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L’état-major a été perquisitionné dans le cadre du dossier sur le transport aérien stratégique

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Par Nathalie Guibert, le 12 octobre 2017

Le Monde

 

 

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L’enquête, dont la portée précise n’est pas connue à ce jour, est conduite sous la direction du parquet national financier, qui a été saisi avant l’été par la Cour des comptes.

Une dizaine d’enquêteurs de la brigade de répression de la délinquance financière ont mené une série de perquisitions tout au long de la journée de mardi 10 octobre, à l’état-major des armées et auprès d’un prestataire fournissant des avions gros-porteurs à la location pour les opérations extérieures de la défense. Des saisies ont été opérées sur des serveurs et des ordinateurs du Centre des opérations et des acheminements (CSOA), le centre spécialisé de l’état-major situé à Villacoublay, dans les Yvelines.

L’enquête, dont la portée précise n’est pas connue à ce jour, est conduite sous la direction du parquet national financier, qui a été saisi avant l’été par la Cour des comptes. Selon les dernières informations obtenues par Le Monde, la ministre des armées Florence Parly a, elle aussi, saisi la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, qui enjoint toute autorité constituée ayant connaissance d’un crime ou d’un délit d’en informer sans délai le procureur de la République.

Marché juteux

En cause : les conditions d’exécution du marché public passé en 2015 par la défense pour la sous-traitance du transport stratégique militaire (soit les vols entre la France et l’étranger), confié à la société française ICS. Un deuxième contrat, dit « SALIS », est passé dans le cadre d’une agence de l’OTAN pour répondre aux besoins.

La France ne possède aucun avion très gros-porteur. Elle les loue, nourrissant un marché juteux d’Antonov 124, d’Iliouchine 76 ou de Boeing 747. Avec ses propres avions, notamment les A400 M, dont seuls deux exemplaires sont disponibles sur onze actuellement, la France ne couvre au mieux qu’un quart de ses besoins, selon les périodes.

Les affaires des affréteurs privés ont prospéré ces dernières années, avec le retrait d’Afghanistan puis les déploiements au Sahel, en Centrafrique, en Irak et en Syrie. Le transport stratégique coûte au ministère autour de 160 millions d’euros par an (soit 15 % du prix des opérations extérieures), dont 50 millions à 60 millions pour l’aérien, le reste pour le maritime.

L’opacité de la gestion des vols entre la France et les zones d’opération extérieures avait été critiquée par la Cour des comptes dès octobre 2016. La juridiction financière avait alors évoqué des « anomalies ».

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

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