Messieurs les curés, tirez les premiers!

Par Benoît Rayski, le 17 juin 2015

Causeur

Depuis le début de la polémique (une de plus) créée à la suite des propos de Dalil Boubakeur, je m’étais promis d’écrire un billet sur ce sujet mais, par manque de temps, et surtout par manque de conviction (car toute vérité n’est pas bonne à entendre), je me suis abstenu de le faire. Benoît Rayski comble ce vide par un billet argumenté à l’identique de ce que j’aurais écrit. Je le valide. Il va sans dire que je suis opposé au principe de céder nos lieux de culte pour en faire des mosquées. Néanmoins, il est vrai que la nature a horreur du vide. Alors, interrogeons-nous. Pourquoi nos églises sont-elles vides ? Je suis tenté de dire : parce ce que notre religion fiche le camp et ne suscite plus de vocations chez les ouailles du Seigneur qui préfèrent aller ailleurs qu’à la messe. C’est bien connu, en France, on prie, on implore Dieu lorsque tout va mal. Comme en temps de guerre par exemple… //RO

 

Transformer-une-eglise-en-mosquee-c-est-rare-mais-pas-impossible

La nature a horreur du vide. L’islam aussi. Les mosquées en France sont pleines à craquer et on en manque cruellement pour étancher la soif de Dieu de centaines de milliers de fidèles. Les églises en France sont vides, sans parler de celles, fort nombreuses, qui sont désaffectées, faute de catholiques vraiment pratiquants. Fort de ce constat, Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, a suggéré qu’on remplisse ces édifices religieux de musulmans qui n’ont pas où prier. Une sorte de DAL (droit au logement) dont bénéficierait l’islam sans abri…

Pour appuyer sa supplique, le saint homme a expliqué que les deux religions révéraient le même Dieu et que leurs rituels étaient, somme toute, très proches. Je vais souvent dans les églises. Je n’y ai vu aucun catholique déchaussé et prosterné. En revanche, j’ai pu constater la très forte présence, tableaux et vitraux, de la maman de Jésus, ce dernier étant également représenté les bras en croix. Je vais parfois dans les mosquées. Je n’y ai vu aucune image de Mahomet, le Jésus de chez eux : c’est interdit sous peine de mort. Et je n’y ai entendu aucun équivalent oriental du Dies irae ou du Te Deum. Mais bon, M. Boubakeur doit savoir des choses que moi, pauvre mécréant, j’ignore…

Les propos du recteur de la Grande Mosquée de Paris ont suscité une mini-tempête à droite. Non, non et non ! Jamais ça ! La charge symbolique de la suggestion de M. Boubakeur est en effet tout sauf légère. On pouvait s’attendre à voir des curés révoltés arborer un badge « Touche pas à mon clocher ». On pouvait imaginer que des cardinaux et des évêques indiqueraient à M. Boubakeur en termes amicaux (la guerre n’est pas à leur ordre du jour) que sa suggestion est « inopportune ». Rien. Nib de nib. Que dalle. L’Eglise de France s’est habituée à tendre l’autre joue. Et elle respecte scrupuleusement l’enseignement du Christ, « Rendez à César ce qui est à César », même si César s’appelle en l’occurrence Mahomet.

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Illustration Le Colonel 2.0 : Transformer une église en mosquée, c’est rare mais pas impossible
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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

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