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Recadrage du chef d’état-major par Emmanuel Macron : « Il n’y a pas de discussion possible le plus fort, c’est le président »

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Franceinfo – Radio France
le

Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU et proche d’Emmanuel Macron s’exprime sur le recadrage du CEMA, le Général Pierre de Villiers. Selon lui, le plus fort, c’est le président de la République et il n’y a pas de discussion possible.
Il y aurait, selon moi, beaucoup de remarques à faire sur le sujet. Je me suis exprimé à chaud sur cette glaciale mise au point du chef de l’Etat et j’ai même poussé la rigueur qui est en moi en amendant un texte que j’avais publié « sous le poids des mots ».
J’avais écrit en substance que je ne respectais pas le chef des armées. Ce qui est faux. Je respecte à la fois la fonction de chef de l’Etat et celle de chef des Armées inhérente à la première. Parce que j’ai été formaté ainsi. Mais mon respect, à ce stade, s’arrête bien « à la fonction ».  Ce n’est d’ailleurs pas la première fois qu’un officier de haut rang se fait « remonter les bretelles » par son ministre de tutelle mais généralement cela se passe de manière plus discrète et tout aussi efficace. Dans le cas présent, nous sommes face à une véritable humiliation qui dépasse largement les limites de la France. En novlangue, nous dirons que c’est un dérapage. Controlé ou pas, peu m’importe.
Le mal est fait et ce 13 juillet 2017 restera dans les annales.
Ainsi donc, c’est la queue entre les jambes que la Grande Muette dans son ensemble regagne ses cantonnements. J’ai ressenti une immense peine, à la fois pour le Général Pierre de Villiers mais aussi pour mes frères d’armes en activité. Ad nauseam.
J’en ai pris également plein la gueule. Car je me sens concerné par les propos qui ont été tenus par le chef des armées. Un militaire, fût-il étoilé ou simple soldat doit fermer sa gueule ou démissionner. Comme un ministre.
Néanmoins, je suis intimement convaincu qu’il en restera quelque chose. Comme de profondes séquelles. Et que plus rien ne sera comme avant. Notamment dans le regard que nous, les militaires, porterons désormais sur l’actuel chef des armées. //RO

Salut militaire français par
le général français Pierre de Villiers.
Wikipedia

Après la protestation du général Pierre de Villiers concernant la coupe budgétaire de 850 millions d’euros pour la défense, le général Dominique Trinquand estime sur franceinfo que la démission du chef d’état-major des armées « nécessite réflexion ».

Emmanuel Macron a recadré sévèrement jeudi 13 juillet ceux qui critiquaient la coupe budgétaire de 850 millions d’euros qui avait été annoncée pour la défense. Le président de la République visait directement le chef d’état-major des armées, le général Pierre de Villiers, qui avait protesté ouvertement devant des députés contre ces économies imposées par le gouvernement.

Le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU et proche d’Emmanuel Macron, a estimé vendredi sur franceinfo que la question de l’éventuelle démission du chef d’état-major des armées « nécessite réflexion ».« La seule vraie question qu’il doit se poser aujourd’hui, c’est est-ce que les moyens qui sont alloués me permettent de remplir ma mission ? »

franceinfo : Le ton employé par Emmanuel Macron était celui d’un recadrage, et une marque d’autorité. Est-ce que c’est un langage qu’on aime entendre quand on est militaire ?

Dominique Trinquand : Les militaires ne sont probablement pas habitués à voir un politique tenir ce langage. Le président de la République est un vrai chef et il a tenu à le marquer. En tant que militaire, j’ai eu l’occasion, dans ma carrière, d’avoir ce type de rapport avec des chefs. Pas publiquement, certes, mais là, les déclarations avaient été publiques. Dans un bureau, cela se serait passé avec la même fermeté, mais personne n’en aurait entendu parler.   

Le général De Villiers peut-il rester après un recadrage pareil ? 

Ceci nécessite réflexion. La seule vraie question que doit se poser le chef d’état-major des armées aujourd’hui, c’est est-ce que les moyens qui sont alloués me permettent de remplir ma mission ? C’est la seule question. Derrière, les problèmes d’ego ne doivent pas exister parce ce que c’est un serviteur de l’Etat, comme le chef de l’Etat d’ailleurs. Est-ce que les moyens qui me sont donnés me permettent de remplir ma mission ? Si la réponse est oui, je reste pour assurer ma mission. Si la réponse est non, choisissez quelqu’un d’autre.

 

En savoir plus sur http://www.francetvinfo.fr

 

 

 

About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l’Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST – Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales – INALCO Paris. Ex-DGSE.

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