Manipulation gouvernementale au sein des Armées…

par 

Diviser pour mieux régner

Si l’union fait la force pour la majorité d’entre nous, la division est l’arme de destruction massive des socialistes lorsque ceux ci parviennent à se hisser « par défaut » sur la première marche de l’Etat, à savoir la magistrature suprême.

Fort d’un premier constat de division de la société au sortir du scrutin présidentiel, le PS n’a eu de cesse de mettre en oeuvre cette pratique inique dont le pic vient d’être atteint avec le passage « en force » de la loi sur « le mariage pour tous ».

D’autres lois, plus perfides encore, suivront, telle celle sur le droit de vote aux étrangers en soi-disant situation régulière en France, j’en passe et des pire encore…

Je n’en croyais pas mes yeux. En sous-main, presque en catimini pour qui ne s’intéresse pas à la chose militaire, on s’active dans l’entourage de François Hollande à fomenter la plus grande tentative de division, voire de déstabilisation de notre outil de Défense.

La raison invoquée étant de déposséder le Chef d’Etat-Major des Armées (CEMA), l’amiral Edouard Guillaud.

Le but non avoué étant de s’emparer du pouvoir au sein de nos forces armées car, c’est certain, en ces temps difficiles pour le régime en place, un putsch ne semble pas exclu… Un coup de force ourdi par les laquais de François Hollande destiné à s’assurer le soutien d’une nouvelle haute hiérarchie militaire lorqu’aura sonné l’heure des barricades.

L’hebdomadaire Le Point, sous la plume de Jean Guisnel, s’est récemment fait l’écho, sous le titre « le torchon brûle entre Le Drian et les chefs militaires » des velléités du ministre de la Défense de revenir sur les décrets définissant le rôle du CEMA. (notre article ici) Certains médias spécialisés ont tenté d’amplifier cette information mais de manière assez superficielle pour pouvoir lui donner tout son sens, à savoir une prise de pouvoir des politiques sur les militaires.

Il s’agit également de faire table rase du passé en effaçant les réformes conduites sous Nicolas Sarkozy pour renforcer le rôle et la fonction du premier des militaires français, l’amiral Guillaud. Lequel nous dit-on ne serait pas attaqué personnellement. Seul l’exercice de sa fonction serait remis en cause.

Le Drian et ses proches veulent prendre la main, mais pas que…

Des hommes sont particulièrement actifs sur ce dossier.

Le contrôleur général des armées (CGA) Jean-Paul Bodin, actuellement secrétaire général adjoint de l’administration du ministère de la Défense et responsable, entre autres, du défaillant système de paiement des soldes LOUVOIS. JP.Bodin qui, pour se dédouaner des gigantesques dysfonctionnements de LOUVOIS n’hésite pas à faire porter le chapeau à Nicolas Sarkozy (réforme de 2009) et partant au CEMA.

Il faut donc retirer la gestion des ressources humaines au CEMA et la confier aux politiques qui en feront un meilleur usage !

Mais à l’Etat-major des Armées (EMA), c’est un tout autre son de cloche.

« Si le CEMA ne peut abandonner sa fonction RH, c’est qu’il donne les ordres qui conduisent à la mort »selon un officier.

Alors, cette réforme, voulue par Le Drian, « est conduite à la hache par son directeur de cabinet Cédric Lewandowski et menée par une poignée de CGA, dont Jeacques Roudière, ancien DRH du ministère, qui abonde dans le sens du politique ».

Chacun de ces hommes a donc un intérêt personnel à appuyer les demandes des politiques au détriment de l’Institution.

Alors le politique veut convaincre les chefs militaires de la pertinence de ses choix au sein d’un groupe ad hoc, le CL32, animé par le directeur-adjoint du cabinet civil et militaire, le CGA Jean-Michel Palagos, lequel ne ferait pas l’unanimité selon Le Point qui cite le texte d’un message électronique envoyé par un collaborateur de Jean-Yves Le Drian à l’un de ses supérieurs.

Il a l’air d’un appel de détresse, que Le Point a livré in extenso, « dans son jus » :

« Je suis un peu inquiet. Il commence à être défendu l’idée par le cabinet qu’il existe des militaires fiables, ceux qui ne portent pas les armes : contrôleurs généraux, ingénieurs d’armement ou infra, etc. Et les non-fiables, ceux qui portent les armes, que Mahé, Carcassonne et Uzbeen ont démasqués, des mecs à présumer coupables, aux mains sales. On m’a récemment fait le reproche d’avoir du sang sur les mains car faisant partie des opérationnels. Qu’ainsi la gouvernance du ministère ne doit pas appartenir à des assassins présumés ou avérés, mais à des militaires aux mains propres. Nous avons tué sur ordre, cela faisait sens, nos consciences sont pures et légères. Jamais nous n’endosserons ce qu’ils veulent faire passer pour des crimes. Nos épaules ne supporteront jamais les responsabilités qui incombent aux décideurs politiques. Nous devons une bataille contre cela à nos subordonnés. Demain ne doit pas les mettre en taule de nous avoir obéi. Respectueusement. »

On le voit très clairement, la tendance est donc de diviser l’armée en deux catégories de personnels : ceux aux mains propres et ceux aux mains « sales ».

Le message du collaborateur de Le Drian en dit long sur l’état d’esprit qui règne depuis quelques temps au sein de la Défense.

Pour sa part, Jean Guisnel conclut en disant

« Le Drian, réveille-toi! ils sont devenus fous….. ».

Pour ma part, à l’instar de nombreux collègues, je pense que Le Drian est bien réveillé et renforce ces dissensions dont il se sert pour ce véritable coup de force.

Cette tentative de diviser l’Institution militaire pour mieux régner et, pour d’autres laquais du régime de socialiste d’assouvir des ambitions personnelles est une véritable honte…

Honte à vous donc !

Source photo : © Destoc : Le Télégramme:Maxppp

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.