Pourquoi « Je ne suis pas Mai 68 » ?

Par Régis Ollivier, le 20 octobre 2017

Le Colonel

 

 

Pendant que vous faisiez l’amour, à plusieurs bien sûr, nous faisions la guerre, ailleurs… 

 

 

© Tosque Jean-Louis

 

 

Pourquoi « je ne suis pas Mai 68 » ? 
 
En mai 1968, j’allais vers mes 16 ans et j’étais bien loin de toutes ces barricades. J’en étais à mon second emploi. Je m’étais fait virer du premier et le second allait connaitre le même sort. Sorti du système scolaire à l’âge de 14 ans, car il en était ainsi à cette époque là, avec mon Certificat d’Études Primaires en poche, je me suis entendu dire, bien avant mes 14 ans d’ailleurs de la part de la personne chargée de mon éducation – car j’étais un enfant de l’ADASS, « tu vas aller bosser ». Alors je suis allé bosser. Des jobs de merde. Dans lesquels j’étais exploité. Mais peu importait à mon grand-père maternel puisque c’est de lui qu’il s’agissait, du moment que je ramenais un salaire dont je ne voyais pas un franc. Avant que je ne me fasse virer du troisième job, tout aussi crade que les autres, et mettant à profit une adaptation provisoire sur l’âge légal de l’engagement dans les armées, j’ai signé mon premier contrat d’engagement pour cinq ans dans les Troupes de Marine. C’était en 1969. 18 mois plus tard, j’apprenais que j’étais désigné pour servir au Tchad. De nombreux camarades y sont morts. 
 
Alors, je ne suis en rien mai 68 et je ne suis en rien responsable de tout ce qui en a découlé. Je vous passe les détails, vous les connaissez aussi bien que moi. Ce sont ces soixante-huitards qui sont aujourd’hui responsables devant leurs enfants et leurs petits enfants de l’évolution anormale de la situation en France. Après mai 68, tout a fichu le camp en France. Et notre beau pays est tombé dans la décadence la plus profonde.
 
Moi, je n’assume pas cette descente aux enfers.
 
J’ai choisi de servir mon pays durant 43 années et je n’ai pas choisi d’être un acteur du pire.
 
Alors, la commémoration de mai 68, je m’en bats les couilles. Quant à vous mesdames et messieurs les soixante-huitards des barricades, les papy et mamy boomers, assumez vos conneries au grand jour.
 
La France d’aujourd’hui, c’est vous. Honte à vous.
Mai 68 nous a tueR

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

13 thoughts to “Pourquoi « Je ne suis pas Mai 68 » ?”

  1. Chère Madame, votre commentaire est tellement amusant que j’ai choisi de le laisser en ligne pour que tous mes lecteurs en profitent.Cela dit, ça m’en touche une sans faire bouger l’autre comme disait Jacques Chirac. Continuez à partouzer en famille. //RO

  2. Mai 68 j’étais pilote de chasse à Toul Rosières. J’avais 24 ans. Le gouvernement a eu si peur que ce soit une vraie révolution que les appelés de la base ont été consignés et que les sous-officiers engagés comme moi montions la garde à leur place et patrouillions jour et nuit pour « défendre » le périmètre MAT49 à la hanche. Mais c’était une révolutionnette de branleurs qui comptaient bien ne pas aller plus loin que saccager et interdire d’interdire, avec les résultats décrits plus haut. En cela, c’est une vraie victoire. Que les sagouins cités plus haut soient encore des hommes publics montre bien où nous sommes tombés ou plutôt où ils nous ont fait tomber.
    Mais qui sait? Peut-être sont-ils conviés à la commémoration pour y être arrêtés « tous ensemble-tous ensemble »: un traquenard du genre de la bombe atomique de Boris Vian:
    « Voilà des mois et des années
    Que j’essaye d’augmenter
    La portée de ma bombe
    Et je n’me suis pas rendu compt’
    Que la seul’ chos’ qui compt’
    C’est l’endroit où s’qu’ell’ tombe. »

    J’ai toujours été un rêveur.

  3. Cher Monsieur, personne ne vous a empêché de choisir volontairement d’aller vous faire tuer au Tchad (d’ailleurs, je ne voudrais pas être désobligeant, mais vous avez échoué). Expliquez nous donc pour quelle raison vous voulez empêcher les gens de vivre comme ils le souhaitent alors que cela ne vous concerne pas.

    Occupez vous plutôt de vos fesses fripées.

    Faites comme la salope hitléro-catholique Boutin, qui vient de se retirer de la vie politique (il ne lui reste plus qu’à se retirer de la vie tout court), elle dont le cousin de mari lui a répété toute leur vie : nous autres, on fait ça en famille !

  4. oui, oui mais… d’accord, d’accord mais… on peut ne pas être responsable des erreurs ou des choix passés mais on a toujours la responsabilité de faire les choix d’aujourd’hui, à déterminer en fonction de la situation d’aujourd’hui pour essayer de construire l’avenir à partir de la situation d’aujourd’hui
    se laver les mains , c’est comme considérer que le président élu, parce que ce n’est pas SON candidat, n’est pas notre président. c’est comme considérer que parce qu’on vit dans une province riche et qu’on travaille, qu’on peut quitter le bateau et se barrer vivre sa vie dans son coin.
    cela dit, la commémo de 68 , on va y avoir droit et cela va nous emmerder pendant tout le mois de mai.

  5. Il est bon de ne rien oublier ! Les plus jeunes doivent connaître les méfaits de ce mois de Mai 1968 qui a causé bien des maux à notre Pays. Le seul avantage, comme le signale Daniel Collet, est sans doute l’augmenatation des salaires. Le « fameux » IL EST INTERDIT D’INTERDIRE a engendré bien des dégâts !

  6. Mai 68, mon premier job civil après un ADL dans les chasseurs alpins, histoire de réfléchir. Et c’est là que tout a commencé. Des semaines de 55 à 60 heures sans lever le nez, puis une direction régionale à Marseille comme conseiller juridique… ça ne s’est plus arrêté à ce rythme, pendant vingt ans. Alors, mai 68, c’est l’histoire d’un mec qui la ferme, et bosse sans compter, sans même comprendre la « révolte » des gauchistes, trotskistes, maoïstes, communistes et autres fumistes qui déjà détruisaient le pays. C’est l’histoire d’un mec qui depuis a vu s’écrouler l’éducation nationale, l’enseignement universitaire, les valeurs républicaines, et celles de la famille, et qui ne cesse de dire à ceux qui voudraient se plaindre: Ferme- là, bosse, bosse encore. Personne ne te doit rien. Tu te dois tout. Chez nous, c’est comme ça qu’on conquiert ses étoiles.

  7. J’y étais, en Fac, à Besançon. Seul point positif à l’époque, c’était d’avoir permis à cette Faculté de se libérer du joug de Dijon ! Arrivée en France depuis moins d’un an, pour passer mon BAC (en 6 mois considérant le décalage d’année scolaire avec mon TOM du Pacifique), j’étais encore ahurie de n’entendre que politik-politik-politik autour de moi, seul sujet des conversations hexagonales. Besac fut aussi ‘chaud’ que Paris. Les réélections ratées pour l’équipe sortante au sein du MNEF avaient été le prétexte-fusible pour qui s’en souviennent. Simple observatrice dans un tel marécage – puisque difficile de trouver des salles pour étudier – j’avais perçu pourtant que les meneurs prenaient leurs ordres « d’ailleurs » – que ce chaos avait un agenda ordonné ! Agenda qui se vérifiera au travers les livres scolaires de mon fils (né fin 1968) par la suite : une déconstruction de la qualité de l’enseignement de mon époque ; que la génération de mon fils et suivantes n’auront plus jamais la chance de connaître. Il suffit de lire dailleurs les commentaires publiés sur FB d’aujourd’hui pour constater le niveau intellectuel de cette déchéance réussie… Mes interrogations sur l’identité de la main derrière Mai ’68 restaient entières – chez d’autres aussi, de toute évidence. Ils étaient 18 « leaders », 18 liés au sein d’une même forme philosophique de pensée (D. Cohn-Bendit, A. Finkielkraut, O. Castro, D. Schulmann, Y. Fleischl, B. Kouchner, A. Geismar, G. Levy (ZL) alias P. Victor de l’Institut d’Etudes Lévinassiennes, A. Glucksmann, R. Linhardt, T. Grumbach, M. Kravetz, A. Krivine, M. Recanti, D. Bensaïd, H. Weber, P. Lambert né Boussel, D. Gluckstein. Cette « pensée » toujours et encore pilotée, financée par les banksters. A l’identique des bolcheviques de 1917. En Janvier 1973, le gouvernement Pompidou, avec VGE, pions d’un même bankster, pondaient leur « loi » pour interdire à la France de s’emprunter à elle-même à taux zéro et de l’obliger à emprunter au marché avec intérêts, sans aucune raison… Amen.

  8. Je m’en doutais en pensant qu’il n’oserait pas le faire. Macron peut TOUT car il l’a fait Macron pour cette commémoration n’a pas trouvé mieux pour l’accompagner que d’inviter dany le rouge grand organisateur de MAI 68 aidé bien entendu par la CIA.

  9. Mai 68 c’est pour moi le début de la dégringolade dans l’Education Nationale. Nous savons tous ce qu’il en est maintenant.

  10. Merci beaucoup pour ce commentaire. La génération Dolto me sort par les yeux. Et effectivement, on était bien à Djibouti à faire de FD 🙂 Même sans la clim Amitiés

  11. Bravo et merci pour l’anecdote de votre entrée dans la vie professionnelle puis votre engagement dans les Troupes de Marine. Et oui, à une époque où la majorité était à 21 ans, on pouvait s’engager dans l’Armée à 17 ans et quelques mois et on en était fier.
    Mai 68, c’était la Légion à Djibouti où les nouvelles n’arrivaient pas de Métropole mais quelques temps plus tard nous avons vu nos soldes sensiblement augmenter, nous ne savions pas pourquoi et n’avons rien demandé, un petit billet et des pièces de plus au fond du képi.
    Pour terminer, je suis bien content de ne pas être « un enfant Dolto ».

  12. En Mai 68 , je devais passer mon DE d’infirmière en juin , donc pas de barricades ni pour moi , ni pour mes camarades de promotion , au contraire l’école nous a mis au travail pour remplacer les IDE grévistes , c’était à Caen , impossible de quitter l’hôpital le soir , nous enchaînions les jours et les nuits !
    Nous avons vu la destruction puis la fermeture de la Saviem ( grâce aux syndicats) les hauts fourneaux non plus ne s’en sont pas remis et grand nombre d’entreprises , le port de commerce à perdu également de son intêret
    Alors commémorer Mai 68 , c’est commémorer le début de la déconstruction industrielle ,économique et intellectuelle c’est d’une idiotie inouïe ! Pourquoi ne pas élever ,aussi, une statut de Cohn-Bendit, anti Français , casseur et j’en passe !!!

  13. Je ne peux que partager l’intégralité de cet article. Merci à son auteur. « Pourquoi je ne suis pas MAI 68 ? »
    Parce que MAI 68 M’A TUER !

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