Pas de critique du chef de l’État depuis l’étranger ou devant les étrangers. Ben, voyons !

Par Georges Michel*, le 09 octobre 2015

Boulevard Voltaire

Il faut bien reconnaitre que la fonction présidentielle s’est fortement détériorée, avec l’arrivée au pouvoir de Monsieur Nicolas Sarkozy, notamment après le célèbre « casse-toi pôv con »… Les socialistes n’ont fait qu’accélérer ce déclin. //RO

 

 

Il y a bien longtemps que l’on ne se gêne plus, à droite comme à gauche, pour tirer sur l’Élysée hors du strict périmètre national.

Paraît-il, cela ne se fait pas d’attaquer le chef de l’État depuis l’étranger ou devant les étrangers lorsqu’on est un responsable politique digne de ce nom. C’est, en gros, ce que les leaders de la droite républicaine se sont empressés de répéter après l’intervention de Marine Le Pen au Parlement européen. Et pourtant !

Sans remonter à la déclaration de Georges Pompidou en 1969, baptisée « appel de Rome », qui avait été considérée par certains fidèles du Général, dans le contexte de l’époque, comme un crime de lèse-majesté – Pompidou avait déclaré : « Ce n’est un mystère pour personne que je serai candidat à une élection à la présidence de la République quand il y en aura une… »-, il y a bien longtemps que l’on ne se gêne plus, à droite comme à gauche, pour tirer sur l’Élysée hors du strict périmètre national.

En 2009, Ségolène Royal, qui devait encore à l’époque se prendre pour Jeanne d’Arc, s’était permis de demander pardon lors d’un déplacement au Sénégal pour les propos tenus par Nicolas Sarkozy sur « l’Homme africain ».

En mars 2013, à Bruxelles, Nicolas Sarkozy, à l’occasion d’une cérémonie officielle de remise de Légion d’honneur – et qui, donc, officiait « au nom du président de la République », pour reprendre la formule officielle qu’il dut obligatoirement prononcer pour que l’intronisation soit valide ! -, avait critiqué, à mots à peine voilés, la politique fiscale de François Hollande.

En septembre 2013, alors qu’il se trouvait en Russie, François Fillon, le même qui n’avait pas de mots assez sévères avant-hier pour condamner les propos de Marine Le Pen, avait critiqué la position de la France sur le conflit syrien, devant Vladimir Poutine. Il avait notamment déclaré : « Je souhaite à cet égard que la France retrouve cette indépendance et cette liberté de jugement et d’action qui, seules, lui confèrent une autorité dans cette crise. » Si ce n’était pas des propos humiliants pour le locataire de l’Élysée… Et devant le maître du Kremlin, en plus !

Plus récemment encore – en juillet dernier -, lors de la crise grecque, Nicolas Sarkozy (encore lui !) avait critiqué violemment, depuis Bruxelles, François Hollande alors même que ce dernier s’y trouvait pour le sommet des chefs d’État de la zone euro. « Il faut que M. Hollande se ressaisisse », avait-il déclaré comme s’il s’était agi de parler d’un mauvais élève.

 

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  • Colonel à la retraite

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.