Présidentielle 2017: Une campagne sans fond face à un nouveau clivage politique.

Par Romain Cro, le 27 mars 2017

Le Colonel


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La campagne pour la présidentielle 2017 est certainement la plus scandaleuse que nous ayons connue en France, jamais le fond n’avait été aussi éloigné des réalités sur les véritables enjeux pour la France et les Français.

Les affaires Fillon et Le Pen ont contribué à éviter les sujets qui intéressent véritablement les Français, et même si nous en sommes encore loin, nous nous rapprochons dangereusement du niveau des campagnes américaines, ou seules les petites phrases ont leur importance, tant la démocratie, soit disant chère à notre classe politique occidentale, est flouée par le besoin de distraire les peuples, de ce qui a un réel impact sur leur avenir.

L’influence américaine, positive pour les uns, néfaste pour les autres, pèse de plus en plus sur la France, que se soit pour le meilleur, ou pour le pire.

La démocratie censée être le meilleur moyen pour représenter le peuple, se transforme de plus en plus comme meilleur moyen de le diviser, face à des sujets importants. À l’heure où certains pensent que la situation de l’Union Européenne court à la catastrophe, et qu’une crise de grande ampleur est à venir, nos politiques s’affrontent pour savoir qui est le moins corrompu de tous, et évitent soigneusement de s’exprimer sur ce qui intéresse encore un peu les français.

Nous sommes donc face à une campagne proche du niveau zéro de la véritable politique, alors même que le clivage droite-gauche, au vu de ce qui s’annonce, est entrain de subir un changement comme nous ne l’avons encore jamais connu. Et là ou certains s’affrontent pour savoir qui est le moins sale, sans s’interroger sur l’impact de leur propre politique, depuis vingt, trente, ou quarante ans, d’autres tentent d’orienter le débat sur ce qui a mené la France dans une situation de ras le bol généralisé, voire, comme en Guyane, de semi-insurrection.

Or, sans parler des détails devenus insignifiants, qui séparent droite et gauche, dans une Union Européenne, qui aujourd’hui tient véritablement les rênes de notre nation, le nouveau clivage qui devrait prendre de l’importance pour cette campagne, se situe entre pro UE, et anti UE.

Le président que choisiront les français, sera dans l’obligation de faire face, comme le prédisent certains journaux, économistes, spécialistes ou politiques, à la fin déjà programmée de l’Europe, qu’il soit pro, ou anti UE, ainsi qu’à l’aggravation, au sein du peuple français, du rejet des institutions européennes. Le prochain quinquennat sera celui du changement forcé, dans une Union Européenne de plus en plus désunie, où chacun tentera de sauver ses propres meubles.

Il devra aussi faire face, à la crise migratoire qui s’aggravera, soit de par la mise en péril perpétuelle du Moyen Orient, et de l’Afrique, soit du fait du changement climatique annoncé, mais aussi, face aux résultats de la politique menée par des États Unis de Donald Trump, un Royaume Uni ayant fait le Brexit, une Russie largement revenue sur le devant de la scène internationale etc …

N’oublions par non plus, qu’il devra faire face une mondialisation galopante, ayant bouleversée tous les schémas traditionnels des clivages politiques à travers le monde.

Car si pour certains, nous sommes obligés de subir la mondialisation de gré ou de force, sacrifiant au passage l’ensemble des avancées sociales, pour d’autres, il n’est pas impossible de faire machine arrière, et de faire vigoureusement face à un système broyant les peuples chaque jour un peu plus.

Alors que la campagne creuse toujours plus pour trouver et toucher le fond, les vrais enjeux sont l’ensemble des changements que notre monde va subir, avec plusieurs chocs à venir.

Les peuples face à une nouvelle crise mondiale.
Les peuples face à la mondialisation.
Les peuples face au changement climatique.
Les peuples européens face à l’Union Européenne.
Les peuples face au terrorisme (quel qu’il soit)
Et tant d’autres.

Bref, comme nous pouvons le voir, la campagne pour la présidentielle de 2017, est vraiment à coté de la plaque.

 

Romain

 


 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

8 thoughts to “Présidentielle 2017: Une campagne sans fond face à un nouveau clivage politique.”

  1. Finalement le « fort du menton » s’est rallié… plutôt que prévu ! On peut penser que l’afflux de ténors socialistes à ce stade de la campagne n’est pas forcément idéal pour Macron, dans la mesure où il finirait par incarner le cache-misère d’ un certain gauchisme, plutôt qu’une nouvelle force politique centriste et non « alignée »…
    Le syndrome du baiser de gauche qui tue pourrait bien lui assécher les suffrages de droite.
    Fillon pourrait dans ces conditions remonter légèrement tandis que Macron devient de plus en plus comptable du bilan du gouvernement actuel, au fur et à mesure des ralliements (toujours du même bord).

    Reste à savoir dans quelle mesure ce dernier point peut freiner, voire inverser la dynamique de progression d’En Marche, dès lors que quelques anciens ministres de plus auront rejoint et que l’opinion publique ouvrira – enfin – les yeux.

  2. A contrario, on peut aussi analyser la campagne de la façon suivante :
    – la campagne n’est pas médiocre, au contraire elle est brillamment menée pour atteindre son but : l’élection du Young Leader Macron, faux-nez de l’hyper-classe mondialiste
    – les affaires sont un brouillard de guerre très efficace pour détourner l’attention des vrais enjeux : la souveraineté du pays face à l’UE. Qui peut encore raisonnablement croire que l’abaissement de la France à cause des options prises précédemment se règlera avec encore plus de dissolution dans l’Europe politique ? On est en plein second principe de la logique shadok : « plus ça rate, plus on a de chances que ça marche »…
    – des moyens considérables sont utilisés : jeu avec le secret de l’instruction, accélération des procédures administratives, le calendrier très opportun et son déroulé démontre qu’il s’agit d’un plan bien préparé qui est en cours de réalisation, …
    – les media « indépendants » (bien que grassement subventionnés) sont à la manoeuvre en jouant leur rôle de caisse de résonance…
    – le FN est boosté pour figurer au second tour tandis que la dynamique du PS est cassée en raison des nombreuses défections vers En Marche – configuration idéale pour faire passer Macron comme le seul rassembleur crédible à gauche…

    Donc en résumé, la campagne semble se dérouler comme sur des roulettes, mais du point de vue de… l’Elysée.

    Mais le clou du spectacle se passera entre les deux tours, lorsque Valls fera à Macron une proposition qu’il ne pourra refuser : la constitution et l’animation du grand Front Républicain qu’il prépare, pour lequel il faut un tribun autrement fort du menton que le gentil Hamon ou le tendre Macron !

  3. Il y a cinq ans au Bourget le président normal ! la finance est mon ennemi, nous apprenons que les banques Francaises sauvées par Sarko en 2008, viennent de faire de faire plus de 5 milliards d’optimisation fiscale dans les paradis fiscaux avec de l’argent gagné en Europe quel patriotisme pour les amis de macron et que dire de Villepin qui a privatisé les autoroutes et qui va retrouvé chez macron ,Alain Minc le président de la Sanef, Macron est entrain de devenir le leader d’une peste en col blanc.

  4. L’influence américaine ? En quoi les zaméricains seraient-ils concernés ?
    Au droit de copyright car la campagne présidentielle Française serait aussi moche que le duel Donald-Hillary ?
    Toutefois, je vois des deux cotés de la mare des « fake news » à la pelle et des agences de presse totalement acquises à un candidat parfaitement radioguidé.
    Quel

  5. Désolé et confus. Ca m’a échappé. Il faut dire que le coeur n’y est plus tout à fait en ce moment.

  6. « qui aujourd’hui tient véritablement les rennes de notre nation… »
    Les rênes, voyons, pas les rennes!

  7. C’est exact, on n’a jamais vu une campagne si médiocre et en prime, non seulement on n’évoque pas les problématiques du moment mais on fait comme si le monde était sans menace. Alors les problèmes de défense sont survolés ; pourtant il faut des forces armées puissantes pour parer à toutes éventualités. Se souvient on de 1940 et de la défaite causée par une mauvaise préparation de nos troupes !. Comme on le proclame dans la bible : « où est le sauveur ? « .

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