Les Gendarmes en colère : chronique d’un malaise sans nom

Le 1er janvier 2015 par Le Rouge & Le Noir

 

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Mais que se passe t-il chez les gendarmes ?

Cela pourrait être le titre d’un film étalant les nouvelles péripéties du maréchal des logis chef Cruchot et de l’adjudant Gerber de la légendaire brigade des gendarmes de Saint-Tropez, mais hélas la réalité est tout autre…

Car depuis quelques mois déjà, le sentiment de colère ne semble pas épargner cette institution d’élite pluriséculaire qu’est la Gendarmerie Nationale héritière de la Maison du Roy et de la Maréchaussée de France.

Le Sénat dans un rapport public « Quel avenir pour la Gendarmerie ? » de 2007 et 2008 [1] soulignait déjà un malaise au sein de la Gendarmerie Nationale durant l’été 1989, ébranlé par les évènements de l’été 1988 qui virent la mort de quatre gendarmes en Nouvelle-Calédonie. De nombreuses lettres anonymes envoyées au commandement soulignaient la pénibilité du travail notamment quant aux horaires de travail et d’astreinte, à la qualité des logements de fonctions et déjà au manque de considération de la part de l’État et de la population française. Cette première crise fut résolue par des « états généraux de la gendarmerie », et le lancement d’une « rénovation du service public de la gendarmerie », qui se traduisit par une réforme profonde de l’organisation, des conditions de travail et des mécanismes de concertation au sein de la gendarmerie.

Une nouvelle fois au début des années 2000 et plus précisément en décembre 2001, la Gendarmerie a manifesté son mécontentement face au contexte marqué par le mise en place des 35 heures par le gouvernement Lionel Jospin mais également l’insuffisance des effectifs, la vétusté des locaux et des matériels ainsi que le décrochement social et indiciaire des personnels. Même si la crise de décembre 2001 a pu être résolue, elle semble avoir laissé un grand traumatisme au sein de la gendarmerie et un certain ressentiment de la part des armées.

Si la Gendarmerie a pu se maintenir dans le paysage français depuis le Moyen-âge et traverser des périodes aussi riches que sombres de notre histoire telles que le fut la Révolution Française ou les divers changements politiques du XIXe siècle et de la IIIe république c’est notamment parce qu’elle a su faire preuve d’une grande capacité d’adaptation et de souplesse, caractéristique de ce corps militaire. Le caractère militaire de l’institution constitue d’ailleurs un atout tant dans la discipline dont elle fait preuve que dans la formation sérieuse qu’elle offre et le professionnalisme avec lequel elle remplit sa mission de maintien de l’ordre public. Sa connaissance du terrain et sa proximité avec la population en font à juste titre un corps particulièrement doué et sans égal.

Hélas aujourd’hui, voici que la Gendarmerie connaît un malaise peut-être plus grave que les crises qu’elle a déjà traversées. Le général de corps d’armée Bertrand Soubelet, alors Directeur des Opérations et de l’emploi de la Gendarmerie Nationale, dans son audition près la commission parlementaire de « Lutte contre l’insécurité » à l’Assemblée Nationale [2] en décembre dernier dressait une fois de plus un constat alarmant sur la vétusté des matériels, l’insuffisance numérique des effectifs, le manque de reconnaissance qui compromettent de plus en plus la mission qui leur est assignée. Il ressortait également de cette audition l’incohérence des politiques pénale et judiciaire du gouvernement face à la délinquance toujours grandissante. Le général Soubelet rapportait à juste titre que « les gendarmes sont de plus en plus inquiets car on prend plus soin des auteurs que des victimes. »

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

2 thoughts to “Les Gendarmes en colère : chronique d’un malaise sans nom”

  1. Mais Colonel,
    parler c’est bien,
    gesticuler avec des mots c’est génial,
    mais cela reste que du vent.

    Jean Sassi, aurait honte, non des dirigeants politiques, mais comme à son époque, des dirigeants de son corps.

    Les étoiles, malheureusement, ne brillent que la nuit; et nul allusion au général et le fait qu’il est décidé de devenir général sans l’approbation de son gouvernement.

    Colonel, lorsque la paix sombre dans les méandres d’une dictature, l’insurrection n’est plus à combattre, c’est plus une question d’organisation.

    Ce que vous cherchez, c’est un homme d’état, une personne qui n’est pas du sérail corrompu (par négligence ou volonté).
    J’apprécie les articles que vous partagez, et ceux que vous écrivez, je ne partage pas toujours vos opinions, mais sachez que si
    le silence est d’or,
    et que
    la parole d’argent,
    alors,
    sachez, que mes couilles sont en diamant;

    que je vous fasse sourire,
    ou simplement rire,
    sachez, qu’un jour la France sera votre, elle sera notre, les français ne sont pas racistes, c’est une connerie, ils ne sont pas chiens, ils veulent juste la paix et le confort, et point essentiel qui en découle, que la justice soit indépendante de l’excutif ??? blabla vous savez parfaitement ce que je veux dire;

    les français, quelque soit leur sexe, leur religion, leur age, leur couleur, sont tolérant mais ne comprennent pas pourquoi après tant d’efforts, ils devraient abandonné le privilège qu’est le fait d’être de français,
    car être français est un privilège unique au monde, c’est peut être le seul privilège que France leur a promis depuis 2000 ans,
    celui de vivre sans se le dire voir en l’oubliant, librement, également et de manière fraternelle.

  2. La présence du général Favier à la tête de la Gendarmerie rassure les gendarmes qui reconnaissent en lui un vrai chef expérimenté , loyal et attentif aux problèmes prioritaires des conditions de d’exécution des diverses missions de l’Institution. L général Favier bénéficie donc, pour la première fois depuis longtemps de l’estime de ses personnels. Il est bien évident que cette position agasse le monde politique qui ne fonctionne que pour ménager ses arrières et ses côtés pour des raisons électorales. D’autre part la mise sous tutelle de la Gendarmerie sous le ministère de l’intérieur se révèle être une énorme erreur tout d’abord pour une raison simple, la Gendarmerie, respectueuse des lois et des règlements de la République ne peut plus s’ opposer à des décisions arbitraires et illégales prises par les représentants du gouvernements, (Préfets et sous-préfets), puisqu’ils sont placés sous leur autorité pour emploi. Ensuite, on sait bien que les syndicats de police tout puissants, militent pour une fusion de la Gendarmerie dans le corps policier . Cette formule a été concrétisée en Belgique et cela a été une erreur. Enfin il ne faut pas mélanger des personnels aux différents statuts et la majorité des personnels de la gendarmerie était opposée à ce transfert . Les gendarmes foncièrement fixés dans un charisme total pour ce qui concerne la réputation de leur Institution, sont respectueux de leur hiérarchie et d’une forme humaine et efficace de la manière dont sont assumées leurs missions. La gendarmerie s’est adaptée à l’évolution de la société et a montré son efficience professionnelle a travers le monde , la prolifération des nombreuses forces de Gendarmerie dans divers pays de plusieurs continents témoigne de la fiabilité d’un corps irremplaçable dans la lutte contre l’insécurité et dans le cœur des français. Les gendarmes ont besoin de considération et des moyens pour assurer leurs tâches quotidiennes.

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