Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Center Parc : zoom sur la « terreur verte »

PAR YVES CALVI ,  PUBLIÉ LE 08/12/2014

LA RÉDACTION NUMÉRIQUE DE RTL

 

Avec la nouvelle affaire de « terreur verte » visant l’implantation d’un Center Parc à Roybon, j’avais décidé de commettre un billet sur ce « terrorisme écologique » désormais utilisé comme méthode de contestation. Eric Denécé vient de le faire en intervenant sur le sujet sur RTL. C’est dit et bien dit. Je n’ai donc rien à ajouter. C’est parfait. //RO

 

Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Center Parc : zoom sur la "terreur verte" Crédit : Yves Calvi
Sivens, Notre-Dame-des-Landes, Center Parc : zoom sur la « terreur verte »
Crédit : Yves Calvi

 

REPLAY – Éric Dénécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, décrypte le phénomène des zadistes, nouvelle méthode de contestation du « terrorisme écologiste ».

La contestation qui s’étend en France, de Notre-Dame-des-Landes à Roybon en passant par Sivens, révèle plus le discrédit du politique qu’une généralisation de la conscience écologiste dans un pays en crise et en recherche désespérée d’investissements.

« Ces militants composent une espèce de cocktail multi-composantes », décrypte Éric Dénécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement. « À l’origine, on va retrouver des gens qui sont un petit peu contre l’évolution de la société occidentale et ses travers, avec des réflexions parfois très pertinentes », ajoute-t-il.

Radicalisation

« Très rapidement, viennent s’agréger à ces penseurs (…) des structures de plus en plus conspirationnistes, violentes ou usant largement de substances qui ne les amènent pas à réfléchir notamment. On entre alors dans un phénomène de radicalisation extrêmement préoccupant, extrêmement violent et en tous points comparables au phénomène de radicalisation qu’on trouve dans l’islam », explique-t-il.

Certains emploient l’expression « terrorisme vert » pour qualifier leurs excès. Xavier Beulin, le président de la FNSEA, a même parlé de « djihadisme vert ». Cela ne choque pas Éric Dénécé, qui tempère toutefois.

« Ce n’est pas encore le cas en France. À Sivens, nous avons vu des gens ultra-violents, mais il n’y a pas eu d’actes terroristes, comme c’est le cas aux États-Unis ou en Grande-Bretagne. Là-bas, des groupes au nom de l’écologie radicale, de la défense des droits des animaux et de l’anti-avortement », indique-t-il.

« Dans ces pays anglo-saxons, ils sont d’ores et déjà sur la liste des organisations terroristes, au même titre qu’Al-Qaïda. Nous n’en sommes pas encore exactement à ce stade-là chez nous ».

Depuis le milieu des années 2000, on voit les germes d’un radicalisme anglo-saxon en France
Éric Dénécé, directeur du CF2R

Éric Dénécé rappelle que, dans les années 70, les écologistes radicaux avaient essayé de voler une bombe nucléaire et de la faire sauter dans une faille tectonique pour obliger les Etats-Unis à revenir à l’abandon du nucléaire et à revenir à des conditions de vie beaucoup plus proches de ce qu’ils espéraient.

« Depuis le milieu des années 2000, on voit les germes de ce radicalisme en France », s’inquiète-t-il. « On observe beaucoup d’éléments d’origine anglo-saxonne à Notre-Dame-des-Landes comme à Sivens. C’est aussi une nébuleuse internationale : on a vu des milices d’extrême-droite, qui sont à l’origine de la révolution Maïdan en Ukraine, venir s’entraîner à Notre-Dame-des-Landes ».

Pour les éléments les plus violents, on estime à quelques centaines d’individus, qui sont systématiquement renforcés par des éléments venant de l’étranger dès qu’il y a un grand sommet, une grande manifestation.

Pas un besoin énorme d’argent

 

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Régis Ollivier

Officier supérieur (er). Officier de l'Ordre National du Mérite. Diplômé EMSST - Ecole Militaire Paris. Diplômé Langues Orientales - INALCO Paris. Ex-DGSE.