Quand M. Copé s’en ira, la droite se réveillera

 Publié le 14/11/2013 Par FRANZ-OLIVIER GIESBERT
Publié le 14/11/2013 Par FRANZ-OLIVIER GIESBERT

La gullivérisation est en marche, rien ne l’arrêtera : le président de la République rapetisse à vue d’oeil sur son piton élyséen raboté par le vent, sous les seaux de boue qui lui tombent dessus, tandis que, partout autour de lui, les orages beuglent comme des taureaux.

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François Hollande juge-t-il la France tellement ingouvernable qu’il a décidé de ne pas la gouverner ? En tout cas, il attend. Le retour de la croissance, l’inversion des courbes, Godot, les Tartares et Dieu sait quoi encore. Sans jamais se départir d’une sorte de placidité stoïque et résignée.

C’est le temps des huées, des sarcasmes ou des apostrophes. Et nos chers lettrés de convoquer l’Histoire, en citant notamment Georges Clemenceau, qui disait en 1919 : « Le mal dont nous souffrons est moins dans l’insuffisance des moyens d’action que dans la carence des caractères. » Ou encore le même qui jugeait ainsi Poincaré en 1924 : « On pouvait espérer quelque chose de lui. Il sait lire et écrire. Il a entendu parler d’une espèce de chose qui s’appelle la France. Tout cela n’a donné que du néant. »

Le président pourra-t-il tenir encore longtemps, calme et droit, dans ce climat de plus en plus délétère ? Il a certes quelques petits atouts. D’abord, même si, dans l’hystérie actuelle, cette assertion nous vaudra un déluge de lettres furibondes, il faut convenir que M. Hollande est pourvu d’une vive intelligence non dénuée de lucidité, ce qui rend son cas encore plus troublant.

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Ensuite, toujours dans le même registre, le président est doté d’une grosse capacité d’encaisse et d’une humeur égale, toujours imprégnée d’optimisme, ce qui le rend assez insubmersible par gros temps. Enfin, malgré son abyssale impopularité, il a la chance d’avoir en face de lui des adversaires de droite ou de gauche qui sont souvent inexistants quand ils ne font pas preuve d’une stupidité sidérale.

Logiquement, en démocratie, quand le pouvoir dérouille, c’est l’opposition qui récolte, selon le bon vieux principe des vases communicants. Eh bien, non, à en croire notre dernier baromètre mensuel réalisé par Ipsos, ce n’est pas le cas. Le rejet de la gauche s’accompagne toujours d’un rejet de la droite. Les chiffres sont même accablants.

Comment l’UMP a-t-elle réussi ce tour de force de rester impopulaire face à un pouvoir en vrille ? M. Copé a une responsabilité historique : après avoir perdu l’élection interne de son parti, il n’a pas hésité à en accaparer la présidence qu’il avait pourtant perdue, certes de peu, mais bel et bien perdue. Du Mobutu pur sucre. N’ayant ni le crédit ni la légitimité pour mener l’opposition, il est en train d’étouffer son mouvement avec une stratégie de Machiavel de tripot.

Alors que l’UMP devrait avoir le vent en poupe, M. Copé l’a transformée en Fort-Apache, une sorte de version à la française du Tea Party, qui, après avoir fait le jeu d’Obama, vient d’essuyer une série d’échecs retentissants aux dernières élections américaines. Il emmène donc la droite dans le mur avec la complicité d’un petit clan d’obligés et de médias enamourés qu’il sait traiter.

Sans parler de MM. Fillon ou Juppé, en réserve de la République, la droite a l’un des meilleurs viviers de nouveaux talents depuis des générations avec les Pécresse, Kosciusko-Morizet, Keller, Baroin, Wauquiez, Le Maire, Bertrand, Estrosi et on en passe. Apparemment, ils sont de trop. Pas question de les laisser se déployer. Allez, ouste, du balai, il ne faut surtout pas qu’ils fassent de l’ombre à… la sulfureuse Mme Tabarot, l’impensable bras droit de M. Copé !

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.