Obama obtient le feu vert législatif pour son plan Power Africa

 

Par Jean-Michel Meyer le 14 mai 2014,

PAR ACTEURS PUBLICS

 

Le Président des États-Unis vient d’obtenir l’aval de la Chambre des représentants pour lancer son “plan Marshall” pour l’électrification de l’Afrique : Power Africa. Évalué à 7 milliards de dollars d’investissement sur cinq ans, ce plan doit permettre à 50 millions d’Africains d’accéder à l’électricité.

Plus jamais ça grâce à Barak Obama ? Samedi 3 mai, à Douala, le ministre camerounais de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, était interrompu par une coupure de courant de 4 minutes alors qu’il prononçait son discours pour le lancement officiel des “Jeux de la concorde nationale”. Grâce à l’intiative du Président américain, la capitale économique du Cameroun pourrait ne plus connaître à l’avenir ces innombrables délestages, ces coupures d’électricité fréquentes qui pénalisent l’essor de tout un continent.

Le 8 mai, la Chambre des représentants américaine a en effet approuvé Power Africa, le plan du Président Barack Obama visant à doter l’Afrique subsaharienne de 20 000 mégawatts de capacité énergétique supplémentaires d’ici 2020. Power Africa devrait, précise le document de l’administration Obama, “aider les pays à développer de façon responsable des ressources récemment découvertes, construire des centrales et des lignes électriques et élargir les solutions de miniréseaux et de systèmes hors réseau”.

Power Africa avait été dévoilé par le Président américain le 30 juin 2013, dans un discours prononcé devant une foule de plus de 1 000 personnes à l’université du Cap, en Afrique du Sud. Ce plan d’électrification du continent africain doit mobiliser 7 milliards de dollars sur cinq ans, avec l’ambition d’assurer à au moins 50 millions d’Africains un accès à l’énergie électrique, dans des zones rurales et urbaines.

6 pays en priorité

“Actuellement, près de 70 % des habitants d’Afrique subsaharienne n’ont pas accès à l’électricité, un chiffre qui monte à 82 % au Kenya et à 92 % en Ouganda”, a rappelé Eliot Engel, un membre de la Chambre des représentants, pour justifier l’aval des députés américains. “Par désespoir, les gens brûlent tout ce qu’ils trouvent pour se chauffer et cuisiner : bois, plastique, déchets et autres matériaux toxiques. Ces combustibles plus polluants sont nocifs pour la santé des gens et l’environnement”, a-t-il poursuivi.

Dans un premier temps, toutefois, les États-Unis mobiliseront les moyens de Power Africa dans 6 pays : la Tanzanie, l’Éthiopie, le Kenya, le Ghana, le Nigeria et le Liberia. Ce qui fait grincer des dents dans d’autres pays, comme la République démocratique du Congo, en mal de financements pour la construction de ses barrages hydroélectriques, notamment Inga III.

Mais ce n’est pas un hasard si Washington a choisi 6 pays d’Afrique anglophones, qui répondent aussi aux exigences politiques des États-Unis. Ils jouent tous un rôle majeur dans la sécurité régionale. Et leur stabilité est essentielle à celle de l’Est et de l’Ouest de l’Afrique.

Contrer l’implantation chinoise

De plus, les États-Unis accordent une attention particulière à l’Éthiopie et au Nigeria, les deux pays les plus peuplés du continent.  Lire la suite de l’article ici

 

Illustration : Barak Obama annonçant le plan Power Africa le 30 juin 2013 à Cape Town (Afrique du sud). – © Evan Vucci/AP/SIPA

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.