Armées, Défense, France, Politique, Société

Réponse au général Faugère

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Magistro

 

 

Ce billet m’a paru suffisamment bien construit pour enfoncer le clou dans ce volet désastreux de la communication présidentielle. //RO

 

 

© Logo by Pierre Duriot

 

La semaine dernière, le général Faugère procédait sur le site MAGISTRO à une analyse très fine de la crise dont le Président de la République et l’ancien CEMA furent les protagonistes. Cette analyse dit bien, me semble-t-il, ce que les militaires de tous grades peuvent ressentir après l’humiliation volontairement infligée par le chef de l’État à l’un des meilleurs CEMA que les armées aient connus.
 
Comme clé possible de compréhension de ce comportement apparemment inexplicable, l’auteur évoque un possible cynisme de la part du chef de l’Etat mais sans vraiment explorer cette voie.

Pour ma part, je suis convaincu que seul un cynisme absolu éclaire ce triste épisode : les jours du général de Villiers comme CEMA étaient comptés dès avant l’élection d’Emmanuel Macron.

Pour en comprendre les raisons, il faut évoquer en effet la crise qui s’est produite en 2014, lorsque ce dernier était ministre de l’économie et Pierre de Villiers, CEMA depuis quelques mois. Le directeur de cabinet de Bercy de l’époque est devenu depuis le Secrétaire général de l’Elysée !
Comme à l’accoutumée, Bercy avait imaginé d’effectuer une énième ponction sur le budget de la défense pour boucher le tonneau des Danaïdes des finances publiques. Pour manifester leur opposition devant cette pratique insupportable, le général de Villiers et les trois chefs d’état-major d’armée, soutenus en sous-main par J-Y Le Driand, leur ministre de tutelle de l’époque, avaient menacé de démissionner en bloc, menace qui ne s’était jamais vue jusqu’alors.

Devant pareille bronca, le Président Hollande avait alors arbitré en faveur des armées, désavouant ainsi Bercy et son ministre. Cet épisode ne pouvait qu’avoir impressionné très défavorablement quelqu’un qui, visiblement, nourrit une conception très centralisée, pour ne pas dire autocratique de l’exercice du pouvoir.

Comment un simple « technicien » de la défense pouvait-il avoir l’outrecuidance de prétendre s’opposer à une décision d’ordre politique !
Élu président, Emmanuel Macron ne pouvait donc pas garder comme CEMA un officier de la trempe de Pierre de Villiers, dont il savait d’expérience qu’il s’opposerait de toutes ses forces à l’effeuillage continuel du budget des armées.

Il fallait donc s’en débarrasser, mais sans en prendre l’initiative pour ne pas porter la responsabilité de la rupture. En effet, il lui fallait absolument éviter le reproche de « politiser » la relation PR/CEMA, ce que ses prédécesseurs à l’Elysées s’étaient toujours abstenus de faire, les militaires étant ontologiquement neutres à l’égard du pouvoir, quelle qu’en soit la couleur politique.

L’éviction du CEMA allait donc se faire en trois actes, selon un plan parfaitement machiavélique.

 

Lire la suite sur http://www.magistro.fr

 

 

About the author / 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l’Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST – Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales – INALCO Paris. Ex-DGSE.

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