L’irrésistible ascension de François Fillon

Régis Ollivier, le 28 novembre 2016

Le Colonel


 

J’aborderai ici la victoire de François Fillon sous un aspect strictement personnel.

Il y a quelques semaines de cela, il n’était encore que le Poulidor de la Droite, l’ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy qui lui avait fait avaler les pires couleuvres, un mou en puissance, un homme sans charisme, j’en passe et des meilleures… Et absolument personne ne le voyait dans le trio de tête de la primaire des Républicains. Et voilà que dans la dernière ligne droite de cette primaire, François Fillon a été frappé par le Saint Esprit. D’un coup d’un seul, il devenait l’homme providentiel. Allant jusqu’à balayer son mentor, Nicolas Sarkozy, pseudo-grand favori et surtout véritable grand perdant de cette primaire de la Droite et du Centre, ainsi que son challenger, Alain Juppé, le véritable favori de cette consultation qui allait se transformer du coup en primaire de la Droite, du Centre… et de la Gauche.

Les résultats du premier tour auront été un terrible coup de massue pour les deux impétrants favoris et une révélation pour l’obscur François Fillon, qui terminera en apothéose à l’issue du second tour. Un véritable plébiscite. Exit Alain Juppé qui en ressortira vert de rage, lui qui avait mené une abominable campagne contre François Fillon.

Une fois encore donc, les urnes ont rendu leur verdict. Mais la victoire de Fillon – ou la défaite de Juppé selon le bout de la lorgnette par laquelle on regarde – appartient avant tout aux électeurs qui se sont déplacés pour remplir de leurs bulletins les urnes payantes. Car si l’on regarde, à la louche, les chiffres, c’est grosso modo 92% d’électeurs potentiels qui n’ont pas voté. Vous me direz que ce n’était pas une élection présidentielle. Certes! Mais c’était quand même une élection pour la présidentielle de 2017. Alors si comme moi vous ne vous êtes pas déplacés pour cette primaire, vous n’avez aucune légitimité pour en critiquer le résultat et surtout pour agonir d’injures le vainqueur de cette consultation ouverte à tous et vociférer sur les réseaux sociaux.

Je considère que l’élection de François Fillon est un pis-aller, les français n’ayant pas eu d’autres choix que ‘la peste ou le choléra ». Et donc, il faudra faire avec Fillon que j’ai moi-même soutenu « par défaut » pour faire barrage à Alain Juppé.

En ce qui me concerne, et durant tout le temps de la campagne pour la présidentielle de 2017, je resterai un observateur attentif des réalités politiques de la France quels qu’en soient les tenants et les aboutissants, dans un esprit critique constructif, en positif comme en négatif.

François Fillon est pour moi un candidat « par défaut » ou « le moins pire » des candidats et, partant :

« Faute de grives, on mange des merles »…

 

Le Colonel vous salue bien.


Illustration : http://www.ouest-france.fr

 

 


 

7 réflexions au sujet de “L’irrésistible ascension de François Fillon”

  1. ,,,@STEIGER

    Vous avez raison ,il y a des  » crétins  » et des « idiots utiles « qui ont voté à cette primaire

    Mais il y a aussi :

    des » connards inutiles  » qui jetent des statistiques et des chiffres débiles qui sortent de je ne sait où

  2. Sachant que Fillon a obtenu moins de 3 millions de voix sur un électorat ouvert de plus de 45 millions de citoyens inscrits, que sur ces 3 millions, un bon tiers relève de la stratégie, et non d’une approbation, que sur les 2 millions restant, 100000 sont statistiquement des crétins, 900000 des idiots utiles, et le reste, des marchands craignant pour leurs affaires, restent 43 millions de votants possibles, dont 15 millions d’abstentionnistes ou bulletins nuls, et 28 millions d’électeurs retors dont 8 millions qui ont osé voter FN, 8 millions qui votent droite-gauche par réflexe, et 12 millions qui en ont plein le cul et voudraient renverser la table, ce qu laisse à penser que le plus rhétoricien des candidats, celui qui saura émouvoir (les émotions des pauvres ne sont pas celles des riches, ni celles des simples celles des « zélites », encore moins des zélotes) emportera la mise. Encore faudra-t-il que son discours s’entende, ce à quoi déjà se bouchent des oreilles, d’autres s’impatientant, prêts à croire, prêts à tout, pourvu qu’on les invite au bal. L’enfer, quoi que tous en disent, est déjà pavé de bonnes intentions. Wait and see, comme dirait la femme d’un des diables déjà promu.

  3. Je me suis déplacée les 20 et 27 novembre et j’ai été très satisfaite de voir éliminés d’abord Sarkozy et ensuite Ali Juppé. Je suppose qu’au 2° tour des présidentielles ce sera Fillon contre Le Pen, auquel cas je sais pour qui je voterai.

  4. J’adore votre humour. Pourquoi une faute. Si je m’étais déplacé j’aurais voté Fillon aussi. Et s’il se retrouve face à un socialiste en 2017, il va sans dire que je voterai Fillon. Faut pas se tromper d’ennemi. A vrai dire, je n’ai été emballé par aucun candidat de droite, si ce n’est Fillon dans la dernière ligne droite. Cordialement.

  5. J’avoue ma FAUTE ;

    J’ai voté
    j’ai voté deux fois
    Pour FILLON

    j’avais quelqu’un d’autre en vue
    mais il n’ s’est pas présenté
    ou a été  » empêché »

    J’avoue ma Faute
    Depuis plus de 30 ans
    dés que je le pouvais
    j’allais voter

    dans une urne
    dans une enveloppe
    aucun papier
    toute vide
    je la déposai

    en allant chercher mes croissants
    Mon devoir de citoyen était fait

    J’avoue ma faute
    J’ai voté
    j’ai vote FILLON

    pas par amour
    plutôt un mariage de  » raison  »
    ras le bol d’être à chaque fois cocu

    C’est le seul qui se rapprochait le plus de mes idées

    Poisson : enfermé dans une nasse

    Le Maire trop jeune

    mon chouchou ( de droite) absent .

    j’avoue
    je le confesse
    j’ai voté » FILLON
    et je le referai encore deux fois
    Mais sans chèque en blanc.

  6. C’est exact. J’ai toujours pensé que cet homme n’avait de colonne vertébrale. Et puis rester 5 ans sous le joug de NS… Moi au bout d’un an j’ai demandé soit à remplacer mon supérieur hiérarchique, soit à partir. In fine, nous sommes « partis » tous les 2. MDR!

  7. Excellent billet Mon Colonel
    Toutefois, je l’ai déjà dit nous avons eu un président plus ou moins par défaut, alors un second ? EN TOUT CAS JE NE VOTERAI PAS POUR UN HOMME QUI EST RESTE A L’HOMBRE ! Je n’ai jamais vu cet impétrant faire un acte d’autorité alors que les problèmes s’accumulent sur la France et pour les résoudre il faudra une main d’acier dans un gant de velours !
    Je me soumettrai toutefois a la vox populi !

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