Mourir de rire.

Régis Ollivier – Le 17 février 2019 – Le Colonel 3.0

© Pierre Duriot

C’était il y a 4 ans. Emmanuel Macron n’était pas encore président. En relisant ce billet aujourd’hui, j’en ai des frissons dans le dos. //RO

Parce que c’est Noël, je vous livre exceptionnellement et en exclusivité mon dernier délire du 25 décembre. Joyeux Noël. Profitons-en. //RO

Mourir de rire
Par Régis Ollivier le 25 décembre 2014
Le Colonel Attitude

25 décembre 2040. Quelque part en banlieue sud de Paris.

La ville est déserte en ce lendemain de « réveillon de décembre ». Il bruine et la grisaille est partout. Cela fait penser à l’une de ces villes anciennes de mineurs de fond du Nord de la France ou, pire encore, à celles des ex-bassins sidérurgiques aux portes du Luxembourg. Des villes désormais quasi-mortes, là où les hauts-fourneaux ont cessé de fonctionner depuis des décennies, laissant sur le carreau des générations de chômeurs qui ne s’étaient jamais remis de ces vagues de licenciements consécutifs à la fermeture des aciéries. Ces villes avaient peu à peu périclité et un nombre impressionnant de familles avaient sombré dans la misère et l’alcool. Y compris aujourd’hui. Le taux des suicides y était dramatique. Comme dans de nombreuses autres régions de France.

De fait, le déclin de la France n’avait fait que s’accentuer depuis 2012 avec l’arrivée au pouvoir de la gauche socialiste. Un président mal élu, ou élu par défaut face à un président sortant au sommet de la détestation. La France était alors devenue, inexorablement, un pays pauvre. Une chape de plomb s’était abattue sur elle. Celle-ci ne rayonnait plus depuis longtemps à travers le monde. Les droits fondamentaux les plus élémentaires avaient été bafoués et la liberté d’expression muselée par la bien-pensance. La justice a donné des droits aux délinquants et mis au banc des accusés les victimes. Au nom de la laïcité, les signes religieux ont été bannis. Les crèches n’ont plus eu droit de cités et Noël a également été banni du calendrier catholique.

Aujourd’hui, Noël n’existe plus. Seule, une poignée d’irréductibles tente de maintenir vivante cette défunte tradition à leurs risques et périls. La police politique veille au respect scrupuleux de la loi inique faite sur mesure pour satisfaire les tenants d’un islam pur et dur depuis que cette religion était devenue majoritaire dans le pays. Les églises, abandonnées par les fidèles, avaient toutes été transformées en Centres de Fin de Vie (CFV).

Par ailleurs, l’Union Européenne n’avait rien arrangé en imposant de plus en plus sa dictature. De fait, les Etats membres avaient perdu toute souveraineté depuis belle lurette. Et l’entrée de la Turquie en 2020 n’avait pas amélioré la situation en Europe. Des hordes de réfugiés, fuyant les zones de conflits, continuaient d’affluer tant en France, qu’en Allemagne, en Grande-Bretagne, en Italie… semant la terreur et la désolation là où les gouvernements locaux imposaient leur présence. Un nouveau concept de cités avait vu le jour sous forme de compound hyper-sécurisés, à l’identique de ceux construits en Afrique du sud. A l’intérieur de ces vastes zones se regroupaient tout ce qui fait l’élite de la France. Rien n’y manquait, des écoles en passant par les cliniques ultra modernes, les hypermarchés, et des zones de poser pour hélicoptères.

La France ne comptait aujourd’hui que deux classes sociales bien distinctes : les très riches parmi lesquelles les pseudo-élites dirigeantes du pays et les très pauvres. Suffisamment pauvres et maintenus en l’état par le pouvoir afin qu’ils ne puissent pas se révolter. La gauche, qui de fait ne s’appelait plus la gauche, avait réussi à se maintenir au pouvoir en coalisant la plupart des partis politiques de l’époque sous la forme d’un parti unique qui ne disait pas son nom. Pour parvenir à ce résultat, un nombre impressionnant d’emprisonnements arbitraires et d’exécutions sommaires avaient eu lieu. Une terreur qui avait duré deux bonnes années. Tous les dinosaures avaient été écartés, de gré ou de force au profit d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes corrompus, assoiffés de pouvoir, de gloire et d’argent. 2017 avait été le grand tournant et la fin de la démocratie au sens propre du terme. On ne parlait pas de dictature mais de dirigisme avisé. Le mot dictature avait été déclaré, de facto, tabou.

Néanmoins, la santé avait fait d’énormes progrès et l’on mourait plus dans les geôles de la république ou d’alcoolisme que du Sida ou du cancer. Dans sa grande sagesse, le régime avait légalisé les drogues dites douces afin de mieux asservir la population qui devait désormais travailler un dimanche sur deux, tandis que le Smic et les pensions de retraite avaient de leur coté baissé de trente pour cent. La sécurité routière ne posait plus de problèmes. On décédait de moins en moins sur les routes.

Revers de la médaille : Une population en hausse exponentielle qui avait contraint le gouvernement à prendre des mesures drastiques de régulation des populations. L’avortement, y compris de complaisance était devenu un acte courant sur simple consultation médicale et la fin de vie des populations avait été réformée en profondeur.

La sédation profonde s’était progressivement transformée en euthanasie pure et simple à la suite d’une loi votée en 2030 qui imposait une fin de vie digne et obligatoire pour toutes les personnes ayant atteint l’âge de 80 ans. L’espérance de vie des populations avait en effet atteint de tels sommets que les caisses de retraites ne parvenaient plus à les financer malgré une loi ayant repoussé l’âge légal de départ en retraite à 67 ans.

Ainsi, depuis 2030, les personnes dont l’âge légal de fin de vie est atteint se voient supprimer toutes ressources financières ainsi que tous leurs droits de santé par le ministère de la fin de vie. Un formulaire administratif les invite désormais à rejoindre dans un délai de quinze jours le Centre de Fin de Vie le plus proche de leur domicile pour y être euthanasiées dans la dignité. Une police spéciale a été créée uniquement dans ce but afin de veiller à la stricte application de la loi.

Dans sa grande bonté, l’exécutif qui porte bien son nom désormais, et le législatif avaient alors légiféré pour « une fin de vie dans la dignité » et avaient opté pour une mort par diffusion d’un gaz hilarant avec additif létal. Les corps sont ensuite incinérés et regroupés dans des lieux de repos éternel.

Ainsi va la France de 2040.

Régis Ollivier


Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

8 thoughts to “Mourir de rire.”

  1. Ce qui me rassure un peu, c’est qu’à l’heure actuelle j’ai déjà dépassé le seuil de 2 ans, mais gare à mes descendants, quand le couperet tombera à 80! Il vaut mieux en rire pendant qu’il en est encore temps! Merci Colonel pour ce regard dans le futur

  2. Tout d’abord, merci au « Vieux Marsouin » pour rendre hommage à Jean Raspail et à son livre « Le Camp des Saints ».
    Quant à cette partie de la France défigurée de l’An 2040, c’est celle qui nous attend si rien n’est tenté militairement à Paris pour foutre en l’air l’imposteur qui s’y est installé avec son âme damnée pour souiller les lieux.
    A la vitesse où vont les événements, on peut imaginer, sans être paranos, que nous sommes à la veille de l’An UN de la République Islamique en France, Fille aînée de l’Eglise !!!

  3. Un vieux con, qui s’appelait le Général Marcel BIGEARD a décrit écrit et décrit tout cela.
    « La France fout le camp », écrivait-il.

    Et qui se souvient encore de Marcel Bigeard, alias Bruno ?…

    Plus personne… sauf les “vieux cons” !

  4. C’est assez bien vu.
    Au lieu d’en pleurer, il vaut mieux s’y préparer.
    Ne pas hésiter non-plus à relire « le camp des saints », de Raspail. Tout y est.
    De la déliquescence népotique d’un pouvoir sans âme, à la bienpensance exotique de médias corrompus et opportunistes, en passant par la bobo-itude des pseudos élites et la gogo-itude béate d’un bon peuple de bidochons assistés.
    Nul doute que l’issue sera la même.
    Mon cher et vieux pays, qu’es-tu donc devenu ?

Les commentaires sont clos.