#PanamaPapers : le « journalisme d’investigation » du Ctrl+F par Viktor Dedaj

Par Olivier Berruyer, le 10 avril 2016

Les Crises

 


J’avais fait le choix de ne pas évoquer cette affaire sur LC2.0 tant nous en sommes gavés ad nauseam, mais voilà que je suis tombé ce matin, de bonne heure et de bonne humeur, ce qui est tout à fait exceptionnel en ce qui concerne la bonne humeur, donc je tombe sur cet excellent billet du non moins excellent Olivier Berruyer, tellement excellent que j’ai décidé de le partager avec vous. Alors, s’il est UN article à lire sur #PanamaPapers, c’est bien celui-ci. Bonne lecture et excellent dimanche. //RO

 


Vous souvenez-vous de la première fois où vous avez réussi à lacer vos chaussures sans assistance ? Peut-être pas, mais vous avez sûrement sautillé sur place avec fierté, abordé tout adulte présent dans le périmètre pour lui faire constater de visu l’exploit. Plus débrouillard, vous auriez sans doute appelé un huissier pour immortaliser ce grand moment. Et même si les versions divergent, les Anciens qui ont connu cet épisode sont unanimes au moins sur un point : vous étiez drôlement mignon.

Connaissiez-vous le Consortium International des Journalistes d’Investigation ? Avouez que vous n’en aviez jamais entendu parler avant. Et pourtant, il existe depuis 1997. Basé aux Etats-Unis (à Washington – quelle meilleure base arrière pour faire des enquêtes et lancer des alertes ?), le Consortium affiche une liste de médias plus prestititigieux les uns que les autres, véritable « dream team » de la presse libre : El Pais, El Mundo, le Monde, Le New York Times, Le Washington Post, BBC, The Guardian, El Nacion… et j’en passe, d’un peu partout dans le monde.

Ah la la… On se souviendra avec émotion du travail inoubliable accompli par ce Consortium du Monde Libre (*). Leur travail sur les attentats du 11 Septembre 2001 – un modèle du genre. Leur ténacité sur les armes de destruction massive en Irak – un bijou. Leur longues enquêtes sur la plus féroce et longue « tentative de crime humanitaire du 20ème siècle », et qui perdure, à savoir la tentative de blocus des Etats-Unis contre Cuba… Leur détermination à révéler les origines et relations de l’Etat Islamique – j’en pleure encore. Ah, sans oublier leur couverture des nazis en Ukraine, des charniers en Colombie, des cartels de la drogue au Mexique (où, entre 1997 et février 2016, on compte un peu plus de 200 journalistes assassinés), des tentatives de coups d’état au Venezuela… bref, la liste est tellement longue.

Depuis hier, le Consortium est en surchauffe et en mode auto-congratulation maximum car voici qu’on nous annonce la plus grande révélation de tous les temps (graphiques à l’appui). Certes, certains médias français ont encore du mal à cracher le nom de leur patron présent dans la liste (Rappel : il s’appelle Drahi), mais bon, ne faisons pas la fine-bouche.

Pour le reste, j’ai noté la présence de personnalités plus ou moins déjà « grillées » (une sorte de confirmation, dirons-nous) et – sans surprise, avouons-le – quelques chefs d’état qui n’étaient déjà pas en odeur de sainteté sous nos latitudes (je trouve qu’il manque un peu de Front National pour boucler la boucle).

Permettez-moi de rendre un hommage appuyé à ces guerriers de l’information car il en faut du professionnalisme et de l’abnégation pour :

1 – soulever son cul de sa chaise
2 – ouvrir une enveloppe trouvée dans son casier
3 – sortir la clé USB
4 – la connecter à son ordinateur
5 – décompresser (probablement) les fichiers et
6 – lancer une recherche (Ctrl+F) sur des Giga Octets de données histoire de voir qui c’est qu’on y trouve.

Yep. Du grand travail d’ « investigation ». Du même niveau que celui que nous déployions pour trouver des œufs de Pâques cachés dans le jardin – et encore.

 

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Source : Le Grand Soir, Viktor Dedaj, 04-04-2016


 

 

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

4 thoughts to “#PanamaPapers : le « journalisme d’investigation » du Ctrl+F par Viktor Dedaj”

  1. « Quand on parle pognon » Merci ! Votre post refléte exactement le fond de ma pensée ! Et nous ne saurons RIEN de plus ! « ILS » faut bien qu’ils protègent le projet TAFTA n’est-ce pas !

  2. Panama papers, une grande manipulation dans laquelle tous les médias se sont précipités ;il suffit de chercher a qui profite le crime aux chantres de la manipulation, le conglomérat politico financier US, qui sont visés en France, les réfractaires de la mondialisation le FN, qui sont ceux plébiscité Hollande petit soldat de la mondialisation et Juppé celui qui va lui prendre le job, depuis 2008 c’est la cinquième affaire de paradis fiscaux, rien ne change vraiment quelques uns sont mis a la questionette place de Grève pour calmer le bon peuple François et par derrière la commédia dell’ arté continue.

    Quand on parle pognon, à partir d’un certain chiffre tout le monde écoute.
    M.Audiard (le pacha)

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