Rwanda : Des accusations fantasmatiques contre la France

 

Publié le 13 mai 2014 par la rédaction

Causeur.fr

 

Entretien avec le colonel Hogard de l’Opération Turquoise

 

Propos recueillis par Théophane Le Méné et Gil Mihaely

Officier parachutiste de la Légion étrangère, Jacques Hogard a effectué de nombreuses missions en Afrique, notamment à Djibouti, en Somalie, au Yémen ainsi qu’au Rwanda, en 1994, en tant que commandant du groupement de Légion étrangère au sein de l’opération « Turquoise ». Sa dernière mission s’est déroulée au Kosovo en 1999. Il est l’auteur d’un livre-témoignage sur « Turquoise », Les Larmes de l’honneur, 60 jours dans la tourmente du Rwanda, et publiera prochainement L’Europe est morte à Pristina, guerre au Kosovo, printemps-été 1999.

Causeur. Vingt ans après le génocide rwandais, Kigali accuse la France de complicité, accusation que nombre de médias français s’empressent de reprendre à leur compte…

Jacques Hogard. Ces accusations sont totalement fantasmatiques. Alors que, dès 1990, la France est le pays qui a le plus fait pour essayer de rétablir l’équilibre et la paix dans la région, c’est tout simplement scandaleux. D’autant que les accusations viennent principalement de Paul Kagamé, l’actuel président du Rwanda, l’homme qui a planifié l’attentat du 6 avril 1994 contre son prédécesseur Habyarimana. Or, c’est cet événement qui a, de fait, engendré les massacres et légitimé sa conquête du pouvoir par la force.

Mais les commanditaires de l’attentat n’ont jamais été clairement identifiés !

Comme Michael Hourigan, ancien procureur du Tribunal pénal international, comme le juge Bruguière, je suis convaincu que le Front patriotique rwandais de Paul Kagamé a organisé l’attentat. S’il en était autrement, le président Kagamé en aurait apporté la preuve depuis longtemps… Par ailleurs, nombre de ses anciens compagnons l’ont reconnu au prix de leur vie, comme le colonel tutsi Karegeya, assassiné en janvier en Afrique du Sud. Kagamé, homme remarquablement intelligent et cynique, savait qu’il ne pouvait conquérir le pouvoir que par la force car sa minorité ethnique, les Tutsi, représente à peine 20% de la population. L’attentat du 6 avril a créé les conditions pour son coup de force.

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*Photo : NICOLAS JOSE/SIPA. 00249540_000005.

Ancien capitaine des services de renseignements rwandais, Pascal Simbikangwa a été condamné en mars 2014 par la cour d’assise de Paris pour génocide et complicité de crimes contre l’humanité. Selon la cour, il a participé à l’élaboration et à la mise en exécution du génocide des Tutsi en distribuant des armes aux miliciens et donnant des ordres aux hommes postés aux barrières de Kigali. Pascal Simbikangwa a fait appel. ↩

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.