Scandale de la privatisation des barrages : une retenue sur le bon sens

Par Pierre Gilbert

Le 20 mars 2018

Le Vent Se Lève

 

 

« Impossible de trouver une raison rationnelle valable, y compris sur le plan strictement économique… Dès lors, ce sabotage organisé d’une activité stratégique (parmi tant d’autres) questionne sérieusement sur le bon sens du gouvernement. Le manque de transparence sur des changements aussi structurants pour la vie du pays est un déni de démocratie. » //PG

 

© Régis Ollivier

 

Le gouvernement a donc annoncé la privatisation des 150 plus grands barrages hydrauliques de France. Cela fait plus de 10 ans que la Commission européenne fait pression sur Paris pour en finir avec la gestion publique du secteur hydroélectrique, sans succès. Avec Macron, c’est chose faite. Cette décision est pourtant lourde de conséquences, tant pour la bonne gestion du réseau électrique national et la facture du consommateur que pour la sécurité du territoire.

Le 12 mars, des salariés d’EDF hydroélectricité manifestaient devant le parlement européen à l’appel de l’intersyndicale CGT-CFDT-CGC-FO. Ils exigent l’abandon de l’ouverture à la concurrence de la gestion des barrages, annoncée officiellement ce 13 mars par Nicolas Hulot dans une lettre à la Commission européenne.

Jusqu’à présent, 100% des 2 300 barrages métropolitains étaient propriété publique. EDF gère directement les 433 plus grands, parfois avec Engie ou des structures régionales comme la Compagnie Nationale du Rhône ou encore la Société Hydro-Electrique du Midi. Les 150 plus grands barrages (plus de 20 mètres de haut) vont être privatisés. C’est l’équivalent d’une puissance électrique de 4.3 GW, soit trois centrales nucléaires. L’ensemble des barrages (20 GW) devraient être privatisés d’ici 2050.  Les appels d’offres vont commencer à la fin de l’année 2018 et des firmes de 6 pays se sont déjà montrées intéressées.

Cela fait maintenant dix ans que la Commission européenne exige de la France qu’elle ouvre son secteur hydroélectrique selon les règles d’« une concurrence pure et parfaite ». Bruxelles en veut à EDF (géré à 83.5% par l’État) pour sa position trop «dominante» sur le marché global de l’électricité. Comme il était impossible d’exiger la privatisation des centrales nucléaires françaises (ces dernières relèvent des «activités d’importance vitale»), c’est l’hydraulique, deuxième source de production électrique du pays, qui a été ciblée par Margrethe Vestager (commissaire européenne à la concurrence). Or, au vu de la structure du réseau français, les ouvrages hydrauliques relèvent tout autant d’une « importance vitale »…

Lire la suite sur http://lvsl.fr

 

 

Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris.

6 thoughts to “Scandale de la privatisation des barrages : une retenue sur le bon sens”

  1. Macron ne pense que destruction de la structure même de la France , ceci afin de déstabiliser le pays pour mieux le livrer aux musulmans ! ce président n’aime ni la France , ni les Français , juste un acteur qui veut nous faire croire le contraire de ce qu’il est !

  2. Toute la raison en est la disparition de notre souveraineté sur la production d’énergie électrique française, laquelle est déjà résolue à 90% par la cession d’Alstom, (Société ex française qui fabriquait 100 % de nos turbines hydro-électriques, centrales atomiques et porte-avion Ch.De Gaulle compris) à Général Electric, nous plaçant sous la coupe de toutes les exigences américaines, en ce les sociétés européennes qui mettraient la main sur nos barrages. Merci Macron, grand exécuteur du NOM !!

  3. He bien, moA, d’esprit capitaliste, me voila du coté des CGT-CFDT-CGC-FO et autres!
    Mais je suis aussi réaliste: Ce service public ne marche pas si mal que ça et donc, si ça marche, faut pas le réparer.
    Par contre, on pourrait simplement modifier ici et la son « règlement » vis à vis de l’Etat, etc…
    Voila donc le bon moment pour dire M… à cette Europe et sa Commission de non-élus.
    J’ajoute que je ne fais pas confiance au jeune locataire de l’Élysée… La vente d’Alsthom est un exemple de son incompétence tout comme ses époustouflantes idées de service militaire, etc… Et ne parlons pas des ponctions sur les retraites !
    N’est pas Napoléon qui veut !

  4. Le statut public ou privé des entreprises n’intervient pas dans la désignation des opérateurs d’importance vitales (OIV) . Il est strictement lié à leur activité et les oblige à garantir des capacités de continuité d’activité dans tous les cas (http://www.sgdsn.gouv.fr/uploads/2016/10/plaquette-saiv.pdf- ) C’est le cas des centrales nucléaires comme des barrages.
    Mais à propos du nucléaire le contrat n’est plus rempli depuis que Alstom est passé sous contrôle des américains, la maintenance des turbines dépend de ceux ci et n’est donc pas garantie,

  5. Hé hé. MDR comme disent mes gosses. La raison pour laquelle la privatisation ne concerne que les barrages, et pas les centrales, ne procède pas de l’importance vitale de celles-ci, mais plutôt de leur vétusté et des coûts prévisibles de leur nécessaire prochain démantèlement. Personne ne veut investir dans un truc qui coûtera des milliards dans les années à venir. Par contre, les barrages, c’est comme les autoroutes, c’est du cash qui tombe, et un minimum de frais pour l’entretien. Ces sont les « amis » de M qui vont être contents. Quand vous écrivez que c’est une retenue sur le bon sens, c’est que vous ne vous êtes toujours pas fait à l’idée que vous vous êtes fait escroquer. La fidélité de M ne s’applique évidemment pas aux rares personnes qui ont accepté de se déplacer pour l’élire, encore qu’une bonne partie de ces personnes s’est surtout mobilisée, avec la bonne conscience et la détermination des bénis oui-oui, pour voter contre le diable, mais envers ceux qui lui ont payé sa place. Et ils ne vont pas être déçus. Prochaine étape, la Française des jeux. Puis, il restera encore qq monuments nationaux qui feront de très beaux hôtels, il suffira juste d’organiser leur ruine pour justifier leur vente. Les retraites, c’est en cours. Il deviendra bientôt obligatoire de prendre une retraite complémentaire dont la part ne devrait que croître, sous peine de vivre une vieillesse de misère. C’est un projet sur deux générations. La sécurité sociale, c’est bien engagé; sans mutuelle, point de salut. La rapacité de ces gens là n’a pas de limite et elle peut s’exprimer totalement librement maintenant que leur serviteur est au pouvoir. Mais on a les dirigeants qu’on mérite, pas vrai, et je ne vais certainement pas plaindre mes concitoyens français (en un mot), ils n’avaient qu’à s’informer intelligemment avant de voter. Ils n’ont que ce qu’ils méritent. J’oubliais : les médias publiques peuvent encore apporter une alternative au message dominant; je ne serai pas surpris qu’il y ait une reprise en main ou une vente prochaine…

Les commentaires sont clos.