« Profs, vous nous… »

Par Emmanuelle Gaüzès le 12 octobre 2014

Boulevard Voltaire

Nous sommes légitimes pour parler de l’école ! Même sans le CAPES.

Après l’article, ô combien courageux, d’une enseignante exaspérée (« Parents d’élèves, vous nous emmerdez ! »), après l’anthologie des mots d’excuse ridicules de parents d’élèves (parfois très drôles, il faut bien l’avouer), voilà le bouquin (roman de science-fiction, essai, étude sociologique ?) : La Tyrannie des parents d’élèves.

À grand renfort de pub, d’interviews dans la presse, à la radio, à la télé, ces pourfendeurs de parents s’expriment haut et fort sans aucun démenti audible. À défaut de parents, on aurait aimé entendre ne serait-ce qu’un petit #notinmyname de quelques professeurs !

C’est dans l’air du temps. On sent qu’il y a une tendance, une mode, un courant qui se dessine : et si l’échec de l’école était tout simplement de la faute des parents ?

Et d’ailleurs, qui sont ces emmerdeurs – pire : ces horribles tyrans ? Vous ? Moi ? Quelque 20 millions de personnes doivent se sentir visées !

Et que nous reprochent ces professeurs, au juste ? Nous reprochent-ils d’être des parents anxieux de confier leur rejeton à une institution qui remplit de moins en moins ses objectifs (rapport PISA) ?

Anxieux de s’en remettre docilement à un système scolaire soumis au bras de fer permanent entre politiques et trop puissants syndicats de l’enseignement ? Anxieux de faire confiance à des professeurs qui jugent en refusant catégoriquement d’être jugés ?

Sans vouloir parler au nom de tous, je crois que les parents veulent simplement que leurs enfants soient heureux à l’école, bien intégrés, acceptés, valorisés et qu’ils réussissent, acquièrent des connaissances et des compétences, une bonne culture générale et peut-être aussi qu’ils trouvent leur voie. Avons-nous tort ? Doit-on nous reprocher d’entretenir de telles attentes ?

Alors oui, certains d’entre nous se préoccupent plus que d’autres de ce qui se passe en classe, de l’organisation du temps scolaire, des programmes et même – crime de lèse-majesté – de pédagogie… Certains sont démunis face à l’échec scolaire et ne savent plus vers qui se tourner, ni comment trouver des solutions. Mais la plupart des parents savent bien que la réussite des enfants passe par la réussite du système scolaire dans son entier et aimeraient bien y contribuer.

Chers professeurs, arrêtez donc de citer telle ou telle anecdote sur l’attitude tantôt inqualifiable, injurieuse, pathétique ou drolatique de parents de votre connaissance.

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

One thought to “« Profs, vous nous… »”

  1. L’ennemi public n°1 des profs (dont j’ai été), c’est leur hiérarchie. Les « instructions » de cette hiérarchie sont souvent aberrantes. On voit bien que ces pédagogues en chambre n’ont pas vu ce qu’est une classe depuis des décennies.
    Je me souviens d’une consigne particulièrement loufoque (et jamais appliquée par nous) en anglais: les élèves devaient pouvoir distinguer les différents accents des régions du Royaume Uni.
    Selon les collèges et lycées, le niveau social des parents est très divers.
    Si vous avez la chance d’avoir comme interlocuteur quelqu’un de sensé et de votre niveau, on peut échanger. Sinon, il est très facile de pratiquer l’enfumage en lui assénant le jargon de l’E.N qui le rend coi. Du balai!

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