Polémique sur un « plan caché » d’économies à la Défense

 

Par XAVIER SIDANER  Publié le 12 mai 2014

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Le gouvernement s’apprêterait à lancer de nouvelles coupes budgétaires de 1,5 à 2 milliards d’euros annuels, affirme le député UMP Xavier Bertrand. « Il n’y a pas de plan caché », dément Manuel Valls.

Pour la droite, le gouvernement s’apprête à tailler dans les dépenses du ministère de la Défense. Le député UMP de l’Aisne, Xavier Bertrand, a accusé dimanche 11 mai, lors au Grand Rendez-vous iTélé-Europe 1-Le Monde, François Hollande et le gouvernement de préparer de nouvelles coupes budgétaires d’environ 2 milliards d’euros par an dans la Défense dans le cadre du plan de 50 milliards d’euros d’économies sur la dépense publique.

« Dans la réalité, les 50 milliards d’euros ne seront pas au rendez-vous », a mis en garde Xavier Bertrand. « Pour compenser les économies qui ne seront pas au rendez-vous, le président de la République et le gouvernement sont en train de préparer de nouvelles mesures qui sont pour l’instant secrètes » a poursuivi Xavier Bertrand, qui semble bien informé.

« Ce qui est prévu, le monde de la Défense nationale le sait précisément, ce qui a été demandé, c’est de prévoir des coupes budgétaires de 1,5 à 2 milliards d’euros par an pendant trois ou quatre ans, de façon à pouvoir espérer atteindre les 50 milliards euros », a précisé l’ancien ministre UMP.

Pour lui, « ça toucherait dans ces conditions à notre puissance navale (…) la dissuasion nucléaire (…) et ça touche également à notre puissance aérienne ». « Ce serait une folie sans pareil », a-t-il mis en garde. « Notre sécurité, notre défense n’ont pas à être sacrifiées parce qu’un président de la République s’est fourvoyé depuis deux ans », a fustigé Xavier Bertrand.

Sommé de réagir aux allégations du député de l’Aisne, Manuel Valls a assuré, le soir même sur TF1, qu’il n’existait pas de « plan caché » de réduction des crédits de la Défense, même si « chacun doit faire un effort » dans la réduction des dépenses publiques. Le budget 2014 de la Défense a été « sanctuarisé » à hauteur de 31,4 milliards d’euros, ce qui n’empêchera pas les coupes dans les effectifs de se poursuivre. 23 500 postes doivent être supprimés d’ici à 2019, en plus des 10 000 restants de la réforme précédente, soit de l’ordre de 34 000 d’ici à 2019.

« Irresponsable »

« Tout le monde doit participer à la réduction des déficits. Et nos armées qui se battent courageusement sur différents terrains, je pense notamment au Mali et en Centrafrique, doivent être préservées. Chacun doit faire un effort. Il n’y a pas de plan caché, nous sommes au contraire dans la vérité et dans la transparence parce que les Français le demandent », a rétorqué Manuel Valls.

L’entourage du ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a également réagi auprès de l’AFP, soulignant que « le ministère n’a pas été informé de la suppression de crédits militaires budgétaires depuis le vote de la loi de programmation militaire 2014-2019 en décembre dernier ».

Des propos qui n’ont pas calmé les ardeurs de la droite. Jean-François Copé, président de l’UMP, a jugé, lundi 12 mai, sur Europe 1 « intenable » et « irresponsable » l’hypothèse de coupes budgétaires dans le budget de la Défense. « Le Premier ministre est resté très ambigu et cela confirme que le lièvre que Xavier Bertrand a levé au nom de l’UMP mérite d’être levé. Nous sommes très nombreux à considérer qu’il y a là un vrai plan caché et j’en suis d’autant plus inquiet que François Hollande s’est à au moins trois reprises engagé à préserver notre outil de défense », a déclaré le leader de l’UMP.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.