Au Mali, une guerre contre le terrorisme ou face à une insurrection?

« La ministre des Armées, Florence Parly, est en visite au Sahel en pleine polémique sur les conséquences d’une frappe française début janvier ».

Florence Parly est arrivée, ce jeudi 1er avril, au Mali pour une visite de deux jours, accompagnée de ses homologues tchèque, Lubomir Metnar, et estonien, Kalle Laanet. Ils rencontreront les autorités «​de transition » à Bamako et celles de la force Barkhane. Ils annonceront également la pleine capacité opérationnelle de la Task Force européenne Takuba, qui doit « accompagner » l’armée malienne.

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La guerre du Sahel est perdue

Je n’ai pas tous les éléments en mains et donc je ne sais pas si la guerre du Sahel est perdue. Mais j’ai tendance à le croire. Lorsque j’aurai toutes les données de terrain, il faudra décider vite si on reste ou si l’on part. Je le ferai sans états d’âme. //RO

Osons le dire ; la guerre du Sahel est perdue. Plus tôt on le reconnaîtra, mieux cela vaudra pour tout le monde.

Cette guerre est perdue, de l’aveu même du général François Lecointre, chef d’état-major des armées françaises. En décembre 2020, n’a-t-il pas déclaré « On a fait le tour du cadran (sic). Dès que je pourrai limiter le niveau d’engagement de mes armées, je le ferai ». Quand on s’attend à gagner une guerre, on ne dit pas qu’on a fait « le tour du cadran » – étrange expression, soit dit en passant – on n’envisage pas de limiter, voire de réduire le nombre de soldats engagés. Les lois de la guerre, que notre général en chef ne peut pas ne pas connaître, imposent de porter l’effort au maximum jusqu’à la victoire. Tant qu’elle n’est pas acquise, toute parole évoquant une limitation de l’effort ne peut être interprétée par l’ennemi que comme un aveu de faiblesse ; il ne lui reste plus, alors, qu’attendre que le fruit tombe de l’arbre pour le recueillir.

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Pourquoi la France ne doit pas se retirer du Mali

Par Le groupe de réflexions Mars (*)  |  15/02/2021

La France a perdu à ce jour plus de 50 soldats au Mali depuis huit ans (13 janvier 2013, déclenchement de l’opération Serval). Les buts de guerre initiaux ont été atteints au bout de trois mois d’intervention : reconquête territoriale, neutralisation de l’adversaire, re-légitimation du pouvoir malien. Faute d’avoir défini de nouveaux buts de guerre à l’été 2013, il aurait fallu, sinon se retirer sur cette victoire, du moins réduire considérablement l’empreinte française au Sahel.

Au contraire, une nouvelle opération a été lancée en août 2014 (Barkhane) sur un théâtre élargi à 5 pays sahéliens tout en réduisant les moyens. Résultat : en six ans, l’adversaire (GAT, « groupes armés terroristes ») a considérablement renforcé son emprise en contrôlant de facto de vastes territoires de la région du Liptako-Gourma à cheval sur les « 3 frontières » du Mali, du Niger et du Burkina Faso ; les armées locales sont démoralisées et l’effondrement des institutions maliennes est tel qu’un coup d’état militaire a été considéré comme un moindre mal. Malgré tout, le renforcement de Barkhane en 2020 a permis d’obtenir des succès tactiques affaiblissant les groupes affiliés respectivement à l’EI et AQ.

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