Quand payer sa dette, ne fait plus recette…

Le 13 novembre 2016, par le Capitaine (e.r.) J. M., 

Ancien Officier à Titre Etranger

Le Colonel


Avez-vous remarqué que l’on ne parle presque plus de la dette de la France ? Il y a peu, c’était pourtant la préoccupation principale de tous les experts économistes à qui on tendait un micro, même si la majorité ne doit ce titre d’expert qu’aux journaleux venus les interviewer. C’était aussi le sujet à la mode de nos politiques, connus il est vrai pour leur souci permanent des équilibres budgétaires…Tous, n’hésitaient pas alors à nous sermonner vertement pour notre insatiable dépendance aux aides sociales. Voir à nous faire culpabiliser en nous promettant un avenir pour nos enfants et petits-enfants plus sombre et désespérant, que celui de la petite Cosette, sans l’intervention de ce bon Jean Valjean dans les Misérables. Ainsi nos chers petits, bien qu’affamés et en haillon, auraient alors la lourde charge sur plusieurs générations de combler la dette laissée par leurs déraisonnables et égoïstes ancêtres.


Mais depuis plusieurs mois, allez savoir pourquoi ? Plus rien, « Nada » (1), « Oualou » (2), que dalle ! Les quelques 2 166 milliards d’euros de dette au moment où j’écris ces lignes (3), ne sont plus, semble-t-il un problème. Ni une menace qui pourrait du jour au lendemain faire écrouler notre économie nationale. Pourtant elle augmente toujours et près de 2 665 € supplémentaires seraient ajoutés à cette somme absolument gigantesque chaque seconde. Soit plus de 10 000 €, depuis que vous avez commencé à lire cet article…


Alors, posons-nous la question : soit effectivement cette dette est et sera toujours un problème majeur pour notre pays et pour le reste du monde par extension (économie mondiale oblige) ? Soit ce n’est pas un problème, mais une importante donnée économique et/ou comptable que l’on doit prendre en compte dans notre politique budgétaire ?


C’est là que les « experts », cités plus haut, changent de slips, se passent du déodorant sous les aisselles, se lavent les dents, se donnent un savant coup de peigne et filent sur les plateaux de télévision plus vite qu’un ordre de vente sur les marchés boursiers, pour expliquer aux béotiens crétins que nous sommes ce qu’il en est. Faisant ainsi mentir Audiard car semble-t-il, il n’y a pas que  les marins qui ont « ce besoin de faire des phrases. » (4). Ils nous disent d’abord que « c’est un problème ! », puis, «ce n’est  pas vraiment un problème », pour finir par, « c’est un problème, mais sans être un problème »… Ce qui fait qu’à la fin de leurs interventions, ceux qui ne se sont pas endormis comme des veaux sur leur canapé, ne savent même plus de quoi il est question. Oubliant du même coup toutes éventuelles bonnes résolutions personnelles, qui auraient pu réduire de quelques euros symboliques l’abyssale dette nationale…


Mais comment le citoyen lambda, ce vulgaire « sans-dent » ou l’indécrottable profiteur du « système », pourrait ne serait-ce qu’un instant concevoir ce que peut représenter 2 166 milliards d’euros de dette ? Cela dépasse l’entendement humain, et pas seulement, pour ceux qui chaque fin de mois, à partir du 5 pour certains, se demandent comment ils vont pourvoir le finir…


Entre 2010 et 2015, elle a augmentée en moyenne de plus de 100 milliards d’euros par an. Le budget de 2016 est de 373 milliards d’euros avec un déficit prévu de 73 milliards d’euros…Autant dire qu’à la clôture des comptes annuels, ce déficit dépassera la moyenne des cinq dernières années. C’est devenu au fil des ans, un véritable monstre arithmétique, qui s’autoalimente rien qu’avec les intérêts. Et ce n’est pas en cette période de fin de mandat, source de déprime pour le gnome élyséen et son vassal matamore pathologiquement énervé, que les dispendieuses largesses distribuées pour cause de subite « justice sociale » à un électorat choisi , mettront ce monstre glouton au régime sec. Et c’est encore plus vrai après ces dernières décisions hallucinantes d’investissements ferroviaires…


Alors quoi ? Que pouvons-nous faire, nous, citoyens « sans-dent » ou indécrottables profiteurs, à part continuer à payer nos échéances ? Rien…Absolument rien. Pour la simple raison, que nous ne maîtrisons rien. Nous aurions beau voter pour un homme politique (ou une femme) honnête, compétent, obstiné, qui mettrait toute son énergie à reformer l’économie française, sans porter son regard sur les prochaines élections. Que le temps que ses réformes se fassent et portent leurs fruits. Le monstre aura déjà englouti plusieurs centaines de milliards d’euros. Soit plus que les éventuelles économies réalisées. Et même, si tous les «sans-dents » faisaient des efforts inhumains pour y arriver, la nature humaine étant ce qu’elle est, les indécrottables profiteurs redoubleraient tout autant d’efforts pour bénéficier encore plus des largesses de notre république ribaude. Ce qui n’a jamais eu l’air de troubler outre mesure nos politiques car comme le disait, il y a peu, notre insignifiant président : « C’est l’état qui paye… » (5).


Alors Mesdames et Messieurs les candidats déclarés ou non aux prochaines élections présidentielles, une fois que vous serez élus, ne venez plus nous pomper au propre comme au figuré avec cette histoire de dette en nous promettant, du sang et des larmes pour les générations futures. Ne vous servez plus de ce problème, pour justifier vos mensonges passés, présents et à venir ou plus généralement votre incompétence. Remettez plutôt de l’ordre et une réelle justice dans nos impôts, afin que tout le monde paie un impôt proportionnel à ses revenus, fût-il symbolique. Y compris vos futurs ministres détenant ou pas des comptes à l’étranger. Et vos secrétaires d’état atteints ou pas de phobies administratives. Coupez toutes les subventions quelles qu’elles soient à ces associations, sociétés ou organismes qui vampirisent le budget de l’État à leur seul profit. Supprimer ce qui ne sert à rien au niveau de l’état : le Sénat, les commissions de tous poils, les coiffeurs personnels, etc. Et surtout, investissez dans des grands projets qui donneront un coup de fouet à notre économie et généreront des emplois EN FRANCE !


1) Nada (Espagnol) : Rien
2) Oualou (Marocain) : Rien du tout
3) Source : www.dettepublique.fr
4) Michel AUDIARD, Les tontons flingueurs « C’est curieux chez les marins ce besoin de faire des phrases ! ».
5) F.HOLLANDE intervention sur TF1 le 6/11/2014.

 


Illustration Le Colonel : Ça Ne Coute Rien, C’est L’Etat Qui Paye .
memegen.com

 

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4 réflexions au sujet de “Quand payer sa dette, ne fait plus recette…”

  1. Que pense notre ancien officier à titre étranger de la capitulation de la 13ème DBLE à Millau ce 11 novembre ? Privée de défilé suite à des rumeurs de manifestations hostiles. Quelques paroles d’un chant Légion :
    La rue appartient à celui qui y descend…
    Autour de nous la haine…
    La 13 avec ses Chefs de Corps morts au combat ne méritait pas ça.

  2. Et pour cause, cette dette ne sera jamais remboursée. Depuis la disparition d’une vraie Banque de France l’Etat français ayant vendu son or, au moment où sa côte était au plus bas, en ai réduit à emprunter pour pouvoir payer les intérêts. Combien de Kerviel dans ces magouilles ?

  3. Avec cette dette, c’est le retour a l’âge de pierre qui nous guettent, notre économie se contrainte et se rabougri, l’échéance tant redoutée n’est pas loin, encore quelques minutes mr le bourreau, les taux d’intérêts annoncent leur remontée,et les gouvernants seront tentés de saisir les 1500 Milliards de l’assurance, vie et le bon pouvoir socialiste se sachant fichu creuse la dette ces derniers mois afin de mettre la droite dans l’incapacité de sortir du marasme avec une économie de second rang

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