Mélenchon-PS : pourquoi tant de haine ?

Gaël Brustier Chercheur en science politique Publié le 09/06/2013 à 12h58

Un tweet de Jean-Luc Mélenchon a révélé que, malgré la mort d’un jeune homme, la guerre des appareils partisans reprenait ses droits très vite :

« Aux rassemblements, tenez-vous à distance du PS qui a trop assimilé le PG à l’extrême droite. Pas d’amnésie sur l’amnistie. »

Le Parti de Gauche (PG) est né d’une scission nocturne du Parti Socialiste en novembre 2008. « Ça suffit comme ça ! » avait lancé son leader, las, après trente années de participation à la vie du PS, de guerres d’appareils qui l’avaient marginalisé autant qu’elles avaient mis de côté tout aggiornamento idéologique.

Pari risqué s’il en était et dont on doit reconnaitre qu’il s’est plutôt bien acquitté jusqu’à l’élection présidentielle, fédérant la « gauche de la gauche » et marginalisant les groupes anti-capitalistes.

Les scissions du PS ont échoué

Historiquement, de toutes les scissions du Parti Socialiste, aucune n’a réussi (si l’on fait abstraction du Congrès de Tours de décembre 1920 qui donna naissance au Parti Communiste) :

  • Le Parti Socialiste de France des néo-socialistes (juillet 1933) a terminé comme l’on sait (dans la collaboration avec les Allemands) – après retour au bercail de ses éléments les plus modérés.
  • Le PSA-PSU de Depreux (né en 1958 du refus de la Guerre d’Algérie et du soutien de la SFIO au Général de Gaulle) a terminé fondu dans un magma « rouge et vert » après deux décennies d’agonie.
  • Le Mouvement des Citoyens (MDC, scission de 1992-93) de Jean-Pierre Chevènement a intégré la majorité de François Hollande après vingt ans de relations pour le moins complexes.

Il est très difficile de créer un parti socialiste idéal à coté du Parti Socialiste réel. Ces trois scissions historiques nous le rappellent.

« Ânonner des slogans extrémistes »

La tentative du Parti de Gauche avait jusqu’ici une originalité : elle pouvait être resituée dans un mouvement d’ampleur européenne, dans la reconfiguration de la gauche radicale en Europe.

C’est cette dimension qui est intéressante et qui peut déterminer l’avenir de la gauche radicale comme de la social-démocratie en France comme en Europe.

Jean-Luc Mélenchon déclarait (dans Le Monde du 28 mai 2010) :

« Il s’agit de prendre la majorité à gauche, et cela est radicalement impossible si l’on se contente d’ânonner des slogans extrémistes anti-tout et anti-tout le monde en se montrant incapable de s’entendre avec qui que ce soit dans quelques conditions que ce soit. »

On pouvait penser que l’option stratégique choisie par Jean-Luc Mélenchon serait de favoriser une modification du rapport de forces entre gauche radicale et social-démocratie et non l’entrée en guerre contre cette dernière.

Amérique latine

La Gauche radicale en Europe évolue. Elle a de jeunes animateurs talentueux dans nombre de pays : Alexis Tsipras en Grèce, Alberto Garzon Espinosa en Espagne… Certains sont venus à la politique

  • par les Forums sociaux internationaux (mondiaux ou européens),
  • d’autres sont issus du post-communisme,
  • d’autres encore sont issus de l’aile gauche de la social-démocratie.

Beaucoup ont voyagé en Amérique latine, parfois y ont-ils séjourné et croisé d’autres jeunes responsables dont, par exemple, Rafael Correa, actuel Président de l’Equateur.

Dans bien des pays, les scores de la gauche radicale progressent.

Le « marqueur communiste »

Reste à savoir ce qu’est la gauche radicale et où elle peut aller. Comme le souligne fort justement Gerassimos Moschonas de l’Université Panteion d’Athènes, le « marqueur communiste » représente la « centralité perdue » de cette gauche radicale.

Avec l’effondrement du communisme, place est laissée à une myriade de mouvements qui naissent des échecs conjugués du communisme, du néolibéralisme et… de la social-démocratie.

Moschonas constate d’ailleurs que le communisme a perdu sa capacité de polarisation, d’un point de vue idéologique ou partidaire. Ce qui ne signifie pas que ces partis fortement enracinés, dotés d’une solide culture politique et de réseaux de militants et d’élus encore souvent denses, soient impuissants. Les partis communistes sont une composante de ces reconfigurations que représentent les gauches radicales mais n’en ont pas le leadership exclusif.

La question de l’intégration européenne

C’est la question de l’intégration européenne qui a amené les gauches radicales à évoluer, leur fournit un puissant moteur et, dans le même temps, quelques ferments de division. Le « Non de gauche » du 29 mai 2005 a servi à unifier différentes tendances de gauche, dans une ébauche de recomposition politique autant qu’il a mis en évidence des divergences politiques profondes.

Dans son analyse des recompositions de la gauche radicale, Moschonas relève :

« Paradoxalement, la gauche radicale s’est faite plus “ amicale ” envers l’Europe dans une période où l’Europe devenait, par son poids accru et sa logique libérale, plus “ inamicale ” envers la gauche. »

En Grèce, Synaspismos, concurrent du très orthodoxe KKE, a eu longtemps la réputation d’être un mouvement de gauche radicale « pro-européen » alors que le KKE multipliait les prises de position hostiles à l’intégration européenne. Au sein même de Syriza, les débats sur l’euro sont encore vifs.

Deux attitudes au sein de la gauche radicale

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La théorie du Gender, un outil au service du totalitarisme ?

Tuesday, April 23, 2013

Gender Theory as Tool of Totalitarianism? The View from Paris

La théorie du Gender, un outil au service du totalitarisme ?(English translation here.)

La revendication maintes fois dénoncée comme ultra-minoritaire du mariage pour tous cache-t-elle une volonté politique qui déborde très amplement les droits LGBT ?
L’entêtement du gouvernement a forcer le passage de cette loi, contre vents et marées, apparaît hautement suspecte. Pourquoi un tel acharnement à faire voter une loi « qui ne concernerait qu’une minorité » sur un fond d’austérité et de crise dont on peut légitimement estimer qu’il représente la véritable urgence? Pourquoi le faire sans réel débat parlementaire, dans un mépris de l’opposition et du peuple jamais vus sous la Vème République ? Le 15 février dernier, 700 000  pétitions citoyennes adressées au CESE pour en solliciter l’avis consultatif, dans un respect total des institutions démocratiques, sont parties à la poubelle sur ordre de Matignon. Pourquoi refuser, à la face du peuple, la consultation d’un organisme officiel politiquement neutre sur un sujet aussi sensible ? Pourquoi gripper volontairement les rouages de la démocratie, quitte à s’engager dans un bras de fer délirant avec une lame de fond d’opposants qui ne désarment pas ?
Les intérêts en jeu dépassent-ils la simple idéologie dont l’opposition accuse le PS et la frange centriste, dite « molle », de l’UMP ? Tout ça n’est-il vraiment qu’une question de progressisme qui, s’il ne se nourrit pas sans cesse de nouvelles expérimentations sociétales, perd sa raison d’être ?
La Suède, un modèle de paradis social-démocrate ?
Depuis des décennies, la Suède est très impliquée dans la promotion de l’égalité des genres dans le monde. A travers l’ONU et le Cairo Programme of Action démarré en 1994, elle cherche à exporter son modèle d’éducation sexuelle  précoce et de lutte contre l’homophobie à l’échelle de la planète.
Najat Vallaud-Belkacem aime le modèle suédois et ne s’en cache pas. Au cours de son dernier  séjour officiel en Suède, « elle s’est intéressée à l’expérience suédoise sur des thèmes d’actualité en France, tels que l’égalité en matière d’emploi, la garde d’enfants, la législation en matière de prostitution et celle sur les droits des personnes LGBT (…) Elle a aussi fait plusieurs visites de terrain, entre autres au centre préscolaire Kristallen à Nacka, où le personnel lui a présenté le travail de pédagogie réalisé en matière de genre ».
Sachons qu’en Suède, l’application de la loi sur le mariage entre personnes du même sexe alliée à la doctrine dite « du gender » a permis la rupture légale des liens de filiation. Article après article du code juridique, la  parentalité biologique a été vidée de sa substance au profit d’une « parentalité sociale » que l’État peut revendiquer – cette même parentalité biologique que la loi Taubira prend aujourd’hui pour cible.
En clair, les services sociaux suédois peuvent légalement enlever des enfants à leur parents sous n’importe quel prétexte. Les cours de justice ont les mains liées : plus rien, dans l’arsenal légal, ne leur permet de protéger les parents ou les enfants contre un état de plus en plus prédateur.
Le totalitarisme commence à l’école
N’importe quel dictateur sait que pour s’assurer une population soumise, l’embrigadement commence par les enfants.
Les parents suédois sont intimés d’envoyer leurs enfants en garderie dès l’âge d’un an « pour que la mère retourne travailler » et surtout, pour « promouvoir l’égalité de genre auprès des plus jeunes ». Le refus d’obtempérer, socialement mal vu, étiquette « paresseuse » et « sexiste » celle qui décide de rester à la maison pour prendre ses enfants en charge elle-même .
Et ce, même si des études suédoises prouvent que les enfants quotidiennement soumis à de longues heures en garderie et à un endoctrinement précoce développent des troubles psychologiques.
Iphigénie

Le journaliste et ancien otage Hervé Ghesquière poursuivi pour diffamation

Par AFP, publié sur l’Express.fr le 

Hervé Ghesquière le 13 juillet 2011 lors d’une émission de France Inter à Paris afp.com/Miguel Medina

LILLE – Le journaliste et ex-otage en Afghanistan Hervé Ghesquière comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) où il est poursuivi pour diffamation par l’ancien responsable presse de l’armée à Kaboul.

Le lieutenant-colonel Jackie Fouquereau avait saisi la justice après des propos tenus fin février 2012 par Hervé Ghesquière, qui l’avait notamment qualifié de « lâche » dans un entretien aux Echos du Touquet, une publication du littoral nordiste qui fait partie du groupe Voix du Nord, repris ensuite dans d’autres titres.

« Dans le cadre de la préparation d’un livre, j’avais calé mes rendez-vous avec tout le monde, j’avais déjà vu le président Sarkozy, et tout le monde m’a répondu. Sauf que le lieutenant-colonel Fouquereau, ce n’est pas un parmi tout le monde, c’est la source de l’information« , avait expliqué Hervé Ghesquière à l’AFP.

Selon lui, la plainte en diffamation porte « sur une formulation« , et le terme de « lâche » est « à comprendre dans le sens que son acte était lâche car il refusait seulement de me voir et c’était le seul, pas l’homme en tant que tel« .

« Il a refusé de rencontrer Hervé Ghesquière, on le démontrera, il y a eu des lettres recommandées, des demandes de rendez-vous, ce sera démontré« , a déclaré à l’AFP l’avocat d’Hervé Ghesquière, Me Jean-Pierre Blesbois.

« Il faut qu’il sorte complètement indemne de cette procédure. Il ne va pas venir devant un tribunal comme un petit garçon pour dire : +Je me suis laissé emporter+. Tout ce qu’il a dit, c’est la vérité et il le démontrera« , a ajouté Me Blesbois.

Dans son livre paru mi-septembre, Hervé Ghesquière met en cause l’armée française, surtout son responsable presse en Afghanistan, coupable, selon lui, d’avoir « intoxiqué » l’Elysée et le gouvernement en leur affirmant que les journalistes cherchaient « à tout prix à rencontrer des talibans« , ce qui avait causé leur perte.

Le lieutenant-colonel Fouquereau avait estimé en octobre que la procédure était « totalement +décorrelée+ du livre et de tout ce que peut dire aujourd’hui M. Hervé Ghesquière, qui fera l’objet d’une étude« .

« J’attends que la justice reconnaisse le bien-fondé de ma démarche. Je fais confiance à la justice pour pointer les responsabilités des uns et des autres« , a déclaré jeudi à l’AFP M. Fouquereau qui sera présent à l’audience.

Par 

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