Migrants: Amnesty veut en finir avec la «forteresse» Europe

 

Par Mathilde Ceilles, AFP agence le 09/07/2014

Le Figaro.fr

 

 

Dans un rapport publié ce mercredi, Amnesty International dénonce la politique européenne en matière d’immigration qui pousse les réfugiés politiques à emprunter la dangereuse voie maritime, souvent au péril de leur vie. L’organisation en appelle à François Hollande.

23.000 réfugiés morts en tentant de pénétrer l’Union européenne en quinze ans. C’est ce chiffre colossal qu’avance Amnesty International dans un rapport publié aujourd’hui sur les migrants fuyant les zones de conflits. Devant la difficulté croissante de rejoindre l’Europe par la voie terrestre, les réfugiés prennent de plus en plus souvent les routes maritimes, plus dangereuses, vers la Grèce et vers l’Italie, et des centaines de personnes meurent en mer chaque année, souligne Amnesty. Ainsi, durant les six premiers mois de l’année, «plus de 200 personnes» ont trouvé la mort en Méditerranée. «Des centaines d’autres sont portées disparues et pourraient avoir péri elles aussi», précise l’ONG. Depuis 2000, Amnesty donne le chiffre d’«au moins 23.000 morts».

«La responsabilité de la mort de celles et ceux qui essaient de rejoindre l’UE est collective», affirme Amnesty International, en appelant les États membres à suivre l’exemple de l’Italie, qui, après le drame de Lampedusa en octobre 2013, a mis en place l’opération de sauvetage Mare Nostrum. L’ONG fait ainsi état d’un grave incident en février 2014 au large de l’enclave de Ceuta, quand la police espagnole avait tiré des balles à blanc et des gaz lacrymogènes contre des migrants qui arrivaient à la nage du Maroc. Quatorze personnes avaient perdu la vie, et 23 autres qui avaient réussi à gagner le rivage avaient été immédiatement renvoyées.

Dans son rapport, l’organisation de défense des droits de l’homme affirme que «les politiques de l’UE en matière d’immigration et ses pratiques de contrôle aux frontières empêchent des réfugiés d’accéder à la procédure d’asile en Europe, et mettent en danger la vie de toutes ces personnes, qui entreprennent des voyages de plus en plus dangereux». Entre 2007 et 2013, l’Union européenne a consacré plus de 1,8 milliard d’euros à la protection de ses frontières externes, mais seulement 700 millions à l’amélioration de la situation des demandeurs d’asile et des réfugiés sur son territoire, dénonce l’organisation. Par ailleurs, l’UE et les États membres apportent à des pays voisins tels que la Turquie, le Maroc et la Libye leur coopération et un soutien financier pour la création d’une «zone tampon» autour de l’Union, dans l’objectif de «bloquer les migrants et les réfugiés avant même qu’ils n’atteignent les frontières de l’Europe», dénonce Amnesty.

Aussi, l’ONG accuse les pays européens de «fermer les yeux» sur les violations des droits de l’homme dont ils sont victimes les migrants. Selon Amnesty, «près de la moitié des personnes qui essaient de pénétrer irrégulièrement sur le territoire de l’UE fuient des situations de conflit dans des pays comme la Syrie, l’Afghanistan, l’Érythrée ou la Somalie».  Lire la suite sur http://www.lefigaro.fr

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.