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Que fait l’armée française au Sahel ?

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MATHIEU RIGOUSTE 

Le 03 OCTOBRE 2017

Orient XXI

 

La tonalité du billet est donnée en lisant cette phrase : 

 

« Si elle coûte à l’État, l’opération profite clairement aux industriels. Elle participe aux bénéfices et aux records à l’exportation du complexe des industriels français de l’armement, lequel réalise 20 milliards d’euros de commandes en 2016 et se place comme troisième exportateur d’armes mondial en 2017. » //MR

 

 

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C’est en janvier 2013 que la France a décidé d’intervenir militairement au Mali. Cinq ans plus tard, l’instabilité s’est accrue dans tout le Sahel, et les groupes radicaux étendent leur influence. Si Paris renforce son pré carré et ses intérêts économiques, les peuples de la région paient le prix d’une guerre sans fin.

Un réseau de bases françaises quadrille actuellement la bande sahélo-saharienne, dans la continuité historique du « pré carré » français. Les interventions militaires occidentales en Irak en 2003 et en Libye en 2011 ont contribué au développement et au renforcement des groupes armés présents dans le Sahel. Constitués sur la misère et la discrimination politique, ethnique et sociale, ces groupes émergent en réaction à la corruption, à l’autoritarisme et à la violence des États sahéliens appuyés et soutenus par la France et les pays occidentaux1.

C’est dans ce contexte que les troupes françaises sont envoyées au Mali en janvier 2013. L’opération Serval déploie 4 000 soldats en 48 heures avec pour objectif affiché de contrer ceux de ces groupes armés qui avaient pris le contrôle de la moitié nord du pays. La démonstration de force vaut label d’efficacité sur la scène internationale et une base est établie à Tessalit.

SANS MANDAT DES NATIONS UNIES

L’opération Barkhane vient alors remplacer Serval. Déclenchée le 1er août 2014 sans mandat des Nations unies et jamais validée par le Parlement, elle reste centrée sur le Mali en reconduisant les dispositifs mis en œuvre précédemment. Mais Barkhane étend aussi officiellement son quadrillage à la Mauritanie, au Niger, au Burkina Faso et au Tchad, en débordant officieusement au sud de la Libye et dans le nord du Nigeria. L’opération est légitimée publiquement par un accord de coopération de défense signé en juillet 2014, ratifié par l’État malien.

Un groupement tactique interarmes (GTIA) déploie 1000 soldats depuis Gao tandis que la base principale du commandement des opérations spéciales (COS) — l’autorité opérationnelle qui rassemble l’ensemble des forces spéciales françaises sous les ordres du chef de l’État — est installée à Ouagadougou, au Burkina Faso. Au Niger, hub militaire international, une base pour les drones et les avions de chasse est implantée à Niamey et une base opérationnelle avancée des forces spéciales l’est à Madama. Au Tchad, le dispositif Épervier (1986-2014) est reconduit, l’état-major et son socle aérien sont déployés à N’Djamena et la base de Faya-Largeau est employée pour surveiller la Libye.

La bande sahélo-saharienne dans son ensemble est ainsi soumise à la surveillance et aux interventions, émaillées de bombardements aériens, de l’armée française d’une part, mais aussi à la répression menée par les armées africaines contre les populations locales d’autre part. Des habitants dénoncent en effet des brutalités, des arrestations arbitraires et des disparitions lors de détentions secrètes de la part des troupes africaines appuyées par les forces françaises. Les soldats maliens sont notamment accusés d’extorsions et de tortures lors d’interrogatoires, rapporte l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) en mai 2017.

Le commandement militaire des États-Unis en charge du continent africain, Africom, créé en 2007-2008 pour y développer leur présence, s’est également impliqué contre le « terrorisme » au Sahel et appuie l’initiative française, en particulier avec des moyens aériens de reconnaissance. Le 23 avril 2017, le général James Mattis, secrétaire à la défense, encourage publiquement la France à poursuivre ses opérations militaires au Sahel. Bien que concurrents en matière d’influence et d’intérêts économiques en Afrique, États-Unis et France se rejoignent pour maintenir un écosystème qui leur est favorable.

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About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.

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