Pourquoi la France ne doit pas se retirer du Mali

Par Le groupe de réflexions Mars (*)  |  15/02/2021

La France a perdu à ce jour plus de 50 soldats au Mali depuis huit ans (13 janvier 2013, déclenchement de l’opération Serval). Les buts de guerre initiaux ont été atteints au bout de trois mois d’intervention : reconquête territoriale, neutralisation de l’adversaire, re-légitimation du pouvoir malien. Faute d’avoir défini de nouveaux buts de guerre à l’été 2013, il aurait fallu, sinon se retirer sur cette victoire, du moins réduire considérablement l’empreinte française au Sahel.

Au contraire, une nouvelle opération a été lancée en août 2014 (Barkhane) sur un théâtre élargi à 5 pays sahéliens tout en réduisant les moyens. Résultat : en six ans, l’adversaire (GAT, « groupes armés terroristes ») a considérablement renforcé son emprise en contrôlant de facto de vastes territoires de la région du Liptako-Gourma à cheval sur les « 3 frontières » du Mali, du Niger et du Burkina Faso ; les armées locales sont démoralisées et l’effondrement des institutions maliennes est tel qu’un coup d’état militaire a été considéré comme un moindre mal. Malgré tout, le renforcement de Barkhane en 2020 a permis d’obtenir des succès tactiques affaiblissant les groupes affiliés respectivement à l’EI et AQ.

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Barkhane : stop ou encore ? Ce qu’en pensent les militaires de l’opération

À l’occasion du G5 Sahel, les 15 et 16 février, Emmanuel Macron devrait annoncer un réajustement des forces françaises dans la région. Le nombre de militaires engagés dans l’opération Barkhane devrait passer de 5 100 à 4 500, sans qu’un départ complet ne soit envisagé par l’Elysée. De plus en plus de voix critiquent la durée de l’opération engagée en août 2014, qui a coûté la vie à plus de 50 Français et représente 1 milliard d’euros de dépenses par an. Selon un sondage du mois de janvier, 51 % des Français se disent désormais opposés au maintien des soldats français au Sahel.

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Au Sahel, la France en difficulté aussi sur la « guerre informationnelle »

Certains parlent de « l’arrogance française »…

 Il y a l’action et la communication, le bien faire et le bien dire. Au Sahel, où la France est engagée militairement depuis 2013, se joue aussi une bataille informationnelle dont l’issue lui est actuellement plutôt défavorable.

Entre une opinion sahélienne sensible aux discours anti-coloniaux, la communication active des jihadistes et la désinformation orchestrée par des grandes puissances – Moscou en tête-, le combat est vif sur les réseaux sociaux.

« Lutter contre le terrorisme », reconnaît la ministre des Armées Florence Parly, « implique (…) de se protéger des guerres d’influence et de désinformation auprès des populations, qui jouent avec les perceptions ».

Les observateurs consultés par l’AFP confirment ce champ majeur de conflictualité.

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