Quand les vaches ne pèteront plus…

Par le Capitaine (ER) J.M. – Ancien Officier à Titre Etranger – Le 23 juin 2019

© D’après l’oeuvre de Pierre Duriot

Quand Jupiter prend enfin l’écologie au sérieux, il ne fait pas dans la demi-mesure. Il ne sort ni plus, ni moins que l’artillerie lourde. De quoi, changer la donne une bonne fois pour toute, en créant le Conseil de Défense Ecologique…

Personne n’a bien sûr eu le courage de lui dire, qu’il existait déjà 61 conseils et commissions diverses, chargés de cette mission. Mais là n’est pas le problème, le bilan dans le domaine de l’écologie de notre bio président étant pitoyable (1), il ne pouvait rester sans rien faire, surtout après la surprise des verts aux élections européennes. Heureuse surprise d’ailleurs pour lui, qu’il a su habilement utiliser à son profit. Focalisant les médias à sa botte sur ce sujet, et pas sur le fait, que de facto, après ces élections, le R.N. est bien la deuxième force politique dans notre pays. (Merci qui ?)

L’écologie devient donc son nouveau cheval de bataille, puisqu’il y a des voix à gagner pour les prochaines élections. Et que cet oiseau-là, a bien compris que dans ce domaine, il suffit de promettre, de fixer des objectifs à cinq ans, dix ans, voire plus et tout le monde est heureux. Les promesses ne coutent pas un rond à l’Etat et n’engagent que ceux qui y croient.

Ce sujet intéresse d’ailleurs beaucoup les jeunes dans le monde, en Europe et surtout en France. Enfin là, toute de suite, ils font une petite pause bien méritée, épreuves du Bac obligent. Puis ensuite, ce seront les vacances. Avec son lot quotidien de petits et grands gestes pour sauver la planète : traverser toute la France dans un sens, puis dans l’autre, à bord d’une voiture au diesel, des tonnes de crèmes solaires qui finissent dans les flots bleus, des mégots enterrés dans le sable chaud, des canettes de boisson fraiche jetées juste à côté des poubelles. L’environnement reste bien sûr, une préoccupation majeure pour eux surtout la nuit. Même si au petit matin, sur la plage, ce sont les bouteilles d’alcool qui gisent là sur le sable, tels des cadavres. Les services de nettoyage sont heureusement à l’œuvre très tôt le matin, afin de permettre ensuite aux familles de profiter elles aussi de la plage avec les mêmes égards pour l’environnement.  Mais promis juré, dès la rentrée, les jeunes reprendront la grève de l’école le vendredi, afin de bien faire comprendre aux adultes, qu’on ne rigole pas avec l’avenir de la planète…

Alors, justement où en sommes-nous dans ce domaine, dans notre douce France ?

Le nucléaire par exemple : Le calendrier proposé par le gouvernement prévoit la fermeture de 14 réacteurs, soit 20 % du parc, d’ici à 2035.  On a donc encore un peu temps devant nous. Cela tombe bien, puisque le futur fleuron français, mais encore et toujours actuel fiasco français, le fameux EPR vient de se prendre encore une bonne claque. Quelques milliards de plus à investir et quelques années encore de patience sont nécessaires. Mais visiblement, ce tonneau des Danaïdes n’émeut presque personne. En France quand on fait une connerie, on va jusqu’au bout et tant pis si ça coûte une fortune aux contribuables. C’est sans doute pourquoi, il n’est jamais nécessaire, de rajouter « con » devant ce mot, car il se suffit à lui seul.

Le glyphosate est un pesticide désherbant présent notamment dans le célèbre Roundup de Monsanto, et il est classé cancérogène « probable » par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Jupiter a choisi de laisser le temps aux agriculteurs pour changer leurs pratiques et trouver des substituts. Puis, il a annoncé dès l’automne 2018, la création prochaine d’un nouveau « machin-chose d’Etat » pour encourager l’abandon du glyphosate. Donc là aussi, nous sommes sauvés, il n’y a qu’à attendre encore un peu que ces encouragements fassent leurs effets.

Les conditions d’élevage des animaux : alors là, on est au top de la connerie humaine en général et au sommet de l’État en particulier, mais bleu-blanc-rouge s’il vous plait. Prenez par exemple deux militants parés de leurs atours de véganiste les plus purs, qui balancent un pavé en pleine vitrine d’un boucher, car ce gros dégueulasse n’est qu’un horrible viandard. Cela fait le buzz et on leur érige aussitôt une stature de héros modernes, car les vraies victimes : ce sont eux ! Toute cette viande, ce sang, cette violence faite aux animaux, c’est trop pour eux. Tout malheureux qu’ils sont à devoir assumer d’avoir été gavés encore enfant chez McDo par leurs parents, qui ne pouvaient que céder à leurs capricieuses requêtes alimentaires. Par contre, ces héros n’éprouvent pas le besoin d’agir avec la même violence, lorsque sortent dans la presse, des images révoltantes concernant « les vaches à hublot ».

Quèsaco ? Vous ne connaissez pas ? Eh bien moi, non plus jusqu’à la parution de cet article (2). Attention, cela donne envie de gerber. Là, vous vous dites, ces pratiques même sous couvert de la science et de la recherche doivent être interdites immédiatement ! Eh bien non, « C’est choquant, mais utile… » voici en synthèse la réponse du gouvernement dans la bouche même de Madame Brune Poirson, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la transition écologique et solidaire. 

Et ces recherches, c’est pour quoi ? Un remède contre le cancer, le SIDA ? Eh bien non, là aussi, vous n’y êtes pas. Il se n’agit ni plus ni moins, que de trouver un moyen de réduire l’usage d’antibiotiques en élevage et de réduire les émissions de nitrates et de méthane (gaz à effet de serre) liées à l’élevage. Aujourd’hui, à l’échelle mondiale, l’élevage représente 14,5 % des émissions de gaz à effet de serre, soit autant que le secteur du transport !

Pour faire court, nos paisibles vaches pètent beaucoup trop et elles vont finir par anéantir la planète ! C’est pour cela que des industriels ont eu la bonne idée, de leur mettre un hublot au niveau du ventre afin de voir ce qui se passe à l’intérieur, et pouvoir y avoir accès pour récupérer des échantillons. Il y avait déjà un orifice naturel qui permet de récupérer régulièrement et facilement ces fameux échantillons, mais apparemment ce n’est pas assez rapide au vu de l’urgence de la situation. On peut attendre indéfiniment pour le nucléaire, le glyphosate, le plastique, le diesel, etc. Mais pas pour ce qui concerne ces vaches qui pètent toute la journée !

Encore un peu de patience et notre bio président pourra annoncer fièrement au monde entier, que grâce à la recherche française (et à sa politique environnementale), que la planète est sauvée et que désormais : Les vaches ne péteront plus…

(1) https://reporterre.net/Le-pitoyable-bilan-de-M-Macron-en-ecologie

( 2)  https://www.lci.fr/population/video-l214-l-horreur-des-vaches-a-hublot-a-sourches-commentees-par-nagui-brune-poirson-choquant-mais-utile-2124660.html

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

2 thoughts to “Quand les vaches ne pèteront plus…”

  1. C’est quand qu’on va mettre un hublot à la tète d’Emanuel ?
    Un temps spécialiste en instrumentation scientifique, j’ai vu qq’uns de ces ruminants à hublot, ici, aux zamerik et ailleurs ! En effet on y mesurait la digestion de certaines plantes et leurs effets sur le système digestif de l’animal, etc. Moi aussi je me suis demandé si ces vaches soufraient. J’ai été étonné de les voir venir vers leurs « soigneuses » et présenter le flanc pour en extraite une sorte de bouillie – peu appétissante, qui sera analysée. Ceci fait elles repartaient à leur rumination habituelle après une petite caresse…. A la retraite (hors taxe), elles n’iront pas à l’abattoir. C’est traditionnel. Un coin de prés vert leur est réservé à vie…

  2. C’est bien: les Français commencent à se mettre au niveau de « leur » président =au niveau du cul des vaches.

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