Syrie – France: Le militaire et l’économique au secours d’une diplomatie en surchauffe

October 18, 2015, Middle East Strategic Perspectives

 

Une excellente analyse que je vous recommande. //RO

 

Sur la crise syrienne, la diplomatie française a montré ses limites dès le début. Toutefois, ces faiblesses françaises étaient relativisées par le choix stratégique, largement assumé par Paris, d’appuyer un axe arabo-sunnite clairement identifié. Cet ancrage français dans le camp arabo-sunnite anti-Assad permet à la France de rester dans une situation dominante, en l’absence de rivaux internationaux aussi engagés. Il permet à ses industriels d’engranger des contrats, à fort potentiel politique, et dont certains semblaient improbables.

Cette gesticulation diplomatique française en Syrie, qui dure depuis quatre ans, et cet engagement politique et militaire en soutien aux intérêts des alliés arabes, réussissaient à la France. Mais ça c’était avant…

En effet, ce succès français a été rendu possible par une série de facteurs de divers ordres:

(i) La mollesse de l’engagement américain aux côtés des alliés arabes: Saoudiens et arabes du Golfe, et avec eux l’Egypte, comprenaient mal la distance prise par l’administration Obama à leur égard et appréhendaient l’impact de ce changement sur leurs relations avec Washington et sur leurs intérêts.

(ii) La politique floue et inconsistante de Washington à l’égard de la Syrie: le temps donne raison finalement à ceux qui soupçonnaient Obama de se désintéresser tellement du dossier syrien jusqu’au point de tolérer la survie indéfiniment du régime.

(iii) Le rapprochement, franc et brutal, entre Washington et Téhéran: ce rapprochement, qui permet à l’Iran de revenir sur la scène internationale et de légitimer peut-être aussi son expansionnisme régional, est vécu comme une totale défaite par Riyad et les alliés arabes (et israéliens) de Washington.

Sur ces dossiers, cruciaux pour le camp saoudo-sunnite,

(iv) la France était intraitable et affichait, verbalement le plus souvent et par l’action diplomatique et militaire parfois, une adhésion totale aux vues de ses alliés régionaux.

Cela est surtout visible avec

(v) le rapprochement stratégique et militaire entre Paris et ses alliés arabes,

(vi) le jeu serré et déterminé joué par Paris lors des négociations sur le dossier nucléaire iranien, et

(vii) l’appui, non négociable, apporté par Paris au camp anti-Assad qui exige le départ du Président syrien et son exclusion lors de la recomposition du pouvoir politique en Syrie.

Mais ça aussi, c’était avant. Car, en effet, aujourd’hui, le schéma est différent:

 

Lire la suite sur http://www.mesp.me

Illustration Le Colonel 2.0 :France diplomatie
lesobservateurs.ch

 

1 réflexion au sujet de « Syrie – France: Le militaire et l’économique au secours d’une diplomatie en surchauffe »

  1. Le discours de Mesp semble ramener le positionnement américain dans la politique de la France comme quasiment nul, voire totalement inconsistant intellectuellement, et faire de la France le Dominus litis souverain de sa politique étrangère, y cmpris à l’égard de la Russie. Ces gens du Mesp ne sont que de beaux parleurs qui lavent Hollande plus blanc que blanc.

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