Minute cynique… de Pierre Duriot

Le 05 février 2019 – Le Colonel 3.0

© Pierre Duriot

Minute cynique… vous vous souvenez des samedis parisiens des Gilets-Jaunes. Des gens scotchés aux péages et sur les aires d’autoroutes, parce qu’ils allaient peut-être manifester à Paris, mais c’est pas sûr. Des bretelles de sorties vers le centre de Paris, condamnées, pour éviter que le cortège de la manifestation ne grossisse. Moi-même, avec un coffre de voiture contrôlé à Fourchambault, à soixante kilomètres de Bourges, où avait lieu l’une des manifestations décentralisées. Et derrière, les coups et blessures filmés, les yeux crevés, les consignes de sévérité et les jugements expéditifs, sans avocat, qui se terminent au gnouf pour des broutilles. Pas mal de trucs en toute illégalité. Vous voyez bien ? Maintenant, rappelez vous, Notre-Dame-des-Landes. Quatre routes, des champs, des centaines de CRS et pourtant, des antifas et zadistes sont venus de toute l’Europe, plus d’un millier étaient rentrés dans la ZAD, malgré le cordon de flics, avec armes, bagages et ravitaillement. Alors qu’il aurait été si simple de boucler la zone, de couper l’eau et le courant et de les affamer. Si simple et surtout légal, avec un arrêté d’utilité publique et des avis d’expulsion en bonne et due forme. Et bien non, on a envoyé les flics au casse-pipe, on les a laissés se battre pendant des semaines et sortir sur des civières. En face, ce n’était pas des Gilets-Jaunes, mais des manifestants aguerris, casqués, gantés, vêtus de noir, dont certains ne parlaient même pas français… les mecs ont balancé des cocktails Molotov remplis de leur pipi et caca, avaient préparé des pièges avec des clous, des barbelés, des tranchées, des barricades, des miradors, jetaient des boulons et des cailloux. Il y eut de nombreux blessés des deux côtés, pas seulement du côté des manifestants. Le syndrome Rémi Fraisse planait, il ne faut pas abîmer un écolo. Par contre les flics avaient dérouillé, avec la compassion du gouvernement qui ne leur a pas donné les moyens de conclure au bénéfice du droit. Quelles consignes avaient -ils ? Et au final, on a quasiment donné aux « combattants » des terres appartenant à la nation, à nous, en échange de promesses, de vagues projets alternatifs, dont il y a fort à parier qu’ils ne seront pas contrôlés plus que ça. La mise en perspective de deux opérations de maintien de l’ordre, ça fout les jetons non ?

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.