Présidence de l’UMP : le livre qui accuse Copé

Dans « le Coup monté » (Plon), deux journalistes reviennent sur les manipulations qui ont émaillé le scrutin de novembre et désignent un coupable : l’actuel patron de l’UMP.

Didier Micoine | Publié le 01.04.2013, 10h54

 


Paris, vendredi. Pour Jean-François Copé, le livre qui revient sur son élection à la tête de l’UMP « est un baroud d’honneur de journalistes très engagés » en faveur de François Fillon.

Paris, vendredi. Pour Jean-François Copé, le livre qui revient sur son élection à la tête de l’UMP « est un baroud d’honneur de journalistes très engagés » en faveur de François Fillon. |(AFP/Fred Dufour.)

C’est une piqûre de rappel désagréable pour Jean-François Copé. Quatre mois après la calamiteuse élection pour la présidence de l’UMP, un livre relance la polémique en revenant longuement et de façon circonstanciée sur les conditions du scrutin de novembre. De quoi raviver la rivalité entre Copé et François Fillon alors que la direction élargie du parti planche sur la révision des statuts et l’organisation d’un nouveau vote en septembre,

Pour les journalistes Carole Barjon et Bruno Jeudy, « l’oubli » des résultats de trois fédérations d’outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Mayotte et Wallis-et-Futuna), qui auraient permis à François Fillon de l’emporter, n’est pas une « erreur matérielle », selon l’expression de Copé, mais relève d’une manipulation.

Ils citent le sénateur Patrice Gélard, président de la commission de contrôle des opérations électorales, la désormais fameuse Cocoe. « On ne m’enlèvera pas de l’idée que c’est un coup monté », leur aurait-il confié, désignant deux proches collaborateurs « dévoués à leur chef Copé, auquel ils obéissent ». Une accusation très lourde pour le député-maire de Meaux. Tellement lourde que Gélard dément aujourd’hui avoir tenu ces propos. Mais les auteurs, eux, maintiennent l’intégralité des paroles rapportées.

Chez Fillon, on se réjouit évidemment de voir étayées les accusations de tricheries que l’ancien Premier ministre avait lui-même dénoncées en novembre. « Il n’y a rien de nouveau, commente le député de Paris. C’est ce que j’ai toujours dit. Le résultat de cette élection me donnait une très courte victoire et il a été inversé dans des conditions inacceptables. »

Le nouveau scrutin aura-t-il lieu ?

Dans le camp Copé, on cherche tant bien que mal à minimiser la portée d’un livre qualifié de partisan. Dénonçant un « petit coup qui ne vaut pas grand-chose », Copé a lâché vendredi : « C’est un baroud d’honneur de journalistes très engagés (NDLR : en faveur de Fillon). » « Ce livre, où Fillon est le gentil et Copé le méchant ne reflète absolument pas la réalité », renchérit un proche du maire de Meaux.

« Mon objectif est de rassembler, la page est tournée », veut croire Copé. Descendu au plus bas dans les sondages après le psychodrame de novembre, le président de l’UMP cherche aujourd’hui à reconstruire une image dégradée dans l’opinion. Il a repris ses tournées dans les fédérations et entend apparaître comme le leader de l’opposition.

Ce livre, qui fourmille par ailleurs d’anecdotes, va-t-il relancer le combat des chefs? Depuis l’accord du 17 décembre, la hache de guerre est officiellement enterrée, même si l’ambiance reste à la paix armée. L’UMP s’est dotée d’une direction pléthorique autour de Copé, qui demeure président jusqu’à l’organisation d’un nouveau scrutin, en septembre. Mais justement, ce nouveau vote aura-t-il bien lieu? Alors que Fillon, qui a dévoilé ses ambitions pour 2017, laisse planer le doute sur sa volonté d’être à nouveau candidat à l’UMP en septembre, certains se le demandent. D’autant que les militants, eux, ne semblent pas très favorables à un nouveau scrutin. « Ce n’est plus à Copé et à Fillon de tout régler depuis leur bureau, estime l’ancien ministre Xavier Bertrand. Les adhérents vont être consultés pour ratifier les nouveaux statuts du parti. Il est très simple d’ajouter une question pour leur demander s’ils veulent revoter en septembre. » Et de prévenir : « Ce qui est sûr, c’est que l’UMP ne pourra pas se permettre de revivre ce qu’on a vécu. Le mouvement n’y survivrait pas. »

« Le Coup monté », Carole Barjon et Bruno Jeudy. Plon. 14 €, 210 pages 

Le Parisien

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.