Polémique Obono-Valeurs Actuelles : parce que ce ne sont pas des négriers noirs qui ont vendu leurs « frères » noirs aux négriers blancs ?

Bernard Lugan – Le 30 août 2020

Quelle insolite et même « surréaliste » polémique pour un simple pastiche ! A travers la personne de Danielle Obono, porte-parole de la France Insoumise, l’hebdomadaire « Valeurs Actuelles » a en effet mis en évidence sous une forme se voulant humoristique, le rôle de certains peuples Africains dans la vente des esclaves noirs aux négriers européens. Présentée comme une victime de cette traite, Madame Obono a, parait-il, été ulcérée de ce qui pourrait s’apparenter à une « réponse du berger à la bergère ». Au mois de juin 2020, devant le Parlement européen, n’est-ce pas le groupe LFI qui a en effet déposé un amendement visant à ne reconnaître comme « crime contre l’humanité » que la Traite européenne, la seule traite européenne, et non  « la traite des esclaves » en général, comme cela était prévu dans le texte initial ?

Cette polémique illustre en réalité le niveau d’abêtissement et, plus grave encore, de dhimitude intellectuelle du monde politique français. Trémolos dans la voix, la main sur le cœur, Rassemblement national compris, tous les partis politiques ont en effet réagi par réflexe pavlovien et dans l’ignorance » bétonnée de la question. Au pays de Descartes, l’émotionnel semble donc avoir définitivement pris le pas sur la Raison…

https://bernardlugan.blogspot.com/2020/08/polemique-obono-valeurs-actuelles-parce.html

3 réflexions au sujet de “Polémique Obono-Valeurs Actuelles : parce que ce ne sont pas des négriers noirs qui ont vendu leurs « frères » noirs aux négriers blancs ?”

  1. Il me semble que se tromper dans l écriture des noms propres, n est pas punissable par la loi.

    Alors si je fais une fo^ te dans l ecriture de son nom en l appelant Madame Bonobo, dois je craindre la chaise electrique

  2. La bataille de Kousséri, le 22 avril 1900, près de Kousséri au Cameroun et à proximité de la ville actuelle de N’Djaména, au Tchad, a lieu entre les soldats français de différentes colonnes venus de l’Empire colonial français et renforcés de supplétifs du Royaume du Baguirmi, et l’armée de Rabah, qui est battu et tué dans la bataille.

    Le commandant Amédée Lamy (celui qui a donné son nom à la capitale du Tchad) y a aussi laissé aussi la vie.

    Au XVIe siècle, le Kanem-Bornou redevient avec le « Mai » (roi) Idriss, un empire puissant dont l’influence s’étend de Kano jusqu’au Darfour. Sa prospérité économique s’appuit sur le commerce, en particulier sur la traite des esclaves vers l’Arabie. Le Kanem-Bornou tombe en 1893, après près de dix siècles d’existence, sous les coups de Rabah.

    Autrement dit, il est venu coloniser le pays voisin pour y faire des affaires, dirions nous aujourd’hui.

    On ne peut quand même pas reprocher aux français d’avoir « neutralisé », comme on dit aujourd’hui, l’affreux Rabah, un marchand d’esclaves venu du Soudan qui richissime s’offre une armée équipée d’armes modernes et […] maintient son emprise sur la région jusqu’à la colonisation européenne…. précisément peu avant 1900, début de la colonisation.

    Les français ne sont quand même pas responsable de ce qui s’est passé avant leur arrivée.
    [Source : Agora Africaine [https://agoraafricaine.info/2019/09/11/histoire-du-niger-agadez-carrefour-de-routes-et-de-civilisations/]

    Notre députée de la France Insoumise a trop appris « Nos ancêtres les gaulois ».. Heureusement, Bernard Lugan, Agora Africaine et bien d’autres reconstituent avec bonheur une histoire trop souvent transmise oralement.

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