Les retraités, nouvelles vaches à lait du gouvernement

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« Le couperet est tombé et le réveil va être difficile ».

En effet, une nouvelle séquence politique et économique est sur le point de s’ouvrir, avec l’obligation pour Paris d’envoyer des signaux forts à Bruxelles.

Des engagements clairs sont donc sur le point d’être pris en matières de réduction des dépenses publiques sauf qu’il ne s’agit pas de réduction de dépenses mais de taxation supplémentaire déguisée… 

Après une campagne de presse savamment orchestrée qui pointait du doigt le niveau de vie élevé des retraités et plus particulièrement ceux issus du baby boomers, le gouvernement pousse le trait plus loin en proposant de taxer les allocations familiales et les retraités, comme cela avait été préconisé par Didier Migaud, le premier président de la Cour des comptes.

Celui-ci a également estimé que fiscaliser la majoration des retraites pour les parents de 3 enfants pourrait rapporter 800 millions d’euros à l’État.

Je laisse volontairement de côté la taxation des allocations familiales, citée ici pour mémoire.

Autres mesures « d’économies », le gel des retraites et la réduction des aides aux entreprises.

Dans son rapport final, la Cour des comptes estime que le travail de réductions des niches fiscales n’est pas achevée.

Parlons des niches fiscales.

Le Sénat a rejeté une série d’amendements visant à la suppression de l’abattement fiscal des journalistes. Cette niche leur permet de déduire jusqu’à 7650 € de leur revenu imposable.

Dans le même temps, le gouvernement envisage de supprimer pour les retraités l’abattement de 10% pour frais professionnels.

Pour les journalistes, le gouvernement considère qu’il s’agit « d’un soutien à la presse ». Ben voyons!

Autre lieu, autre privilège. 4623 € de prime de chauffage pour les fonctionnaires du Sénat. Et il y a 1120 fonctionnaires du Sénat au service de 348 sénateurs. Cette prime indexée sur le cours du pétrole et a ainsi doublée en 10 ans, pour un coût total d’environ 5 millions d’euros.

Un projet prévoit de baisser la prime à 3945 € en 2013 et de la supprimer pour les prochains fonctionnaires recrutés. Tollé général! La rigueur, c’est pour les autres.

On me souffle dans l’oreillette que l’abolition des privilèges a eu lieu le 4 août 1789. Qu’en reste-t-il ?

En guise de conclusion, je souligne le fait que les retraités ne sont pas, et ne seront pas les vaches à lait des socialistes.

Les retraités ne sont pas tous des grabataires et s’il le faut, nous descendrons nous aussi dans la rue pour nous joindre à cette foule de Françaises et de Français qui marcheront prochainement dans Paris et ailleurs.

L’Histoire repasse toujours les plats.

À bon entendeur.

Source photo : bforbank.com

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.