LETTRE MENSUELLE de L’ASAF 14/05

 

Par Henri PINARD LEGRY Président de l’ASAF Le 13 mai 2014

 

LETTRE MENSUELLE de L’ASAF 14/05.
« Ne pas subir ».
(Maréchal Jean de Lattre de Tassigny).

Madame, Monsieur,

Veuillez trouver ci-dessous la lettre d’information de l’ASAF du mois de mai 2014.

1- Cette lettre s’interroge sur la différence de traitement médiatique dont a bénéficié notre armée, au regard de l’importance des enjeux, entre la parution d’un livre sur les problèmes liées à la féminisation des forces et son engagement depuis 5 mois en RCA.

2- Pourtant, la mort récente d’un jeune sous officier des commandos parachutistes de la Légion étrangère tué au combat dans le nord du Mali nous rappelle que la France mène en Afrique une guerre de longue durée contre des adversaires redoutables. En RCA comme au Mali la France défend ses intérêts et, au premier chef, sa sécurité.

3- Pendant ce temps, et selon les premières informations communiquées par la presse, un autre légionnaire accompagné d’une jeune femme, a été attaqué au couteau par un dealer gare du Nord, à Paris. Il a réussi, malgré une blessure à la main, à neutraliser son agresseur. Son geste lui vaut … d’être incarcéré pour homicide volontaire!

Si les faits sont confirmés par l’enquête, et malgré la mort de l’agresseur, l’ASAF demande à ce que le comportement citoyen exemplaire de ce soldat, soit cité en exemple et honoré par les autorités.

Bien cordialement
Henri PINARD LEGRY
Président de l’ASAF
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Communiquer…oui mais sur l’essentiel

Peu après la parution de témoignages dénonçant des violences faites aux femmes dans les armées, le ministère de la Défense a répondu par une communication tous azimuts. Pendant ce temps, l’opération Sangaris en République centrafricaine, qui concerne pourtant 2 000 soldats français, est l’objet d’une communication des plus discrètes.

Une féminisation qui fait la fierté du ministre
Dans son audition du 15 avril 2014 devant la commission de la Défense de l’Assemblée nationale, présentant la situation des femmes dans les armées, monsieur Le Drian se félicitait que la France ait une des armées les plus féminisées du monde. Les femmes sont 60 000 au ministère de la Défense, représentant 40% du personnel civil et 15% du personnel militaire. Il déclarait que c’était là un grand motif de fierté !

Notons tout de même que derrière cette déclaration de façade, le ministre a rejeté toute trace d’omerta institutionnelle autour des cas de harcèlement sexuel constatés ces dernières années, heureusement rares et toujours sévèrement sanctionnés. Encore faut-il que les victimes, femmes ou hommes, portent plainte ; mais comment pourrait-il en être autrement de la part de militaires dont le courage permet d’affronter les situations les plus difficiles ?Dans sa communication, le ministre a annoncé la présence prochaine de femmes à bord des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. Chaque sous-marin ayant deux équipages, doit-on envisager de constituer à terme un équipage féminin au complet qui alternerait avec un équipage masculin évitant ainsi les inévitables problèmes posés par la mixité vécue plus de 60 jours en espace clos ?

Un engagement opérationnel qui rend muet le ministère
Cinq mois après le déclenchement de l’opération Sangaris et au vu des résultats obtenus, les Français ne comprennent toujours pas pourquoi notre pays s’est engagé si tard et avec si peu de moyens dans ce pays plus grand que la France, d’autant que les autorités politiques avaient connaissance, depuis le début, des exactions commises par les rebelles majoritairement tchadiens et soudanais de la Séléka. Nos concitoyens ignorent encore aujourd’hui le but exact que notre pays poursuit et la mission précise qui est confiée à ses soldats. Le flou domine. Dans ces conditions comment la Nation peut-elle soutenir son armée si le ministère n’explique pas, ne communique pas ou si peu ?

Nombre de militaires connaissant bien ce pays ont alerté puis dénoncé l’insuffisance des forces engagées au regard de la situation initiale et de son évolution.
Mais la suffisance de certains politiques et de leurs conseillers, se prévalant d’avoir passé quelques jours à Bangui, les a conduits à dénigrer ces experts militaires qui ont pourtant une solide connaissance de l’histoire tourmentée de ce pays et de la mentalité complexe de sa population.
Les forces françaises engagées en nombre insuffisant n’ont pas permis de désarmer les milices et de garantir simultanément la sécurité dans l’ensemble du pays. Les affrontements se durcissent rendant la sécurisation impossible sans le déploiement de nouvelles forces.
En n’engageant que 2 000 hommes et des moyens aériens trop limités, la France n’est pas en mesure de contrôler efficacement ce pays et de stabiliser de façon durable la situation.

L’armée est l’instrument d’une politique qui se doit d’être cohérente.
Or ce qui se joue en RCA et qui devrait être expliqué clairement aux Français, c’est la stabilité du pays et de la zone, la mise en place d’un Etat de droit et son développement économique. Il s’agit d’un engagement de long terme pour lequel la France a un rôle majeur à jouer. Les Français doivent comprendre qu’il est de leur intérêt d’accompagner ce pays si longtemps pillé et malmené ; c’est aussi le souhait des Centrafricains. Faiblement peuplée, dotée de ressources minières et agricoles importantes, la RCA possède les moyens financiers de son développement sous réserve de bénéficier initialement de l’appui de cadres civils et militaires.

Lire la suite de la lettre ici

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “LETTRE MENSUELLE de L’ASAF 14/05”

  1. Je me fiche des diverses considérations que je lis ici ou là, j’estime que lorsqu’on n’a pas d’argent on reste chez soi. « Quand même, merde, quand même! »

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