Les musulmans de Barcelone craignent de perdre leur Espagne tolérante

Par AFP le 20.08.2017

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Cet article m’a conduit à me poser les questions suivantes : Pourquoi les Espagnols sont-ils plus tolérants que les Français vis-à-vis des communautés musulmanes ? Pourquoi ces mêmes communautés n’hésitent pas manifester leur opposition au terrorisme islamique alors qu’en France, nos communautés restent murées dans un immobilisme craintif ? Parmi mes éléments de réponse, je reste persuadé que le fait religieux en Espagne est beaucoup plus marqué que chez nous où la pratique de notre religion n’est plus que l’ombre d’elle-même. Et donc la tolérance et la solidarité sont bien plus marquées une fois encore en Espagne qu’en France, où le chacun pour soi est devenu une nouvelle mamelle. Serions-nous en France plus xénophobes et islamophobes qu’en Espagne ? C’est une évidence. Je vous invite à faire cette petite introspection et je vous remercie par avance pour vos commentaires. A toutes fins utiles, je précise aux trolls en tous genres que les insultes, j’en ai rien à cirer. //RO

 

 

Une femme brandit une affichette sur laquelle est écrit: « Je suis musulmane catalane, je ne suis pas terroriste. L’islam c’est la paix », le 19 août 2017 sur les Ramblas de Barcelone-AFP/LLUIS GENE

L’imam Raja Miah du quartier de Raval à Barcelone a croisé moins de fidèles depuis les attentats en Catalogne. L’importante communauté musulmane du quartier se fait discrète, craignant de ne plus vivre l’harmonie entre communautés religieuses qui règne en Espagne.

« Les gens ont vraiment peur », explique le jeune Raja Miah, assis dans une pièce minuscule tandis qu’à côté, des enfants étudient le Coran dans cette modeste mosquée proche des Ramblas, l’avenue endeuillée par l’attentat où 13 personnes ont trouvé la mort jeudi.

« Dès qu’ils sortent, les gens ont peur. Ils sont peu nombreux à venir prier. D’habitude nous sommes une quarantaine, mais hier soir, nous étions quinze et ce matin, dix », expliquait samedi le jeune religieux de 23 ans, arrivé il y a neuf ans dans la capitale catalane.

La communauté musulmane du pays avait la sensation jusqu’à présent de vivre dans une petite oasis d’entente.

En Espagne, les partis d’extrême droite sont isolés. La société accepte bien la différence. Seuls 4% des citoyens estiment que l’immigration constitue un problème, selon les études d’opinion du Centre de recherches sociologiques (CIS).

Après la vague d’attentats du groupe Etat islamique (EI) en Europe, le nombre d’actes islamophobes a tout de même flambé, passant de 48 à 534 entre 2014 et 2015, selon la Plateforme citoyenne contre l’islamophobie.

– Quelque chose a changé –

 

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

8 thoughts to “Les musulmans de Barcelone craignent de perdre leur Espagne tolérante”

  1. Je souhaiterais reproduire Mme Badinter qui disait : » Il n’est que temps de réagir : tendre la main a nos concitoyens musulmans qui adhèrent aux lois et aux valeurs de notre RÉPUBLIQUE, tout en combattant sans défaillance ceux qui n’aspirent qu’a nous imposer les leurs.
    Mais souhaite-t-on le faire ?

  2. Bonjour,
    Plusieurs explications au fait que les populations musulmanes de Catalogne, et plus largement, d’Espagne, sont moins sources de problèmes que celles de France.
    Avec seulement 4% de musulmans, l’Espagne est légèrement en dessous du seuil du deuxième stade de la conquête musulmane : À quelques exceptions près ils n’ont que des braves gens, venus pour vivre comme les gens du pays, en acceptant la culture environnante. C’est la population d’honnêtes travailleurs, mais aussi d’étudiants que nous avions avant 1964, qui vivait en parfaite harmonie avec des chrétiens, des juifs, des athées des communistes, des français de souche et des immigrés de diverses origines tous respectueux de notre culture (enfin, pas vraiment, car les communistes voulaient déjà faire disparaître toutes trace de chrétienté). Je parle en connaissance de cause : j’ai vécu dans un de ces grand immeubles du pourtour parisien; logement social qui était alors tout à fait suffisant pour les français de souche ou de cœur.

    La seconde raison est effectivement celle de la colonisation. L’argument est juste, mais incomplet : Il y a un peu plus d’un an, ma nièce qui vit à Barcelone parlait des attentats de Nice avec un autochtone. Celui-ci lui disait “Nous n’avons pas de problème avec nos anciennes colonies, car partout où nous sommes allés, nous n’avons toléré aucune autre religion que la religion catholique”.
    Il fallait y penser, mais à regarder de près, quand on examine la conquête Espagnole, l’extermination des populations locales, la conversion obligatoire, cet argument contient certainement une part de vérité.
    Quant à la haine que nous portent les populations du Maghreb, on peut la comprendre : C’est un moyen de gouvernance pour les actuels dirigeants, et on ne peut leur en vouloir; par contre, on pourrait faire disparaitre cette haine chez les populations qui vivent chez nous en révélant la vraie Histoire, qui malgré l’incompétence de quelques dirigeant SFIO, malgré les turpitudes de certaines riches familles bourgeoises qui exploitait les travailleurs des deux côtés de la Méditerranée, malgré les trahisons et les massacres (commis par le FLN) des trois dernières années d’Algérie française et dans les deux ans qui ont suivi, on verrait un bilan largement positif, bien plus que ce qu’à laissé n’importe quel pays colonisateur. Les Tunisiens, qui ne sont pas ceux qui en avait le plus profité, sont ceux qui ont su le mieux conserver ce que le savoir-faire français leur avait apporté; malheureusement, l’Algérie, département le mieux équipé de France du temps où c’était un département français, a saccagé presque tout ce que nous avions laissé; le FLN a égorgé les ingénieurs et cadres divers que nous avions formés dans les écoles de la République (ça aussi, c’est français : Il n’y avait pas de ségrégation dans nos colonies). N’oublions pas aussi l’énorme cadeau que nous avons fait à l’Algérie (en petite partie au détriment du Maroc) : Le Sahara, son gaz et son pétrole.
    Et si l’on remonte l’Histoire, il faut quand même savoir que jusqu’au VIIIème siècle, le Moyen-Orient était Chrétien et en partie juif; il n’est devenu Musulman que sous la contrainte, parfois assez tardivement.
    Il est d’ailleurs possible que les valeurs de tolérance que l’on trouve chez ce que nous appelons “les bons Musulmans”, et qui sont en fait de mauvais musulmans au regard du Coran (dans sa deuxième partie, dite “de Médine”), sont quelques réminiscence des notions d’amour du prochain propre aux religions chrétiennes (et sous une autre forme dans les religions bouddhistes), moins explicité, mais aussi bien présent chez les Juifs.

    Quand les musulmans d’Espagne dépasseront les 5%, viendra chez eux aussi la deuxième phase de conquête (caïds de banlieue, contrôle des quartiers et des communautés, exigence de traitements spéciaux : Nourriture hallal dans les cantines et les prisons, aménagement des horaires pour le Ramadan, exclusion des charcuteries des quartiers musulmans, petit à petit, obligation pour les musulmanes de se voiler…

    La suite on la connaît : Nous la vivons actuellement. Elle avait été prévue à ma mère en 64 par une voisine musulmane qui redoutait cette évolution inéluctable. Un propos assez semblable m’était tenu récemment par un brave Libanais qui tient étal le mercredi sur un marché de ma ville.

    La finalité, nous en avons des exemples : Tout le Maghreb et le Moyen-Orient, converti de force ou égorgé; les femmes pas assez voilées, lapidées;
    Les filles mariées de force à 15 ans, et là je parle du Maghreb, qui garde encore des traces de notre civilisation occidentale, mais le prophète a donné l’exemple en épousant une fillette de neuf ans pour compléter son harem déjà bien pourvu : Aux émirats, ce n’est pas chose exceptionnelle.
    Je ne parle pas de l’égalité sociale, de la liberté de penser, encore moins de la liberté d’expression, car chez nous, elle est déjà largement battue en brèche. Je n’évoque même pas le problème de cruauté envers les animaux, les problèmes agricoles, car il ne faut pas oublier qu’avant la plantation de la forêt algérienne par la France, l’Algérie des époques romaine et chrétienne était devenue un désert sous l’effet des troupeaux de chèvres – Les gouvernants Tunisiens, plus intelligents, avaient règlementé cet élevage.

    Et pour clore le chapitre colonisation : Les trafiquants, caïds et bandits viennent en partie du Maroc et d’Algérie (souvent parce qu’on ne les veux pas chez eux), mais les plus durs dans la pratique du vrai Islam ne viennent pas nécessairement de ces pays. On a des communautés comoriennes ou Maliennes exemplaires sur ce point, on a des Turques dont on aperçoit que les yeux, et encore. Mustapha Kemal doit se retourner dans sa tombe !
    NB : Au Maroc la culture du cannabis est réglementée mais légale, il faut bien que cette production soit exportée. Au départ c’est plus de la criminalité qu’un problème d’Islam; toutefois, le Djihad récupère et utilise tous les moyens. La faute de la France, c’est, par peur d’être traité de raciste, d’avoir accepté de la part des musulmans une criminalité naguère interdite à quiconque.

  3. Bonjour,

    Ces dramatiques évènements ont montrés Une chose: la presse française, nationale et régionale, de raconte pas les faits précisément; pire, ces médias minore ou accentue certains points afin de jouer le jeu de courants politiques pour lesquels aucun français n’a voté.

    Voilà, maintenant c’est un évidence, pour moi et pour beaucoup: la France est en guerre, contre les terroristes islamiques mais également contre ceux qui instrumentalisent les actualités afin d’induire la perception que les citoyens ont de ce terrorisme.

    Cordialement,
    Jean Sassi.

  4. Mon cher Régis.
    Pour une fois, je ne serai pas d’accord avec vous sur tout. Je ne connais rien du sentiment des espagnols à l’égard de leur communauté musulmane, en revanche, non, les français ne sont ni islamophobes ni xénophobes (sauf à considérer que toute critique de l’islam doit être proscrite). Les français, dans leur très grande majorité, sont simplement persuadés qu’à Rome chacun doit se comporter comme les romains et ne supportent plus la remise en cause systématique par une certaine frange de la population de notre façon de vivre en faisant sécession par son mode de vie et ses coutumes importées. Je rêve d’une France où le modèle d’assimilation serait celui de la Légion Etrangère, où chaque musulman, juif, chrétien, animiste, etc… serait d’abord français avant toute référence à ses croyances (à cet égard l’expression « musulmane catalane » me met mal à l’aise parce que pour moi c’est l’inverse que cette personne devrait clamer… mais la traduction y est peut-être pour quelque chose). Par ailleurs, je m’étendrais un peu sur cette affirmation que vous citez en gras : « l’Islam c’est la paix ». Encore une fois non, pas seulement : l’islam de cette dame certainement mais hélas ce n’est que son interprétation, certainement majoritaire actuellement, et justifiée en s’appuyant sur des textes, mais l’interprétation qu’en donnent les islamo-fascistes s’appuie sur le même texte pour prétendre le contraire. Cette volonté d’affirmer que l’Islam n’est pas ce que les islamistes prétendent me rappellent singulièrement le discours qui disait que le communisme n’était pas l’interprétation criminelle qu’en avaient fait Lénine, Staline, Mao, Ho Chi Minh, et tous les tyrans qui s’en inspiraient : le communisme c’était aussi cela (la dictature, les camps de rééducation, etc…), comme l’Islam c’est aussi le salafisme et l’activisme violent. Enfin, vous vous interrogez pourquoi la population française musulmane reste craintivement muette. Votre argument tient la route, mais à mon avis, il reste loin derrière une raison toute simple : les principes de la guerre insurrectionnelle restent inchangés depuis Mao, et la population va toujours chercher à ménager celui des belligérants dont elle a le plus à craindre (et dans certains quartiers, ce n’est pas la représentation de l’Etat que la population craint le plus). Face à cela, il y a toutefois une lueur d’espoir : les principes de la guerre contre insurrectionnelle énoncés par Galula restent eux aussi d’actualité… pas sûr cependant que nos hommes politiques et les cadres du ministère de l’Intérieur les connaissent.
    Bien à vous.
    Semper fi

  5. cela est peut-être dû en partie au passé « colonial » de la France notamment avec l’ Algérie où plus de 60 ans après il n’est toujours pas possible d’avoir des relations normales avec ce pays.
    La haine de la France est toujours enseignée en Algérie , les jeunes algériens sont plus virulents que les anciens
    La communauté algérienne est importante en France et a une mentalité très différente des autres communautés notamment marocaines

  6. bonsoir : effectivement, je pense que le fait religieux est plus marqué en espagne que j’ai trés vaguement visitée ( catalogne et navarre ) : il y a des églises, des manifestations chrétiennes, des cérémonies.. les catho se sont pas obligés de se  » cacher ». Peut etre que si on a une  » identité » assez fermement définie, on sait qui on est et d’où l’on vient, donc on tolére mieux les autres.
    En tout cas, on se sent  » mieux » en espagne, pour le peu que j’ai vu… gens moins agressifs, moins énervés qu’en France, plus de bon sens.
    finalement, avoir des » murs porteurs » parait assez important.

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