Moyens ou pas

Par Stratediplo

Le 19 novembre 2018

 

 

« Si la société ne force pas son Etat à organiser les moyens qu’elle lui fournit et à se préparer au Septième Scénario, c’est dans le désordre qu’elle devra mobiliser les moyens de faire face à la guerre civile. »

 

 

© Pierre Duriot

 


Après sa désertion du ministère de l’intérieur, au lendemain du refus présidentiel de sa démission, Gérard Collomb a laissé publier ses propos sous embargo depuis février selon lesquels il craignait que « demain on ne doive vivre face à face » plutôt que côte à côte avec (les narcotrafiquants et) les islamistes radicaux, et que d’ici à cinq ans la situation pourrait devenir irréversible, c’est-à-dire déboucher sur un conflit ouvert. Quelques jours plus tard, le politicien Philippe de Villiers a déclaré lors d’une émission télévisée le 3 novembre que son frère Pierre, avant d’être limogé, aurait confié au président Emmanuel Macron que « si ça pète dans les banlieues, on n’est pas capable de faire face, on n’a pas les moyens de faire face, on n’a pas les hommes« . Depuis lors, diverses interrogations se sont élevées, et un débat a été ouvert, quant à l’existence des moyens nécessaires.


En l’occurrence le chef d’état-major des armées avait certainement lu le Septième Scénario (www.lulu.com/fr/shop/stratediplo/le-septième-scénario/paperback/product-22330739.html), remis à son prédécesseur sur initiative privée puisqu’il était politiquement impossible de commander officiellement à un état-major un rapport sur les tenants et aboutissants de la sécession locale d’une minorité adepte d’une idéologie distincte. Effectivement l’étude conduite en prolongement et selon la méthodologie des Livres Blancs de la défense établit facilement que les forces de maintien de l’ordre de deuxième catégorie (ou anti-émeutes) ne sont pas dimensionnées pour interdire le retranchement de quelques milliers d’activistes ayant choisi la voie violente au sein d’un vivier de quelques centaines de milliers d’habitants (ou de dix viviers de quelques dizaines de milliers), et donc à plus forte raison de contenir une véritable insurrection même non généralisée. Et cette étude (le Septième Scénario) établit aussi, tant par l’application des méthodes de raisonnement tactique que par la présentation de cas français ou étrangers connus, non seulement que les moyens militaires affectés par le gouvernement au déploiement intérieur seraient inadaptés et insuffisants, mais également que l’ensemble des moyens militaires non combattants présents en métropole, voire les corps expéditionnaires s’ils peuvent être rapatriés à temps, seraient incapables de pacifier les zones rebelles.


Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

10 thoughts to “Moyens ou pas”

  1. Joséphine, le refus de protéger la population française en France n’est pas un fait nouveau du jeune gouvernement Macron, c’est une constante manifeste de la V° république dès sa fondation et même de la vingtaine de régimes qui se sont succédés depuis un peu plus de deux siècles.

  2. citation de Philippe de Villiers dans une interview:
    « Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant et dont les chefs se goinfrent dès le matin !  » (Ecclesiaste 10. 16)

  3. La visite du roi à Reims me donne l’occasion de dénoncer (au courrier des lecteurs de l’Union), une nouvelle fois, le fonctionnement hors sol de notre exécutif.

    Les pratiques royales sous Louis XIV ont été conservées .

    Lors de son passage à Reims , le chef de l’État avait prévu de dîner dans un restaurant réputé de la ville.

    Le Président ayant accumulé les retards, le dîner sur place a été annulé et transféré vers les Ardennes mais l’organisation de ce repas laisse pantois.
    Ce restaurant remarquable a eu l’honneur de voir arriver préalablement le cuisinier en chef de l’Élysée venu goûter les plats prévus et les valider (avait t’on peur d’un empoisonnement?) puis il a regardé la brigade du restaurateur faire son travail. Le cuisinier du roi n’est pas venu seul, il avait emmené avec lui une foultitude de personnes : Agents de sécurité, service du protocole et la table a été dressée selon les codes de l’Élysée avec les nappes du palais par les serveurs de l’Élysée. Ne manquaient qu’un ou deux huissiers, la garde républicaine et ainsi le Président n’aurait pas été dépaysé.

    Aussitôt annoncé que le Président ne prendrait pas son repas dans le restaurant, tout fut emballé rapidement car il était impératif que le chef cuisinier de l’Élysée arrive avant le Président à Charleville-Mézières. Le repas a été amené sous bonne escorte à la préfecture des Ardennes. (craignait-on que les langoustines et le saint Pierre soient tentés de sauter en route dans les cours d’eau ardennais?).

    Rien ne justifie une telle gabegie, une telle suffisance parisienne qui veut qu’en tout lieu le Président soit comme au palais. Le restaurateur rémois n’était il pas en mesure de se surpasser pour offrir, sans être chaperonné, un repas de grande qualité au chef de l’État?
    Multiplié par le nombre de déplacements annuels avec des mesures de sécurité qui confinent à la paranoïa, combien cela coûte t’il ? Le Président s’offusque du pognon de dingue que la France dépense au titre des transferts sociaux, nous sommes en droit de nous étonner du luxe et du train de vie qui règnent encore à tous les étages du palais, au bénéfice de quelques-uns.

    Notre république est magnifique en façade mais gravement fissurée de l’intérieur, de moins en moins respectée par la faute exclusive de cette classe politique qui a perdu tout sens commun. Elle conserve et protège envers et contre tout son luxe et son apparat, à son seul profit, pendant qu’une majorité d’entre nous croule sous les difficultés quotidiennes et que la pauvreté gagne partout du terrain.

    C’est du populisme, vont s’offusquer ces messieurs qui ne veulent pas voir le ras le bol grandissant. De prochaines élections vont leur ouvrir les yeux.

    Transmis par:

    Daniel LEBLANC

    6 rue de la PAIX 51350 CORMONTREUIL

    06.81.44.85.74

    mailto:blancblanc51@orange.fr

  4. Dans le cadre du Congres des Maires de France sait-on si la question de ce qu’il est convenu d’appeler « les territoires perdus de la République » – volontairement abandonnés – a été abordée et, si oui, quelles sont les décisions qui ont été prises , si tant est qu’il y en ait?

  5. « Si ça pète dans les banlieues, on n’a pas les moyens de faire face », s’en donner les moyens était pourtant une priorité ! Mais je retiens la réflexion d’Ivan Rioufol pour continuer à penser que rien ne sera fait par le gouvernement Macron pour protéger la population blanche de France.
    Rioufol sur les Gilets Jaunes : «Le gouvernement fait tout pour criminaliser une France peut-être trop française, trop blanche, trop enracinée»
    le 21/11/2018.
    Alors alors… il ne nous reste plus qu’à NOUS AIMER VIVANTS !

  6. Des Médias à la botte du Pouvoir, des syndicats incompétents, un président qui se croit investi d’un pouvoir suprême de vie ou de mort sur le PEUPLE , je pense que nous allons tout droit vers une guerre civile.
    N’oublions jamais la toile de fond, La BOURSE , le POGNON, les ééééélites qui se goinfrent à nos dépens, nous donnent des leçons, nous font « avaler des taxes » pour la pollution, mais qui pollue le plus ??????
    Plus rien n’est vérifiable avec la BOURSE, tout devient virtuel, à nous d’arrêter ce CANCER. Réfléchissons tous, les femmes et hommes de bonne volonté afin que l’esclavage n’existe jamais plus sur cette planète.

  7. « Dans un contexte d’abandon les citoyens seront amenés à réagir individuellement, puis collectivement à un niveau local, la société en venant ensuite à s’auto-organiser indépendamment des institutions faillies. »
    Le malheur c’est que seules les racailles de banlieues sont armées.

  8. Remarquable article qui montre bien comment nous sommes trahis par nos « zélites »! Le jour où ça pètera vraiment, eux pourront aller se réfugier aux US, nous laissant dans la m… »France réveille toi » écrivait le général Bigeard, mais je crains que les carottes soient cuites!

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