poutine, il prend des mesures désespérées, quoique peu efficaces, pour brouiller autant que possible les relations de la future administration avec le Kremlin. Avant même l’entrée en fonctions du milliardaire, le populisme prend ses quartiers à la Maison Blanche, le futur pouvoir se dispute ouvertement entre magnats du pétrole et membres de la famille.

Népotisme, corruption, hystérie médiatique : effondrement d’un empire.

Les élections de novembre 2016 ont révélé l’ampleur du malaise. Pendant la campagne, de nombreux Étasuniens ont déploré le choix calamiteux dans lequel ils étaient enfermés. Dans un pays plein de gens créatifs, charismatiques et talentueux, cette alternative entre peste et choléra que leur laissait le système des primaires avait quelque chose de surréaliste, de scandaleux.

L’Amérique aborde une phase critique de son histoire, et le monde entier avec elle. Le risque est immense : dangereuse comme un fauve blessé, elle se trouve des ennemis aux quatre coins du monde. Impliquée dans des logiques contradictoires, elle se livre à elle-même, par alliés interposés, une guerre impitoyable. Aveuglée par la douleur, en proie à une terreur impuissante, elle sur-réagit, frappe, se déchaîne, et semble prête à entraîner à tout moment le reste du monde dans une guerre mondiale suicidaire.


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Illustration par LGS

 

 


 

 

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

3 thoughts to “Les États-Unis dangereux comme un fauve blessé”

  1. A GEBE: Quel commentaire! avec des idées comme cela c’est sûr qu’après la débâcle du socialisme bien prévisible, on aurait droit à la pire catastrophe qu’on ne pourrait imaginer. Est-ce que vous vous rendez compte que tous les pays sont actuellement interdépendants et que l’isolasionisme serait l’entrée dans un tunnel sans sortie, un aller simple vers une déconstruction totale de notre pays? j’ose encore espérer qu’on ne va pas prendre cette direction.

  2. La situation eut été aussi préoccupante si madame Clinton avait été élue présidente. Il faut attendre la suite des événements . On sait très bien qu’il y a une marge entre la volonté de mettre en pratique les projets incendiaires du futur président et la réalité d’un pays démocratique où il ne peut pas tout faire sans l’aval des assemblées.

  3. Mais bon sang, pourquoi sans faire.
    The right man in the right place. Comme ils disent. De toutes façon c’est mieux que : « les affaires privées, restent des affaires privées de « MoiJe ». Alors, restons sereins. « Il » va s’occuper des affaires américaines d’abord et nous, pauvres petits européens et français surtout, on ferait mieux de faire de même.
    Mettre des bons « hommes » aux bons « postes ». Et pour cela, il faut auparavant,
    Rapatrier nos OPEX, revoir nos forces de l’ordre, revoir nos matériels de combats, remettre nos frontières sans demander l’avis de personnes et surtout pas de Bruxelles, et faire appliquer nos lois nationales avant celles de l’Europe.
    « Charbonnier est maitre chez soi ».
    Et puis, comme « lui »(Make America great again), lançons un plan national pour fabriquer sur notre sol des véhicules électriques bon marché comme les Dacia de Renault. Comme cela, les écolos seront heureux de voir la pollution parisienne diminuer. Et le pays de se défaire un peu, voire beaucoup de son besoin d’énergie pétrolière. Et nos centrales atomiques électriques moins critiquées par ces « verts ».
    « Si tu veux la Paix, prépare la guerre ».
    Alors, en même temps, demandons aux géants du BTP de construire des abris anti atomiques pour des populations entières, comme l’ont fait les vietnamiens, en d’autres temps dans leurs jungles.
    Et encourageons les PME du bâtiment de construire des abris du même genre pour les habitants de maisons individuelles en régions.
    Et tant que nous sommes encore, dans l’utopie organisationnelle, on ne pourra pas s’organiser efficacement, sans connaitre le plus précisément possible, ce qui constitue notre nation, et surtout les multi ethnies qui vivent sur notre territoire, avec ou sans autorisations légales. Alors faisons un comptage précis des différentes composantes de notre population avant que certaines, plus nombreuses que d’autres ne veulent appliquer sur notre sol des pratiques politiques inadaptées à notre pays.
    Et comme il faudra surtout des gens qui prennent leurs responsabilités pour manoeuvrer le grand bateau ivre que le socialisme d’état nous a légué, alors, tout ceux qui seront en charge de ces fonctions, ne devront jamais avoir été « fonctionnaires », toujours être passés par le « privé », et avoir gagnés leurs galons et la reconnaissance de leurs collaborateurs grâce à leur management et à leur talent. En d’autres termes, plus aucun responsable politique ne devra être un « employé de l’Etat ». Et le tirage au sort sera remis en vigueur pour accompagner chaque responsable politique nouveau.

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