Attentat de Bayonne : empêcher la guerre civile

Natache Polony – Le 30 octobre 2019 – Marianne

« L’outrance des réactions, sur les réseaux sociaux, traduit d’ailleurs cet inquiétant climat de guerre civile que chacun ressent confusément. » //NP

Ça a fini par arriver. Et les réactions à l’attentat de la mosquée de Bayonne nous montrent l’état catastrophique d’une France vivant depuis des années dans des tensions et des drames sans que ses gouvernants soient le moins du monde capables de contenir les forces centrifuges qui travaillent à son délitement.

Marianne se bat depuis ses débuts pour qu’il soit possible de nommer les faits sans être aussitôt accusé de « faire le jeu » de qui que ce soit. Aussi faut-il l’écrire avec clarté : ce qu’il s’est passé à Bayonne est un attentat motivé par une haine envers les musulmans. Pour la première fois sur notre sol, des musulmans sont blessés par balle parce que musulmans.

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L’affaire du couteau fantôme en céramique : le mensonge de trop

8 OCTOBRE 2019 by MICHEL VIOT

Qui donc a vu le couteau fantôme en céramique de l’attentat de la Direction du Renseignement de la Préfecture de Police de Paris ? Apparemment, c’est une « source proche du dossier » qui l’avait signalé au moment où les officiels, avec une promptitude remarquable, arrivaient sur les lieux, préoccupés, on le comprend volontiers, de rassurer l’opinion. Hélas pour eux, plus ils ont tenté de la rassurer, plus les détails de cette tragique affaire ont-ils été divulgués, et plus s’est révélée la véritable affaire au-dessus de l’affaire, pire sans doute que l’attentat en lui-même : c’est l’incurie, l’incompétence, l’irresponsabilité, la schizophrénie idéologique, et de là, cerise sur le gâteau, l’insolence de ceux qui prétendent nous gouverner.

Les informations sont arrivées ainsi : d’abord trois blessés, dont un très grièvement. Puis on annonça trois morts, puis quatre. Mode opératoire : une arme blanche, un « couteau en céramique avec une lame de 33 centimètres »[1] précisait-on alors pour expliquer le passage de « l’assaillant » sous les portiques de sécurité, sans détection. Mais alors sont naturellement apparues des questions gênantes : pourquoi justifier un passage sous les portiques d’une personne qui, en principe, en était dispensée du fait de son habilitation secret-défense ! Et comment peut-on massacrer quatre personnes et en blesser une cinquième avec ce genre de couteau, à la lame si fragile ?

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Préfecture de Paris : ce qui se joue vraiment quand les réseaux sociaux s’enflamment

Avec Nicolas Moreau – Le 05 octobre 2019 – Atlantico

S’ils ont pu l’être au départ, les réseaux sociaux ne sont plus représentatifs de la société française. Les plus radicaux s’y expriment, souvent violemment, et font fuir ou taire les plus modérés. Il n’y a donc plus grand monde à convaincre sur ces réseaux, les clivages politiques y sont très marqués, et ils ne changeront plus ou presque. //NM

Jeudi, un fonctionnaire administratif de la préfecture de police de Paris a tué quatre de ses collègues puis a été abattu. Les motifs de son acte ne sont pas encore connus : conversion à l’islam, craquage psychologique à cause de son travail, tensions dues à son handicap… Toute la panoplie des causes est évoquée sur les réseaux sociaux.

Atlantico : Les réseaux sociaux s’enflamment autour d’informations parcellaires et non vérifiables. Est-ce cette absence de faits qui cause cet effet de résonance ?

Nicolas Moreau : Il est impossible de répondre à cette question, car il est impossible de chiffrer ceux que l’absence d’informations pousse à la prudence et au silence, et ceux dont l’absence d’informations stimule au contraire l’imagination et l’expression.

Si on s’intéresse à ceux qui s’expriment, les réseaux sociaux s’enflamment autour d’informations douteuses et parcellaires, tout comme ils le font autour d’informations vérifiées et détaillées : avec des biais cognitifs très importants, et notamment de forts biais de confirmation (qui poussent les individus à privilégier les informations confirmant leurs croyances préétablies, plutôt que celles poussant à les remettre en cause).

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