Obama/Hollande, deux canards à mi-mandat…

Par Dominique Jamet Le 4 novembre 2014

Boulevard Voltaire

 

“Yes, we can“, disait-il. Eh bien, he could not, il n’a pas pu.

 

“Yes, we can“, disait-il. Eh bien, he could not, il n’a pas pu. Le jeune, sémillant et séduisant vainqueur de George W. Bush, le premier occupant symboliquement noir (en fait métis) de la Maison-Blanche, a déçu les espoirs et les attentes sur lesquels il avait été élu et réélu. S’il a grosso modo tenu sa promesse de désengager les États-Unis du bourbier irakien et de la poudrière afghane, c’est dans des conditions telles que, le travail n’ayant pas été achevé, il n’a plus le choix aujourd’hui qu’entre avaliser le recul de son pays ou renvoyer les boys sur le terrain. Sous la présidence de Barack Obama, le gendarme du monde – qui s’en mord amèrement les doigts – a pris un congé sabbatique. La superpuissance a accumulé les erreurs, les revers et a également échoué à tenir en respect ses adversaires et à ramener à la raison ses amis. Sur le plan intérieur, les réformes incomplètes qu’a fait péniblement passer Obama ont exaspéré la droite sans satisfaire la gauche. Obama est apparu comme un homme indécis, peut-être porteur d’une vision, mais incapable de la traduire dans la réalité.

Rien d’étonnant, par conséquent, si sondages et observateurs s’accordent pour annoncer que les midterm elections de ce soir – les élections de mi-mandat –, le plus souvent défavorables au président en place, verront les républicains, déjà majoritaires à la Chambre des représentants, conquérir le Sénat, ce qui devrait normalement entraver, voire paralyser l’action du pouvoir exécutif pendant les deux années qui restent à courir d’ici la prochaine élection présidentielle.

À moins bien sûr qu’au dernier moment les électeurs américains, tenant compte de la vigoureuse reprise de l’économie américaine, de la progression spectaculaire du PIB à un rythme supérieur à 2,5 %, et de l’inversion d’une courbe du chômage qui plafonne désormais à 6 %, lui en attribuent pour une part le mérite. On peut toujours rêver, et en l’espèce d’autant plus qu’il y a lieu de relativiser l’impopularité d’un homme qui, six ans après sa première victoire, peut encore se prévaloir du soutien de 40 % des électeurs.

On en connaît, n’est-ce pas, qui déboucheraient le champagne pour moins que ça. Il est vrai que notre Président à nous est dans une situation sans précédent en France et sans équivalent dans aucun pays démocratique. Allez même savoir, au cas où les Coréens du Nord auraient la parole, s’ils mettraient aussi bas Kim Jong-un que les Français François Hollande.

Pulvérisant de sondage en sondage et d’élection en élection des records que l’on croyait jusqu’ici inégalables et a fortiori imbattables, l’homme qui n’a pu honorer aucune de ses promesses, l’homme qui a laissé le chômage grimper à 11 % de la population active et le PIB français stagner quand il ne recule pas bénéficiait encore, suivant les derniers chiffres connus, dont on peut supposer qu’ils ont encore baissé, du soutien de 13 % des électeurs, mais 85 % des Français souhaitaient qu’il ne se représente pas en 2017 et l’on apprenait hier que 97 % – contre 3 % d’un avis contraire – estiment qu’il a échoué.

Les Américains ont-ils raison d’être majoritairement mécontents de Barack Obama ? Les Français n’ont pas tort de l’être de François Hollande. La différence, pour une fois à l’avantage de la grande démocratie américaine, est que le système politique y permet au corps électoral d’exprimer ses sentiments en vraie grandeur tous les deux ans tandis que, dans le nôtre, depuis la réforme imbécile qui a jumelé l’élection présidentielle et les élections législatives, c’est seulement tous les cinq ans que notre démocratie et nous-mêmes avons droit à une respiration.

 

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

2 thoughts to “Obama/Hollande, deux canards à mi-mandat…”

  1. Il aurait mieux valu continuer avec notre petit « hyperprésident » qui, après nous avoir réintégré dans le commandement de l’OTAN pour en partager les errements, invitaient tous les dictateurs disponibles à notre revue nationale, jusqu’à ce qu’il prenne en grippe l’un d’eux et livre son pays aux hordes barbares ?

    Et ses promesses en cours de mandat, de ne pas se représenter si nous ne revenions pas au plein emploi http://www.francesoir.fr/actualite/politique/2007-2012-bilan-de-sarkozy-22-les-echecs-du-president-184315.html ?

    Les couillons, ce ne sont pas ceux qui tentent de changer le cours des choses (même si on les trompe) mais les imbéciles qui persistent à élire des boni-menteurs, et à bientôt dans deux ans et demi !

    Errare humanum est, persevare diabolicum.

  2. « l’homme qui n’a pu honorer aucune de ses promesses ».
    En effet!
    Je rigole tous les jours quand j’entends dans Les Grandes Gueules sur RMC la séquence intitulée « Au pays d’Hollande » où est rediffusée systématiquement son discours « le changement c’est maintenant ».
    Et des couillons l’ont cru…

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